L’Île des chasseurs d’oiseaux, Peter May 6


 

 

©Actes Sud.

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Comment suis-je passée à côté de ce talentueux auteur de polar écossais ? Mystère. Heureusement qu’on peut compter sur le Père Noël pour pallier nos pires oublis !

Peter May écrit ce que j’appelle des « polars littéraires ». Non seulement vous avez votre dose de suspense et d’affreux vilains, mais en plus, la langue est d’un registre soutenu, la syntaxe respectée, le vocabulaire imagé (d’autant qu’il est parfois gaélique), les descriptions travaillées, et l’intrigue prend le temps de s’installer.

Il n’y a donc qu’à se laisser bercer pour entrer dans l’univers très particulier de l’île de Lewis, située au large des côtes écossaises. Là-bas, les autochtones sont seuls pour affronter les éléments (au choix : vent, pluie, mer, tempêtes), sans parler des problèmes inhérents à ce type d’endroit (chômage, alcoolisme, commérage exacerbés). Le seul endroit où les secrets sont bien gardés, c’est An Sgeir, un îlot rocheux à quelques heures de bateau de Lewis. Ses caractéristiques : inhospitalier (c’est rien de le dire, il n’y a pas une surface plane) et couvert d’oiseaux, des fous de Bassan, à la période des amours.

Les habitants de la région sont très friands de la chair de ces gugas, comme ils les appellent. Chaque année, un groupe d’homme se rend sur l’île et massacre environ deux mille oiseaux, qui se vendent à prix d’or et dont chaque famille se réjouit de se régaler une fois l’an. Mais il y a dix-huit ans de cela, lors de la première sortie sur l’île de Finlay Macleod, quelque chose s’est produit et a marqué à jamais le destin de cet homme, aujourd’hui inspecteur de police à Edimbourg. Alors qu’il est rappelé sur son île natale pour participer à une enquête, Fin voit remonter à la surface des souvenirs qu’il aurait préféré oublier.

Il faut bien reconnaître que l’univers décrit dans L’Île des chasseurs d’oiseaux par Peter May est relativement glauque. Il n’y a guère d’éléments dont on peut se réjouir… mis à part savourer notre position bien plus enviable, au chaud sous la couette ! Ce roman, qui est le premier d’une trilogie, permet de faire progressivement la connaissance de l’inspecteur Fin, car les chapitres retracent en alternance son enfance (avec ses amis Artair et Marsailli) et l’enquête actuelle, qu’il mène de front avec un flic local, George Gunn. Des personnages que l’on retrouvera dans le deuxième tome, L’Homme de Lewis, que j’ai lu sans tarder après celui-ci, tant je l’ai aimé (et pas seulement parce que Fin me fait penser à Ryan Gosling !).

L’Île de Lewis, de Peter May, Babel noir, nov. 2011, 425 p.

 


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6 commentaires sur “L’Île des chasseurs d’oiseaux, Peter May

  • La chèvre grise (ex : Petite Fleur)

    Marrant, je viens juste de le commencer ce matin dans le métro ! Bon, pour l’instant, je n’ai pas d’avis, je n’en suis qu’à la page 22 🙂 Mais il m’avait été chaudement recommandé, sinon je ne l’aurais pas remarqué.

  • Karine:)

    Laurence me harcèle pour que je lise la série depuis je ne sais pas combien de temps… je vais finir par me décider, surtout après un tel avis!

  • Nicolas

    Un beau roman, bien écrit et bien construit, mais bien trop long à mon goût (dans le sens où il y a trop de longueurs). Cela a fini par me lasser. Dommage.

  • Tamara Auteur du billet

    @Eléa : la trilogie est admirable, allez, on s’y met !

    @Nicolas : ah ? Moi j’aurais bien pris quelques pages de plus, au contraire ! J’ai beaucoup aimé l’ambiance installée progressivement par l’auteur dans ce tome.