Birdman, Alejandro Gonzalez Inarritu


©20thCenturyFox France.

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Il ne vous aura sans doute pas échappé que le film Birdman a raflé pas moins de 4 récompenses lors de la 87e cérémonie des Oscars qui s’est déroulée la nuit dernière à Hollywood. Mérités, ces Oscars ? Pour ce qui est de l’oscar du meilleur film, je ne saurais en juger, n’ayant pas vu tous les autres longs métrages en lice. Mais je peux déjà donner mon avis sur Birdman, et ça sera déjà pas mal, non ? 🙂

A priori, ce n’est pas le genre de film dont le scénario m’attire : un vieil acteur désabusé qui veut relancer sa carrière en montant une pièce de théâtre à Broadway, bof. C’était sans compter l’originalité du scénario, le talent des acteurs, la finesse de certaines répliques, l’autodérision, le côté onirique de ce film.

Michael Keaton (qui a incarné Batman il y a un quart de siècle) joue (avec un naturel déconcertant, pourrait-on ajouter perfidement, mais ce n’est pas notre genre) un acteur déchu, qu’aucun producteur n’appelle plus. Espérant renouer avec le succès et, surtout, obtenir la reconnaissance de ses pairs, Riggan Thomson a décidé d’adapter une pièce de Raymond Carver, Parlez-moi d’amour.

Dans sa loge du théâtre de Broadway où il prépare les dernières répétitions avant la générale, une affiche : celle du film Birdman, le super-héros dont il a tenu le rôle autrefois, faisant la joie du grand public. Un rôle qui lui colle à la peau, et dont le personnage ne cesse de lui demander de redevenir celui qu’il était. (Oui, les affiches parlent, et ce n’est qu’une bizarreries parmi d’autres, alors si vous êtes cartésien, passez votre chemin ! Même chose si vous détestez le théâtre, il faut quand même se coltiner des scènes de répétition… à répétition !)

Evidemment, de nombreuses embûches se dressent sur sa scène : son comédien principal (Edward Norton, perfect) n’en fait qu’à sa tête, sa fille, qui est aussi son assistante (Emma Stone), le méprise, et la critique de théâtre la plus influente de New York a décidé de descendre sa pièce sans même l’avoir vue… Pas facile, pour cet être égocentrique, de tenir compte des désirs des autres.

Le succès de ce film (dont j’ai aimé la fin, intense en émotions !) tient sans nul doute dans la justesse de son autocritique (certains dialogues et scènes sont vraiment très drôles), dans ses envolées lyriques, et dans cette façon naturelle dont s’imbriquent rêve et réalité, poésie et cruauté. La vie est dure, mais ne le serait-elle pas encore davantage sans nos rêves ?

Le réalisateur, Alejandro Gonzalez Inarritu, explique que le personnage de Riggan Thomson lui est apparu « comme une sorte de Don Quichotte : l’humour du film naît du décalage permanent entre sa très sérieuse ambition et la sordide réalité qui l’entoure ».

Au final, ce n’est ni une comédie, ni un drame, mais le simple reflet de la vie d’un acteur new-yorkais ! J’espère simplement que le succès aux Oscars de Birdman n’engendrera pas de déceptions du côté des spectateurs : à force de trop louer un film, on fait forcément des déçus !

 

Birdman, un film d’Alejandro Gonzalez Inarritu, avec Michael Keaton, Edward Norton, Emma Stone… Durée : 1h59. Sortie : le 25 février 2015.

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