Les Nuits de Reykjavik, Arnaldur Indridason 2


©Métailier.

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J’étais curieuse de découvrir ce prequel : l’histoire des Nuits de Reykjavik se déroule bien avant La Cité des Jarres, premier polar d’Indridason mettant en scène son commissaire Erlendur. Ce dernier est un « bleu » dans cet antépisode (comme disent les cousins canadiens).

Dans la vingtaine, déjà, Erlendur a tout du garçon solitaire. Entré dans la police depuis peu, il est – logiquement – affecté à des rondes avec deux collègues masculins (en Islande, les femmes ne sont pas encore admises à ces postes). Cambriolages, rixes dans les bars, circulation… ses missions ne sont guère palpitantes, mais il s’y attèle avec tout le professionnalisme qu’on lui connaît, ne comptant pas ses heures. De temps à autre, il voit cette fille, Halldora, qui lui arrache tant bien que mal des rendez-vous depuis près de deux ans sans qu’il ne s’engage davantage dans cette relation.

Dans cette aventure, il est question de jeunes femmes disparues, à différentes époques, mais aussi d’un sans-abri retrouvé par deux gamins dans la tourbière l’année précédente. Affaire classée sans suite. Mais Erlendur le connaissait vaguement, cet Hannibal, et son décès inexpliqué le hante. Lorsqu’une des jeunes femmes est retrouvée, le jeune policier se met à fouiner plus que son poste ne le lui permet officiellement, quitte à jouer de son profil de débutant (« je suis jeune, je n’y connais rien, je ne fais que poser des questions parce que c’est ce que je suis supposé faire » (tu parles !)). Vous et moi le savons : quand il a une idée en tête, impossible d’arrêter le futur commissaire Erlendur !

Un des points forts de cet opus : on se balade au gré des pérégrinations d’Erlendur dans le Reykjavik des années 1960 (roman garanti smartphone free !). Ce flic n’est pas du genre survolté, l’enquête progresse à un rythme de croisière – « lentement mais sûrement » pourrait être sa devise. On a donc tout le loisir de découvrir les lieux, les protagonistes. Indridason creuse ses personnages, même lorsqu’ils n’ont qu’un petit rôle à jouer, et cette profondeur les rend plus que crédibles : vivants (sauf lorsqu’ils sont déjà à l’état de cadavre !). SDF, policiers ou citoyens des quartiers chic, ils sont tous logés à la même enseigne, chacun a son importance. C’est d’ailleurs ainsi qu’Erlendur voit les choses.

Un saut dans la jeunesse d’Erlendur fort agréable, où l’on constate que la vérité est, déjà, la seule chose qui compte à ses yeux (la hiérarchie ? quelle hiérarchie ?!), bien plus que sa carrière ou que sa vie privée.

 

Les Nuits de Reykjavik, Arnaldur Indridason, éd. Métailié, fév. 2015, 261 p.


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2 commentaires sur “Les Nuits de Reykjavik, Arnaldur Indridason

  • La chèvre grise

    L’idée d’un Erlendur jeune intrigue forcément et redonne un peu de souffle à cette série. C’est bien. Je le lirai forcément quand j’aurai rattraper mon retard. Le dernier lu étant « la rivière noire », j’ai quelques tomes à lire avant (et ils sont déjà dans ma PAL).

  • Tamara Auteur du billet

    La chèvre grise : l’avantage de celui-ci, c’est que tu peux le lire quand tu veux, il n’y a pas de spoilers sur ce qui se passe dans ceux que tu n’as pas lus ! 🙂