L’Audience, Oriane Jeancourt Galignani 4


©Albin Michel.

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Quatre jours. C’est la durée du procès de Deborah Aunus, prof de maths dans la petite ville de K., au Texas. Quatre jours durant lesquels on suit, étape par étape, la déchéance de cette trentenaire mère de trois enfants, qui a commis un crime : elle a couché avec plusieurs de ses élèves. D’accord, ils étaient tous majeurs et consentants. N’empêche qu’elle risque la prison, dans cet Etat du Texas à la population ultra conservatrice et puritaine.

Fait notable : Deborah Aunus ne pipe mot à son procès. Elle se cache derrière le Cinquième Amendement. Elle se tient coite face à la procureure qui massacre un à un les témoins de la défense. Elle ne dit rien non plus quand son avocat démontre qu’elle est simplement une femme désirable et désirée, qui assume pleinement sa sexualité – certes débridée et dans l’adultère, puisque son mari est soldat et par conséquent plus souvent en Afghanistan qu’auprès de sa famille, mais est-ce que cela regarde la Justice, après tout ?

Ce procès paraît invraisemblable, à tel point qu’au début, j’ai crû qu’il se déroulait dans un pays du Moyen Orient. Mais non, nous sommes bien au XXIe siècle aux États-Unis. Cette lecture m’a donc plutôt accablée sur le fond, même si je ne me suis pas plus attachée à Deborah que les membres du jury ou que le public dans la salle d’audience. Seuls ses enfants m’ont fait de la peine, le petit Samuel, surtout, avec son poulpe dans les poumons. Quant à l’attitude de la mère de Deborah, que dire ? C’est effarant.

Une lecture dérangeante, d’autant que la plume d’Oriane Jeancourt Galignani (dont c’est le deuxième roman) est ici froide, incisive, presque coupante. Les faits, rien que les faits, monsieur le juge. Pour les sentiments, on ira voir ailleurs.

 

L’Audience, éd. Albin Michel, août 2014, 297 p.


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