Jane Eyre, Charlotte Brontë 4


@Le Livre de Poche.

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Jane Eyre est l’héroïne du roman éponyme de Charlotte Brontë. Elle n’a que dix ans lorsque l’on fait sa connaissance, et elle en a le double lorsqu’on tourne la dernière page. Une décennie durant laquelle la petite chenille maigrichonne va se transformer en… euh, non, ça fonctionne pas, Jane Eyre reste une jeune fille maigre au visage plutôt disgracieux !

Orpheline recueillie par une tante par alliance qui ne l’aime pas, souffre-douleur de ses cousins, elle parvient – grâce à un pharmacien qui la prend en pitié – à se faire envoyer dans une pension certes sévère et presque insalubre, mais où elle peut enfin accéder au savoir et dévorer des livres (à défaut de nourriture).

Quand elle sort de cet établissement huit ans plus tard, c’est pour devenir l’institutrice d’une petite fille, elle aussi recueilli par un « tonton » (au XIXe siècle, les familles recomposées ne sont pas induites par des divorces, mais par des épidémies de tuberculose ou autres joyeusetés du même acabit).

Un soir, Jane Eyre arrive au vieux château de Thornfield, situé dans le comté de Millcote (comprenez, en pleine campagne anglaise), pour prendre ses nouvelles fonctions. Le maître des lieux est absent : en effet, M. Rochester ne vit à Thornfield que quelques semaines par an. Ce quadragénaire hors du commun, dont le physique rappelle davantage un bûcheron qu’un riche propriétaire, m’a fait un peu penser à Joffrey de Peyrac.

Lorsqu’il rencontre Jane, Edward Rochester est à terre, après avoir chuté de son cheval. Et Jane Eyre lui apparaît comme un gentil elfe qui l’aide à se remettre en selle. Plus tard, il apprend que c’est la préceptrice qu’il a embauchée pour sa filleule. Le maître de céans a déjà fort à faire, entre la gestion de ses terres, les invitations des riches familles alentour, et le secret de Thornfield à garder… Jane parviendra-t-elle à se faire apprécier de ce maître qu’elle admire tant ?

Ce roman prend la forme d’une autobiographie de l’héroïne (le premier titre de la version française était d’ailleurs Jane Eyre ou les Mémoires d’une institutrice). C’est donc avec le seul point de vue de Jane que l’on vit les aventures qui s’y déroulent, et les choses ne prennent pas toujours le tournant attendu (et ne respectent pas l’ordre social ni les convenances). Oui, les pauvres et moches ont aussi droit à l’amour ! 

Je découvre enfin ce classique – que dis-je ! cet indispensable – de la littérature victorienne (merci au Challenge Un classique par mois de Stéphie qui m’oblige à tenir le rythme), et même si je réalise en essayant de le résumer qu’il ne s’y passe pas tant de choses que ça, je ne me suis pas du tout ennuyée. Bon, d’accord, dès qu’il y a un soupçon de romantisme, j’accroche ! Ajoutez quelques détails sur la misère de l’époque et sur les belles toilettes (tout est question de dosage), et me voilà prise dans les filets de l’auteur. 😀

J’ai apprécié le style de la troisième des sœurs Brontë – je la soupçonne d’avoir un certain goût pour les phrases longues et les points virgules, ce qui n’est pas pour me déplaire – et j’ai trouvé ses personnages très vivants (ils sont décrits avec force détails, tant sur le plan du physique que du caractère). Et puis, il y a un certain suspense… du moins, pour les lecteurs qui ont la chance de n’avoir pas subi de spoilers (l’épidémie virale de la décennie).

Encore une bonne pioche pour ce mois de juin !

©Cess

©Cess

 

Lu en livre numérique (sinon, pour l’édition présentée en image : éd. Le Livre de Poche, oct. 1967, 544 p.)

 

 

 

 


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4 commentaires sur “Jane Eyre, Charlotte Brontë

  • La chèvre grise

    Ce roman est THE roman pour moi. Découvert étant ado, le coup de cœur ultime. Celui que je sauverais si je ne devais en prendre qu’un seul. Le seul que j’ai lu et relu plusieurs fois.

  • Tamara Auteur du billet

    @La Chèvre grise : à ce point-là ?! 😀 Je me demande si le fait de l’avoir lu ado n’est pas une des raisons qui font que ce roman t’a tant marquée. Je l’ai beaucoup aimé, mais j’avoue que ce n’est pas lui que j’emmènerai avec moi sur une île déserte…

  • Tamara Auteur du billet

    @Karine: bizarrement, tu n’es pas la première à me dire combien ce roman est merveilleux… Il fait l.unanimité, on dirait, ce n’est passi courant !