Mr Mercedes, Stephen King 7


©Albin Michel.

©Albin Michel.

Toujours ce petit moment d’interrogation avant d’ouvrir un bouquin du King : sera-t-il à la hauteur de mes attentes ? Mr Mercedes s’inscrit bien dans la lignée de Joyland, son précédent roman, qui mettait en scène une disparition. Ici encore, l’auteur s’éloigne du genre purement horrifique et flirte avec le roman policier. Preuve en est : le personnage principal s’appelle Hodges, et c’est un Off.-Ret., soit un officer retired (un flic à la retraite).

Cela fait plus de six mois que Hodges a quitté ses fonctions, laissant à son grand regret quelques dossiers non élucidés. Parmi eux, l’affaire du Tueur à la Mercedes. Alors qu’il regarde, les yeux dans le vide, une énième émission abrutissante à la télévision, il reçoit une lettre du prétendu tueur. Celui qui a massacré, l’année passée, huit personnes et blessé une quinzaine d’autres à l’aide d’une énorme Mercedes volée (on pense immédiatement à Christine, Roadmaster… mais aussi à l’accident qui a failli coûter la vie à Stephen King en 1999 – un chauffard l’a renversé alors qu’il marchait en bord de route).

Et ce type le provoque, le traite de gros flic minable qui mérite tout juste la balle qu’il va se tirer avec son vieux flingue, au milieu de son salon de sexagénaire divorcé .

Pas de bol pour le Tueur à la Mercedes : loin de confiner le flic dans la dépression, sa lettre réveille ses instincts de flic. Hodges part à la chasse, aidé en cela par le jeune Jerome, le sympathique lycéen qui vient tondre sa pelouse, et qui maîtrise bien mieux les nouvelles technologies que lui (pas difficile, il est vrai). C’est le début d’un haletant duel (à coup de provocations via un forum anonyme) entre le psychopathe élevé par une mère alcoolique, avec laquelle il vit encore, et le policier en mal d’enquête. 

Dès le début, le lecteur suit les deux protagonistes : l’enquête se transforme rapidement en une course contre la montre, la tension monte au fil des chapitres.

Il n’y a pas à tergiverser : même s’il change de registre, Stephen King reste un excellent conteur. Son sens du rythme, son humour, ses personnages rendus extrêmement attachants malgré (grâce à ?) leurs défauts, l’exploitation de nos peurs les plus ancrées (des massacres dus à des tueurs fous, hélas, ça n’est pas que de la fiction), et une fin de roman en apothéose… tout y est. On peut même ajouter un brin de romantisme, puisque l’on a droit à une rencontre amoureuse au milieu des horreurs (romance un brin tirée par les cheveux, vu l’état du flic, d’après Cuné, ce en quoi je la rejoins !). 

Je n’ai pas boudé mon plaisir en avalant ce bouquin dès sa sortie, cliquant d’un rythme effréné au volant de ma liseuse. La bonne nouvelle, c’est qu’il s’agit du premier volume d’une trilogie consacrée à Hodges. Je compte bien prendre la prochaine sortie le 2 juin 2015 avec Finders Keepers !

Mr Mercedes, éd. Albin Michel, janv. 2015, 550 p. (lu en version électronique)


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7 commentaires sur “Mr Mercedes, Stephen King

  • Missiquoi

    Pour ceux qui trouvent que l’auteur de Christine n’est pas assez prolifique Seuls les vautours de Nicolas Zeimet est un roman dans la veine de Stephen King.

  • Tamara Auteur du billet

    Missiquoi : aïe, aïe, aïe, je sens qu’il va rejoindre ma liste, celui-ci aussi. 😀

  • Missiquoi

    Ce qu’il nous faudrait pour nous épargner les listes c’est un livre sans fin 🙂

  • Tamara Auteur du billet

    Oui, mais alors un livre qui enchaînerait – en variant style et genre – des histoires, parce qu’on se lasserait de voir toujours les mêmes têtes dans nos pages !

  • xl

     » l’accident qui a failli coûter la vie à Stephen King en 1999 – un chauffard l’a renversé alors qu’il marchait en bord de route  »
    alors tu peux ajouter à la liste Duma Key dont le protagoniste est rescapé d’un terrible accident

  • Tamara Auteur du billet

    @xl : absolument, Duma Key traite aussi du même sujet. Je l’avais lu mais pas chroniqué… Si l’histoire était plutôt pas mal, elle ne m’avait pas assez effrayée, la fin m’avait un peu déçue.