L’homme qui ment, Marc Lavoine 2


©Fayard.

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L’homme qui ment, c’est l’histoire de Lulu, un homme extraordinaire, blessé – moralement plus que physiquement – par la guerre d’Algérie, communiste militant, salarié des P.T.T., syndiqué, souvent par monts et par vaux pour défendre ses idées, amoureux de sa femme et de beaucoup d’autres… Un homme extraordinaire, qui aimait Trenet et L’Huma, et qui a fait rire son fils jusqu’à son propre enterrement. 

Son fils, c’est Marc Lavoine, du moins le cadet, celui qui aurait dû s’appeler Brigitte. C’est l’enfant qu’il était qui raconte cette histoire, entremêlant souvenirs et distorsions romancées. Une traversée de quelques décennies dans un joyeux cahot, un tumulte d’émotions, d’aventure et de passion, une histoire « à l’italienne », comme le dit l’auteur. On est pourtant loin des paysages méditerranéens, puisque tout commence et s’achève à Wissous, une ville de la banlieue parisienne, située à proximité de l’aéroport d’Orly.

De sa petite chambre d’enfant, « le môme » écoute les avions décoller, il est dans sa bulle, rassuré par ce ronronnement familier. Même si la vie est loin d’être un long fleuve tranquille, entre les vagabondages amoureux de son père (que l’on ne parvient pas à détester malgré ses défauts), la tristesse de sa mère (une jolie femme aux dents fragiles, toujours affairée), il vit plutôt heureux, sous la protection de son grand frère Francis, mais aussi de l’affection des papys, des mamies, des oncles, des tantes, des amis… 

Un récit porté par une belle écriture, poétique et généreuse en Polaroïd des années 1960 à 1980 (certaines images restent gravées dans notre esprit malgré nous !). Une « presque-biographie » (« roman d’un enjoliveur » précise le titre de la page de garde) d’où l’amour paternel, l’amour filial, l’amour fraternel sortent vainqueurs, malgré les chemins qui se séparent parfois, les cœurs qui s’arrêtent de battre, les maîtresses (Hélène, Jeanine, mademoiselle C.) difficiles à gérer…

Il y a des moments drôles (j’ai aimé les vacances dans le Lot !), d’autres où le narrateur tutoie son père comme pour mieux le faire revivre dans sa mémoire. C’est d’ailleurs parce que les absents lui manquent, et parce que les présents (sa famille, son éditrice, un ami écrivain…) l’y ont poussé que Marc Lavoine s’est lancé dans ce travail d’écriture, qui s’est révélé être « une joie et une souffrance » (référence à un cinéaste qu’il admire : François Truffaut)*. 

On s’attache très vite à tous ces personnages et on les quitte avec une certaine tristesse. Mais la vie continue et nos chers disparus restent dans notre mémoire et dans notre cœur.

 

* Je le sais parce que j’étais hier à une rencontre organisée par la maison d’édition Fayard et Myboox avec des blogueurs… Et oui, Marc Lavoine est charmant, gentil, drôle et à l’écoute, c’était un moment littéraire joyeux et aussi chaleureux que la voix de l’intéressé ! Vivement son prochain livre, dont il a déjà le titre… mais chut ! chaque projet en son temps. Message personnel : Marc, faites-vous offrir ce livre, il y a un coloriage où il FAUT déborder !)

L’homme qui ment, éd. Fayard, jan. 2015, 190 p.


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