Pétronille, Amélie Nothomb 6


 

©Albin Michel.

©Albin Michel.

Ca y est, le millésime 2014 d’Amélie Nothomb est arrivé ! Alors ? Eh bien, c’est un roman qui se déguste frappé, comme le champagne qui accompagne Amélie tout au long de ces pages fictionaugraphiques.

Notre auteure belge favorite (en fait, je n’en connais pas d’autre, à part Hergé) raconte sa rencontre avec Pétronille, une admiratrice avec qui elle a brièvement correspondu, et spécialiste des contemporains de Shakespeare. Ce garçon manqué a l’air d’un éternel adolescent plaît d’emblée à  Amélie. Mais sa principale qualité réside dans le fait qu’elle fait un compagnon de beuverie parfait, exactement ce que recherchait la romancière à succès. Si Pétronille se lance aussi dans l’écriture, elle est loin d’en vivre, et elle a un second job plus lucratif… mais bien plus dangereux !

J’ai beaucoup aimé ce roman pétillant (forcément, entre Laurent-Perrier, Dom Pérignon, Taittinger et la Veuve Clicquot…), plein de malice (je suis sensible à l’humour belge), raconté avec tant de détails que j’ai eu l’impression que tout était parfaitement vrai (à l’exception de la fin sensationnelle). On ne sait jamais trop où placer la frontière entre la réalité et l’imaginothomb. Evidemment, une fois la dernière page tournée, vous irez comme moi vérifier si Pétronille existe vraiment, parce que ça vous a donné envie de lire un ou deux de ses romans (peut-être les ventes de S.H. vont-elles connaître un pic post-Pétronille, qui sait ?).

J’ai adoré le passage londonien (incroyable : première visite d’Amélie Nothomb en Angleterre, à plus de 30 ans !) et l’interview drolatique de Vivienne Westwood, qui m’a réjouie au plus haut point (« Je me conduisis comme un Japonaise : je ris. Il me semblait avoir touché le fond. Même si le penser porte malheur. Le réel s’empresse toujours de vous montrer à quel point vous manquez d’imagination. »)

En plus d’avoir découvert l’existence du welsh corgi, j’ai savouré nombre de mots délicieux qu’on trouve trop rarement dans la littérature contemporaine (« ragaillardir », « foutreciel », et l’inconnu « échanson »).

Bref, comme d’habitude, ce cru aux notes d’amitié et de terroir littéraire fut (trop) vite avalé, mais Amélie Nothomb ne m’en voudra pas : elle sait que c’est « pour ne pas la vexer » que j’ingurgite ses pages à toute allure. Je ne voudrais pas lui donner « l’impression que mon désir manque d’empressement » !

Pétronille, millésime bu et approuvé sans modération, à lire avec une bouteille de champ’ au frais, parce que vous allez avoir envie de l’ouvrir pendant votre lecture !

Pétronille, éd. Albin Michel, août 2014, 169 p. 

 

 

 

 


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6 commentaires sur “Pétronille, Amélie Nothomb