Baignade surveillée, Guillaume Guéraud 2


©Le Rouergue.

©Le Rouergue.

Cette année, au Salon du Livre de Paris, sur le stand des éditions du Rouergue, un libraire enthousiaste m’a conseillé une petite Baignade surveillée. J’ai obéi sans hésiter. En 125 pages, Guillaume Guéraud installe une ambiance familiale très particulière.

Le narrateur est un homme d’une quarantaine d’années. Sa femme Estelle va le quitter à la fin de l’été, il le pressent. Mais en cette première quinzaine d’août, c’est la route des vacances : le Cap-Ferret, son camping, ses dunes, son ennui. Seul le petit Antoine, 10 ans, garde un semblant d’enthousiasme. L’arrivée du tonton taulard en cavale, jeune frère du narrateur, va faire exploser le fragile équilibre.

Les phrases courtes, qui se succèdent à un rythme effréné, contrastent avec la pesanteur et la tension planant au-dessus de cette famille qui se délite. Les chapitres sont entrecoupés du récit des méfaits du frère délinquant, on sent petit à petit que tout ça va mal finir, même s’il reste un espoir ténu que les choses s’arrangent miraculeusement.

Vers la fin, un chapitre de deux pages constituées d’une seule phrase : le narrateur est en apnée, il plonge dans l’océan et dans un passé qu’il ne pourra jamais rattraper.

Une lecture courte mais marquante (merci, monsieur le libraire !), l’histoire d’un amour déjà éteint par la nostalgie. L’ennui ne guette-t-il pas chacun de nous au détour du chemin, si l’on n’y prend garde ?

L’avis de Brize.

Baignade surveillée, de Guillaume Guéraud, éd. du Rouergue, janv. 2014, 125 p.

 

 


Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

2 commentaires sur “Baignade surveillée, Guillaume Guéraud