The Voices, Marjane Satrapi


Vision d'horreur pour Marjane Satrapi lors de la projection presse du 5 mars. (Oui, je suis M. Moustache, moi aussi !)

Vision d’horreur pour Marjane Satrapi lors de la projection presse du 5 mars. (Oui, je suis M. Moustache, moi aussi !)

« Film transgenre », d’après sa réalisatrice Marjane Satrapi, entre comédie et film d’horreur, The Voices a le mérite de l’originalité. Il raconte l’histoire de Jerry, un employé d’usine d’emballages bien sous tous rapports en apparence, qui finit par trucider une collègue, sous l’influence de M. Moustache, son chat aux répliques tranchantes.

Si Ryan Reynolds était peu attendu dans ce rôle d’aliéné, il s’en sort haut la main. Beau gosse attendrissant, parfois un peu simplet (il a une mentalité de gamin de douze ans, on comprend pourquoi vers la fin du film), il perd peu à peu la raison en suivant les « voix » qu’il entend dans la gueule de son gros bien Bosco et – bien plus dangeureuse – de son rouquin de félin à l’accent irlandais. 

Alors, gentil chien et chat méchant ? Peut-être un peu cliché, d’après la réalisatrice de Persepolis. Et si c’était « chat honnête à l’humour décapant » et « chien sortant poncif sur poncif » ? À vous de juger !

Côté féminin, le casting est également de choix : Gemma Arterton est la sublime employée bimbo de la compta, sa collègue, une blonde timide, est incarnée brillamment par Anna Kendrick, et c’est la pétillante Jacki Weaver qui donne vie à la géniale psy (car oui, Jerry est suivi pour ses troubles mentaux…).

Qu’on ne s’y trompe pas : le film est drôle avant tout, et le spectateur est amené de façon subtile à éprouver de l’empathie pour ce « gentil fou » d’une petite ville américaine insipide, qui zigouille des jeunes femmes presque involontairement. Mais d’autres moments sont assez  vraiment sanglants, j’avoue m’être caché les yeux à deux ou trois reprises (c’était avant de savoir que Marjane Satrapi n’aime pas voir du sang au cinéma, et qu’elle estime que montrer trop de meurtres devient vulgaire : elle suggère par le son ou le hors-champ, c’est parfait pour moi !). 

Chaque plan se veut aussi soigné qu’un tableau : en tant que peintre, Marjane a un rapport particulier avec les couleurs (elle n’aime ni le mauve ni le vert, mais adore le rose ou le orange, par exemple). Elle est aussi maniaque de la symétrie, elle a cassé les pieds à son cadreur pour que les arbres de la forêt paraissent ordonnés… non mais !

Plein de bonnes idées de réalisation dans ce 4e long métrage, que je tais pour réserver la surprise aux futurs spectateurs, lesquels, je n’en doute pas, seront nombreux à se précipiter dans les salles à partir de demain. Un conseil : restez jusqu’à la fin, les dernières minutes de cette comédie horrifique sont… hahaha !

 

The Voices, avec Ryan Reynolds, Gemma Aterton, Anna Kendrick, Jacki Weaver… Sortie : le 11 mars 2015. Durée : 1h49. Interdit au moins de 12 ans.

 

 

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