Contes de la bécasse, Guy de Maupassant


conte-la-becasseVous le saviez pas ? 2014, c’est l’année de Maupassant : il aurait eu 164 printemps ! Bon, d’accord, son compteur s’est bloqué à 43, et si je parle de cet auteur pour la troisième fois cette année, c’est parce que j’ai téléchargé ses œuvres complètes sur ma liseuse. Mais de toute façon, par définition, les classiques sont indémodables, et on n’a pas besoin de raison pour les sortir de nos cartons, n’est-ce pas ?!

J’ai eu envie, après avoir fait un test de lecture sur ce blog consacré à la lecture rapide, de me replonger dans les délices des Contes de la bécasse, que j’avais dû lire au siècle dernier (je n’écris pas millénaire, ça fait ancêtre).

Une nouvelle introductive, très justement titrée La Bécasse, permet au lecteur de savoir qu’il va écouter (lapsus écrit !) lire des histoires de chasseurs. En effet, lors de leurs repas pantagruéliques, seul le chanceux désigné par le sort aura le droit de déguster les têtes des bécasses, mets fameux s’il en est (enfin, d’après ce que dit Maupassant… pour ce que j’en sais…). Et pour dédommager les autres convives privés de cette aubaine, il doit leur faire un récit (de chasse, de pêche ou autres grivoiseries). Je crois que je me suis autant régalée que les conteurs repus avec ces histoires pleines de saveurs de la campagne française du XIXe siècle ! Peu d’auteurs réussissent des descriptions aussi vivantes que celles de Guy :

« Une grande corbeille de ravenelles exhalait des souffles sucrés et délicats ; un tas de fleurs de toute race et de toute nuance jetaient leurs odeurs dans la brise, tandis qu’un faux ébénier, vêtu de grappes jaunes, éparpillait au vent sa fine poussière, une fumée d’or qui sentait le miel et qui portait, pareille aux poudres caressantes des parfumeurs, sa semence embaumée à travers l’espace. » (Un Fils)

et encore plus rares sont ceux qui osent le comique de répétition dans cet exercice :

« Connaissez-vous Pont-Labbé ? – Non. – Eh bien, c’est la ville la plus bretonne de toute cette Bretonne bretonnante qui va de la pointe du Raz au Morbihan, de cette contrée qui contient l’essence des mœurs, des légendes, des coutumes bretonnes. » (Paroles d’un conseiller d’Etat à son ami dans Un Fils.)

Je ne vais évidemment pas raconter les contes par le menu (pour ça, il y a Wikipédia !), simplement souligner l’émotion qui se dégage de La Rempailleuse (l’histoire d’une petite fille qui aima en secret le même garçon durant cinquante ans), l’ingratitude du fils Tuvache dans Aux champs, l’humour paysan illustré dans la Farce normande… (J’arrête là, mais vous aurez compris qu’il s’agit d’un simple échantillon).

 Si vous avez quelques minutes devant vous, n’hésitez pas à picorer de nouveau ces Contes de la bécasse, c’est si bon que ça se mange sans faim !

©Cess

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Contes de la bécasse, Guy de Maupassant, première parution en 1883.

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