À trois on y va, Jérôme Bonnell 1


©Wild Bunch Distribution.

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On est en plein juillet, à Lille. Micha et Charlotte forment un jeune couple de tourtereaux : ils viennent d’acquérir ensemble un petit nid d’amour. Lui travaille dans un laboratoire de biologie, elle n’a pas de boulot, et n’en cherche pas vraiment. Elle chante parfois le soir dans des bars, et passe ses journées à retaper leur maison. Personnage énigmatique et insaisissable, Charlotte cache en fait un secret : elle trompe Micha depuis cinq mois avec Mélodie, une avocate pénaliste de 26 ans.

Prise dans des comparutions immédiates, bossant pour un avocat véreux qui la paye au lance-pierre, Mélodie se raccroche à Charlotte comme si elle était sa bouée de sauvetage. Elle s’entend bien aussi avec Micha, qu’elle trouve attendrissant. Un soir, presque par accident, ils s’embrassent. C’est le début d’une double liaison cachée pour Mélodie : sans qu’ils le sachent, elle est à la fois l’amante de Charlotte et de Micha.

Le film capte ces trois personnages dans leur passage au monde des adultes, à un moment charnière de leur vie. Liberté d’aimer, souffrance d’aimer, bonheur d’aimer… L’amour est au cœur de cette comédie aux notes mélancoliques, qui contient quelques scènes de pur vaudeville très réussies (ah, le retour de la brocante !). Ces jeunes gens s’aiment et ne se préoccupent pas du reste du monde (qu’on voit peu, d’ailleurs). Il y a quelques petits moments délicieux (des remarques sur les chaussettes trouées ou sur le savon qu’il ne faut pas jeter), petits riens du quotidien qui font sourire.

Côté réalisation, j’ai apprécié les jolies lumières et les plans rapprochés soulignant les regards, s’attardant sur la douceur d’une peau, des doigts qui se nouent. Félix Moati (Micha), Sophie Verbeeck (Charlotte) et, surtout, Anaïs Demoustier (une Mélodie au charme et à l’énergie incroyables) sont touchants dans leurs rôles respectifs, leur amour parfaitement crédible.

La musique qui accompagne le film est très éclectique : classique (Schubert, Chopin), jazz, rock… J’ai bien aimé, même si pour moi, la chanson parfaite pour le générique de ce film aurait été Le temps est bon de Degiheugi. 

Quant à la morale de l’histoire… ne comptez pas dessus ! Tout ce que je peux dire, c’est que la fin n’est pas aussi plate qu’on pourrait le craindre (Jérôme Bonnell a tenté une autre version qui avait justement ce défaut, il est donc revenu à sa première idée).

Une mise en garde : je ne crois pas que le film soit interdit aux -12 ans, mais certaines scènes peuvent choquer les jeunes ados (l’amour n’étant pas platonique dans ce triangle amoureux !). Les autres peuvent compter jusqu’à trois et y aller ! :mrgreen:

À trois on y va, un film de Jérôme Bonnell, avec Anaïs Demoustier, Sophie Verbeeck, Félix Moati. Sortie : le 25 mars 2015. Durée : 1h26. 


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Commentaire sur “À trois on y va, Jérôme Bonnell

  • Matthieu

    Bonjour,
    j’ai beaucoup aimé le film mais je n’arrive pas à retrouver quelle est la chanson de Jazz que Sophie Verbeeck chante dans un bar vers la fin du film. Est-ce que vous pouvez m’aider ?
    Merci d’avance.