Les Conteurs à la ronde, Charles Dickens


©Dodo Press.

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Le jour de Noël, réunis autour d’un bon feu de cheminée, les membres d’une famille anglaise racontent chacun à leur tour une histoire. Le parent pauvre est le premier à prendre la parole : on le croit malheureux parce que son oncle l’a déshérité lorsqu’il a épousé « une femme sans le sou » ? Écoutez plutôt le récit de « son château en l’air »… L’enfant poursuit avec un conte très touchant sur le temps qui passe et la joie de se retrouver, aïeux et petits-enfants. Puis quelqu’un d’autre narre la légende des deux rivières, rapportée de l’Allemagne méridionale (j’ai beaucoup aimé le périple de Carl, l’apprenti tonnelier, sommé par le père de l’élue de son cœur de partir trois années en apprentissage et de rapporter 50 florins d’or pour pouvoir épouser sa  belle… ça m’a rappelé les contes de mon enfance !).

La bonne, l’hôte, le grand-père, l’écolier sourd, la mère… autant d’histoires différentes que de personnages dans l’assemblée. Trésor caché au Portugal, indienne séparée de ses enfants durant vingt longues années, histoire de revenant ou récit de l’émigrant parti faire fortune en Australie quinze ans plus tôt, on voyage dans le temps et à travers le monde avec ces contes de Noël, un genre parfaitement maîtrisé par Dickens. Quelques lignes suffisent pour plonger dans l’univers de chacune de ces histoires :

« Je fus placé, il y a vingt ans, comme clerc, pour faire mon noviciat de la profession légale, dans le petit port de mer de Muddleborough. Habitée en partie par des agriculteurs, en partie par des pêcheurs, cette petite ville a conservé quelques restes d’une contrebande autrefois lucrative et certaines réminiscences des courses heureuses de ses corsaires, auxquels la principale rue et plusieurs auberges doivent leur fondation. Le recteur, le banquier, le procureur, mon patron, qui tenait enfermées dans des boîtes en fer blanc les affaires litigieuses de la moitié du comté, et à qui une salle à manger poudreuse servait d’étude, le docteur et le propriétaire des deux bricks et du schooner, dont se composait la marine marchande du port, étaient sans conteste les sommités de l’endroit. » (début de l’histoire de l’invité)

À déguster – idéalement – au coin du feu !

Avec ce roman, j’achève mon « Challenge classique 2014 » organisé par Stéphie. Je ne suis pas peu fière d’avoir réussi à insérer un classique par mois dans mes lectures, compte tenu du peu de temps que j’ai pour lire ! J’ai surtout (re)découvert les œuvres de Maupassant et de Dickens, mais j’ai aussi (enfin) lu Madame Bovary, Voyage au bout de la nuit, Jane Eyre… et j’ai rencontré par hasard Octave Mirbeau, dont je n’avais jamais entendu parler. Bref, je suis ravie d’avoir participé. Merci, chère Stéphie !

 

©Cess

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Bonus du Nouvel An, pour les nostalgiques de ma génération :

Les Conteurs à la ronde (1886), lu en version électronique (trad. d’Amédée Pichot, éd. Dodo Press, oct. 2008, 120 p.)

 

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