Journal d’un corps, Daniel Pennac


 

©Tardi pour Folio.

©Tardi pour Folio.

C’est idiot : j’ai pleuré à la fin de ce roman, alors qu’on sait parfaitement depuis le début comment ça va finir ! En 1935, le narrateur a 12 ans. Il commence peu après l’écriture de son journal intime. Mais il décide de n’y noter que des observations concernant son corps, ou le corps des autres, à la rigueur.

Du petit garçon chétif (dont le père meurt trop jeune et la mère trop vieille) au vieillard de 87 ans qu’il deviendra, rien n’échappe à son œil attentif : peau, cheveux, poils, organes, silhouette, façon d’uriner, appétit sexuel, pets et crottes de nez, tout y passe !

On fait peu à peu la connaissance de son entourage : l’irremplaçable Violette qui l’a élevé, le petit Dodo, sa femme Mona, son ami Tijo,  ses petits-enfants… On s’attache à tout ce petit monde qu’on voit vieillir, mourir pour certains. On sourit, on s’indigne, on compatit, on s’inquiète, on pleure, bref, on vit cette aventure avec toutes les nuances de notre palette d’émotions.

Je trouve le sujet de ce livre fort original bien qu’universel, et j’ai d’autant plus apprécié cette lecture que je l’entrecroisais avec un autre roman, ce qui m’a permis de ne pas me lasser du format.

J’admire la précision et le sens de la formule de Daniel Pennac : ses textes sont comme des tableaux qui prennent forme sous nos yeux. C’est fou le nombre de choses qu’on connaît sur notre corps, mais sur lesquelles on ne prend jamais le temps de s’arrêter ! Le Journal d’un corps pallie cette négligence, et notre notre bonne conscience l’en remercie. 

Journal d’un corps, éd. augmentée Folio, janv. 2014, 435 p.

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