L’insomnie des étoiles, Marc Dugain


©Folio.

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« Après l’inondation, l’eau du robinet avait coulé, saturée de boue pendant quelques jours. Maria avait préféré boire l’eau plus claire des flaques. Mais elle avait pu recommencer à faire bouillir ses deux pommes de terre et son oignon journaliers. » 

Maria est une adolescente allemande, qui subsiste comme elle peut dans une ferme isolée, située quelque part dans un Länder au sud du pays. On est à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Elle vivait avec son père jusqu’à ce qu’il soit mobilisé. Depuis lors, elle tente de survivre avec quelques légumes, se chauffant du bois qu’elle ramasse sur ses terres. Toutes les trois semaines environ, le facteur passe par la ferme, et lui délivre parfois une lettre de son père, dont elle attend le retour dans une sorte de léthargie continuelle.

Un jour, des hommes débarquent dans la propriété pour voler les quelques meubles et objets qu’elle abrite. Maria manque de se faire violer ; elle sait que certains des hommes vont revenir la voir.

Quelques temps plus tard, après la victoire des Alliés, des militaires français arrivent dans la région pour y prendre leurs quartiers. Au cours de leurs explorations, ils arrivent chez Maria, qu’ils trouvent prostrée et très amaigrie. Elle n’est pas seule : ils tombent sur un cadavre calciné. Le capitaine Louyre décide de prendre l’adolescente sous sa protection, et de découvrir ce qu’il s’est passé. Son enquête sur ce meurtre, qui paraît anecdotique comparée aux millions de victimes de la guerre, prendra rapidement une toute autre dimension.

Je n’avais pas lu La Chambre des officiers, premier roman de Marc Dugain qui a connu le succès que l’on sait, et c’est donc avec ce sixième roman que je découvre cet écrivain. On entre très facilement dans l’histoire, et bien qu’elle paraisse glauque, ce n’est pas l’impression que l’on a en la lisant. Certes, elle décrit des événements tragiques, mais la façon dont le récit est amené en fait une enquête policière : le lecteur connaît les faits qui se sont déroulés dans la ferme, mais l’officier français va pourtant soulever un pan que l’on n’aurait jamais imaginé… Un roman sombre et condensé qui s’achève avec une lueur d’espoir.

 L’insomnie des étoiles, éd. Folio, 242 p., mars 2012.

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