Le Fils, Philipp Meyer 2


LE_FILS_jaqu_Mise en page 1Ouf ! Il m’a fallu plusieurs semaines pour venir à bout de ce roman magistral. Il faut dire qu’il retrace plus de cent cinquante ans de l’histoire américaine, et plus précisément de l’histoire du Texas. Difficile de résumer un tel pavé… alors voici un aperçu, qui, je l’espère, vous donnera envie d’entamer cette épopée.

Les récits de trois narrateurs s’entrecroisent au fur et à mesure que l’on avance dans le temps. 1848 : Eli McCullough n’a que douze ans quand il se fait enlever par une tribu de Comanches. Sa survie ne tient qu’à un scalp : il doit s’adapter à leur mode de vie à tout prix, même s’il a le statut d’esclave, situé sur l’échelle sociale juste après celui des femmes. De ces années passées au milieu des sauvages, Eli gardera des traces : un caractère impitoyable, et l’art de la chasse… et de la traque humaine. Un don qu’il saura mettre à profit en tant que Rangers engagé dans la guerre de Sécession. Cette période lui vaudra dans ses vieilles années le surnom de Colonel. Entre-temps, il a acheté des terres, pas toujours de manière légale, et il est devenu l’un des plus importants éleveurs de la région.

Peter est l’un de ses trois fils. « Le pire fils qu’il ait jamais eu ». Pas assez endurci pour porter le nom des McCullough, ce gars-là. Lorsqu’il prend la suite du récit, vers 1915, il en serait presque à copiner avec les Mexicains, « ces voleurs de terre »… Et même s’il continue à s’occuper du domaine par tradition, on sent bien que ses aspirations personnelles étaient tout autres.

Jeanne, enfin, la petite-fille de Peter, reprend le flambeau. Mais ce n’est plus le bétail qui fait la fortune familiale. Alors que la Seconde Guerre mondiale éclate en Europe, le pétrole devient la ressource la plus rentable du Texas. Mais il faut voir à quel prix humain se fait la richesse des uns…

Mais que racontent-ils, ces trois-là ? Tout. La douceur de la fourrure d’un lapin, les règles sociales dans une tribu indienne (et la dégustation du foie fumant arrosé de bile… j’espère avoir oublié ce traumatisme d’ici à la dinde de Noël !), les problèmes des pauvres, ceux des riches, les rêves des personnages, les pires horreurs qu’entraînent les querelles de voisinage et les guerres entre tribus ou nations.

Tout cela avec un rythme haletant, des détails incroyables, une langue riche et pourtant légère à digérer (pas comme le foie #traumatisée). C’est un livre incontournable pour découvrir une foule de choses sur la période 1850-1950 au Texas. Sans mentir, cette saga familiale est bien plus passionnante et réaliste que celle de Dallas ! (La série des années 1980, dois-je préciser pour les jeunes lecteurs qui passeront par là.)a À lire de préférence pendant les vacances, le poids du bouquin étant rédhibitoire pour les sacs à main… (d’où mon temps de lecture interminable !).

Le fils, éd. Albin Michel, août 2014, 671 p.


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2 commentaires sur “Le Fils, Philipp Meyer

  • Tamara Auteur du billet

    @Noukette : franchement, je ne blâmerai pas si tu te le réserves pour l’été prochain ! Mais c’est un roman vraiment intéressant, tu verras !