Mes sincères condoléances, Guillaume Bailly


mes-sinceres-condoleancesL’auteur de cet ouvrage inclassable (ce blog n’ayant pas de rubrique « nécrologies », je l’ai bêtement classé dans « romans ») est maître de cérémonie, non pas à Cannes, mais dans les pompes funèbres. Oui, oui, un croque-mort, un vrai ! Il raconte ses vingt ans de métier avec beaucoup de délicatesse, d’humour (quand c’est possible) et de sensibilité (toujours).

Peu nombreux sont les gens qui pensent à leur enterrement. Même si on sait qu’on passera tous par la case funérarium (détrompez-moi si vous avez de meilleures informations !), on est en général peu enclin à songer aux détails de notre cérémonie d’adieux… du moins avant d’avoir atteint un certain âge.

Et comme le souligne Guillaume Bailly dans ses mémoires, alors que la naissance est prise en charge par la Sécurité sociale (prix moyen estimé à 7.000 €), il faut « payer la mort de votre poche » (coût estimé en France : entre 2.800 et 3.200 €). Cependant, quelques personnes comme Bernard, un veuf de 70 ans, règlent avec minutie les détails qui feront la joie de leurs proches… ou du personnel des pompes funèbres (Le Pont de la rivière Styx).

Les anecdotes sont régulièrement entrecoupées de pages « Idées reçues » ou « Le saviez-vous ? » qui donnent des informations techniques sur les « métiers de la mort », mal connus du grand public.

Le récit qui m’a le plus émue ? En apesanteur, ou comment un jeune homme (très) obèse atteint d’une maladie orpheline a pu être enterré en toute dignité. Et même s’il n’y a pas de mort intelligente, on trouve quelques exemples de « mort bête »… comme ce type qui a fait un triple salto arrière pour fêter la victoire des Français à la Coupe du monde de football en 1998… en oubliant la fenêtre ouverte derrière lui. Pas de chance, il habitait au 7e étage.

Un livre qui fourmille d’infos et d’histoires étonnantes… que je n’ai pas trouvées morbides mais intéressantes et distrayantes. Disons que ça change des polars, où il y a tout autant de morts et bien moins d’enterrements, bizarrement !

 

Mes sincères condoléances, éd. de l’Opportun, oct. 2014, 309 p.

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