Boule de Suif, Guy de Maupassant


boule-de-suifMademoiselle F., ma prof de français préférée, adorait Maupassant (et par conséquent, moi aussi). La preuve, on a étudié deux de ses œuvres durant notre année de seconde Pierre et Jean, que je n’ai pas relu depuis lors, et Boule de Suif, que je viens de redécouvrir. Si je me souvenais bien de la trame de l’histoire (ô miracle !), j’avais oublié de savoureux détails, comme ce déjeuner dans la diligence… Mais je mets la calèche avant les chevaux !

Le récit se passe durant l’hiver 1870-1871, alors que les Prussiens ont envahi une partie de la France, et notamment la ville de Rouen. Une dizaine d’habitants décide de prendre la fuite et de rejoindre Dieppe. Très tôt le matin, ils grimpent dans une diligence glaciale. Ils ne se connaissent pas.

Il y a là des bourgeois, des commerçants, et même deux nonnes agrippées à leurs chapelets. Et puis, il y a une jeune femme dodue et fraîche comme la rosée (« appétissante » dit Maupassant), Elisabeth Rousset, dite Boule de Suif, dont tous ses compagnons de voyage savent qu’elle est une fille de joie. Ces derniers s’empressent donc de la snober… jusqu’à ce qu’ils aient besoin d’elle. Pour manger, d’abord, car elle est la seule à s’être munie de provisions. Et pour coucher, ensuite, avec l’officier prussien qui séjourne dans l’auberge où les voyageurs font halte le premier soir, le soldat refusant de les laisser reprendre la route s’il n’a pas obtenu ce qu’il désirait, à savoir Boule de Suif.

Chef d’œuvre (pour reprendre le qualificatif de Flaubert) que cette nouvelle dénonçant l’hypocrisie, la mesquinerie de la bourgeoisie du XIXe siècle ! Où l’on voit que la générosité et le sens du sacrifice sont parfois plus grands chez les petites gens, voire les gens de « mauvaise vie », que chez les argentés ou même les ecclésiastiques…

Mon passage préféré est celui où, dans la diligence, Boule de Suif commence à sortir de son panier, devant ses compagnons affamés, « une petite assiette de faïence, une fine timbale en argent, puis une vaste terrine dans laquelle deux poulets entiers, tout découpés, avaient confi sous leur gelée » et bien d’autres choses encore. On hume le fumet des plats, on en a l’eau à la bouche, tout comme les infortunés voyageurs qui n’ont rien emporté à manger… Tiens, rien que d’y repenser, j’ai de nouveau faim !

©Cess

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Boule de Suif, lu en version électronique, avril 1880.

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