Tout en finesse, Rodolphe Sand


©Ingrid Mareski.

©Ingrid Mareski.

Hier, j’ai découvert une nouvelle espèce humaine : le Rodolphe Sand, croisement improbable entre une danseuse en tutu aussi bondissante qu’une balle de tennis et un humoriste de 90 kilos. Le résultat est tout à fait surprenant, et drôle… mais attention, spectacle réservé à un public averti !

Certains mots de la Dicodanse – un nouveau langage dont les mots sont dansés avec beaucoup de grâce et d’imagination – sont à ne pas mettre dans les oreilles des enfants, par exemple… Sans parler de l’inauguration d’un orphelinat au Burkina Faso : la critique de la people américaine venant faire de l’humanitaire pour booster son image est poussée à l’extrême, c’est tellement énorme qu’on ne peut que rire des horreurs qui sortent de la bouche du personnage !

Rodolphe Sand raconte aussi la difficulté, pour un couple gay, de mener à bien son projet d’avoir des enfants, avec les options de la mère porteuse ou de la coparentalité avec un couple lesbien. Ces sketches sont entrecoupés d’interludes ciné, parce que « rien ne vaut un bon spectacle de divertissement pour se détendre ». Afin de ne prendre aucun risque, Rodolphe « se fait une Palme » (un film récompensé au Festival de Cannes). Et là, il nous raconte les films avec un point de vue très particulier, éclats de rire garantis !

Si le décor est minimaliste – la mise en scène s’appuyant surtout sur l’appropriation de l’espace par le danseuse-etoilesbonne-soeur(danse-sœur !) et sur les jeux de lumière – on entre facilement dans l’univers de Tout en finesse (titre ironique, vous l’aurez compris !), d’autant que le public est régulièrement sollicité pour trouver les énigmatiques dicodanses.

C’est le premier one man show de Rodolphe Sand, comédien expérimenté à la personnalité touchante, à l’auto-dérision féroce, et dont le franc-parler est rafraîchissant… presque autant que la clim du Petit Palais des Glaces, où le spectacle se joue actuellement !

Tout en finesse, one man show de Rodolphe Sand, mise en scène d’Anne Bouvier, tous les samedis à 18 heures au Petit Palais des Glaces (Paris, 10e), au moins jusqu’au 2 août 2014.

 

 

 

 

 

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *