Le Rosier de Madame Husson, Guy de Maupassant 3


Le Rosier de Madame HussonAh, en voilà, une belle farce ! Je n’avais jamais lu cette nouvelle de Maupassant, et je m’attendais à quelque histoire campagnarde, mettant en scène une veuve qui se promènerait dans un magnifique jardin, dont le centre d’attention serait un extraordinaire rosier.

Si vous avez lu cette histoire, vous savez qu’il n’en est rien. Dans le cas contraire, je ne vais pas déflorer ce récit, afin que vous jouissiez du même étonnement que moi. Sachez simplement qu’il débute aux alentours de Gisors, dans la campagne normande. Le train du narrateur vient de dérailler, mais par chance, il se souvient d’un vieil ami médecin qui habite non loin de là, chez lequel il se rend impromptu. Ce dernier, vieux garçon, est attablé devant un véritable festin, auquel il convie son hôte. C’est au cours de ces retrouvailles que le bon docteur, fier de sa région, lui raconte la savoureuse histoire du rosier de Madame Husson.

Ce récit enchâssé inattendu est très instructif, et une source intarissable de traits d’humour et de piques destinées à cette bonne société bourgeoise qui ne jure que par la vertu. Mais ce qui m’a le plus étonné, c’est le manuscrit qui figure à l’intérieur de cette édition de luxe : je m’attendais à beaucoup plus de ratures et de passages réécrits ! Mais finalement, il y en a relativement peu… comparé au nombre de fois où j’efface mes phrases dans Word !

manuscrit

Autre découverte : l’écriture de l’auteur est très lisible. Cependant, je n’ai pas lu entièrement la version manuscrite, lui préférant le fac-similé de l’édition originale illustrée (destinée aux bibliophiles de la fin du XIXe s.). Et ma foi, j’ai trouvé fort agréable de lire un texte sur fond de jolies gravures (les aquarelles de l’artiste-décorateur Jules-Auguste Habert-Dys ont été reproduites par similigravure, un procédé novateur à  l’époque). Ces derniers éléments sont tirés de la préface, dont l’auteur, Édouard Graham, est chercheur en littérature.

Je me dis qu’avec les e-books, on pourrait bénéficier derechef des versions illustrées de tous nos classiques préférés… Bref, si vous n’avez pas encore fait votre liste au Père Noël, pourquoi pas y ajouter ce beau livre ?!

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N.B. : ce livre, chroniqué en décembre, a été lu en novembre pour le Challenge Classiques de Stéphie !

 

©Cess

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Le Rosier de Madame Husson, Guy de Maupassant (1887), éd. PUF, coll. Sources, oct. 2014.


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