Longues peines, Jean Teulé 3


©Pocket.

©Pocket.

Quand on a fini les bouquins emportés en vacances, plusieurs solutions s’offrent à nous : acheter au supermarché du coin les Marc Lévy, Patricia Highsmith ou Mary Higgins Clark qui se disputent deux rayons, faire 15 km pour dénicher une librairie ou piocher dans la bibliothèque de la location où on passe la semaine. Par chance, j’ai pu opter pour cette troisième solution, il y avait pas mal de choix où je séjournais : de Voltaire à Michel Houellebecq, en passant par Victor Hugo, Gilles Paris, Arnaldur Indridason et l’incontournable Amélie Nothomb, entre autres.

J’ai choisi un court roman de Jean Teulé intitulé Longues peines. Un gardien de prison raconte, par le biais de témoignages de collègues, la vie des prisonniers et du personnel dans une maison d’arrêt. Outre ses interviews, on s’incruste tantôt dans la cellule 108 du bâtiment des femmes (trois femmes, dont une certaine Corinne Lemonnier, au caractère aussi terrible que son crime), tantôt dans la cellule 209 du bâtiment des hommes (quatre types, incarcérés pour pédophilie ou triple meurtre…).

Parfois, on fait une incursion chez le directeur de la prison qui, lui, n’a rien à se reprocher… Sa femme, en revanche, est « fragile » : après plusieurs fausses couches, et en attendant l’enfant tant espéré, elle tricote de la layette qu’elle fait porter à son mari… Et puis, il y a Cyril Cambusat, un « bleu » parmi les matons, qui tombe amoureux de Rose, une jolie délinquante de 19 ans.

Vous l’aurez compris, ce n’est pas un roman où l’esprit s’évade… Au contraire, le lecteur est enfermé au milieu de ces gens plus terrifiants les uns que les autres (à l’exception des gardiens, qui ne souffrent « que » de dépendance à l’alcool ou aux médicaments).

Heureusement, Jean Teulé est suffisamment habile pour faire preuve de légèreté et d’humour dans son écriture, ce qui nous permet de poursuivre la lecture jusqu’au bout malgré les horreurs qui s’enchaînent. J’ai quand même été contente de tourner la dernière page et de quitter cet univers carcéral impitoyable ! Pas de doute, ce récit choquant et dérangeant atteint son objectif : dénoncer à coups d’humour et d’exagération les failles (nombreuses et variées) du système pénitentiaire français.

Longues peines, de Jean Teulé, éd. Pocket, mars 2011, 186 p.

 


Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

3 commentaires sur “Longues peines, Jean Teulé

  • La chèvre grise

    Ah, tiens, un titre que je ne connaissais pas de cet auteur. Il faut dire que je me lasse un peu de son style dans ses récits historiques (Fleur de tonnerre, Charly 9, Ô Verlaine, Je François Villon). Ce titre me semble quelque peu différent, je le tenterai peut être du coup, à l’occasion.

  • choupynette

    j’avais adoré Je, François Villon, et été assez déçue par Fleur de tonnerre. Teulé ne fait donc pas du tout partie de mes priorités… en tout cas pour cet été!

  • Tamara Auteur du billet

    @La chèvre grise : je crois avoir lu un autre titre de Jean Teulé, mais je suis incapable de te dire lequel… en tout cas, aucun de ceux que tu cites !
    @Choupynette : l’occasion a fait le larron, me concernant ! Sinon, comme toi, je ne serais pas allée spontanément vers ce titre dans une librairie… Bonnes lectures estivales à toi, en tout cas !