Monuments Men, George Clooney 7


©20th Century Fox France.

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Monuments Men, ou comment George Clooney a saboté une soirée parfaite dans un lieu magique. 

Pourquoi parler d’un film qui ne sortira en France que le 12 mars, me direz-vous ? Parce que, et d’un, c’est un prétexte pour vous décrire une très chouette salle de cinéma, et de deux, je vais vous inviter à économiser votre argent pour aller voir d’autres films !

Le Théâtre Tuschinski

Pour la Saint-Claude (dont on parle très peu, parce qu’elle a lieu le lendemain de la Saint-Valentin), j’étais à Amsterdam, où se trouve le Théâtre Tuschinski, qui appartient aujourd’hui au groupe Pathé. Commandé par l’entrepreneur néerlandais (d’origine polonaise et juif) Abraham Tuschinski, et dessiné par Hijman Loius de Jong, le bâtiment ouvre ses portes en octobre 1921.

Son créateur (qui sera tué à Auschwitz) voulait que le plus grand nombre puisse accéder au divertissement. Un souhait réalisé avec ce lieu, qui peut accueillir 1 620 personnes, ce qui en fait le plus grand cinéma des Pays-Bas de l’époque. L’auditoire principal fut aussi utilisé pour des représentations théâtrales, qui a vu passer des artistes célèbres, comme Édith Piaf ou Marlène Dietrich.

L’imposante façade a un style Art déco (avec quelques influences orientales), auquel se mêlent à l’intérieur l’Art nouveau et l’École d’Amsterdam : la richesse des tapis et des peintures est accentuée par les jeux de lumière. Le bar, où se situent également les caisses, est en bois sculpté. (J’avais pris des photos, mais elles sont encore moins bien que celles de Wikipédia !)

©Wikipédia.

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Ce qui est surprenant, quand on entre dans l’étroit bâtiment un peu avant l’heure de la séance de ciné, c’est qu’il faut patienter dans le hall avec deux cents autres sardines, et regarder sortir les spectateurs de la séance précédente : pas de sorties annexes comme dans nos cinémas modernes ! Les retardataires qui sortent seuls ou par deux en profitent pour saluer leur public inattendu, jouant les stars alors qu’on a qu’une envie : les huer !

@Wikipédia.

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Naturellement, il faut acheter ses places à l’avance, surtout si l’on veut assister à la projection dans la salle principale, la plus impressionnante. Et mieux encore, si vous le pouvez, je vous conseille de choisir l’option « Loge » (disponible uniquement dans cette salle) : vous serez alors installé dans une banquette pour deux, tout au fond de la salle, et un serveur viendra prendre votre commande pendant les bandes annonces. Le prix du billet loge (qui coûte un bras – 41 € pour deux personnes -, mais bon, on n’y va qu’une fois !) comprend une boisson (alcoolisée ou non, moi j’ai choisi la petite bouteille de Prosecco (à défaut de champagne… mais il était bon quand même !) et un snack (salé ou sucré… l’astuce étant que l’un choisisse les nachos et leur sauce piquante ou au fromage, et l’autre le gros sachet de 400 g de M&Ms, histoire d’avoir un repas complet (je n’ai pas oser écrire « équilibré » !)).

 

Monuments Men

Le seul inconvénient, c’est qu’on subit le film programmé dans cette salle. Alors que j’étais tentée par Philomena, j’ai donc eu droit à Monuments Men, un film (inspirée d’une histoire vraie) qui retrace le parcours d’une poignée d’experts, durant la Seconde Guerre mondiale, dont le but est de récupérer les milliers d’œuvres d’art confisquées par les nazis.

Je ne doute pas que le film soit bien documenté. Mais… que dire ? Le scénario brille par sa platitude (ou par son manque d’intérêt/de suspense/de rebondissements – rayez la mention inutile). On s’attache si peu aux personnages que lorsque l’un d’eux meurt (oups, spoiler ! Bon, c’est la guerre, on s’y attendait…), ça ne nous fait ni chaud ni froid. Quelques scènes frôlent même le ridicule (je crois me souvenir de George C. – réalisateur et acteur principal de ce film, dont je tais ici le nom complet par commisération – embrassant une statue…). C’est un peu comme si on avait voulu injecter de force une dose d’humour et une dose de sentimentalité dans un film qui ne s’y prêtait pas.

On se demande un peu ce que Matt Damon (dont on aura bien compris (même dans la version originale en anglais sous-titrée en néerlandais), au bout de trois blagues – dont deux superflues, qu’il parle très mal français), Bill Murray, Cate Blanchett et John Goodman sont venus faire dans cette galère (je ne parle pas de Jean Dujardin, alias Jean-Claude…).

©20th  Century Fox.

©20th Century Fox.

Quant à la musique, vous l’aurez malheureusement dans la tête, à la façon de La Grande Vadrouille. D’où l’importance du Prosecco pour agrémenter cette laborieuse épopée de deux heures ! Bon, j’exagère un peu, il y a des moments plaisants, mais mon impression générale est quand même celle d’un film raté… même s’il y a bien pire !

 

 Monuments Men, de et avec George Clooney, sortie : le 12 mars 2014. Durée : 1h58 (bon courage !).


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7 commentaires sur “Monuments Men, George Clooney

  • Arthur

    (((La musique de ce flim est un chef d’oeuvre au même titre que l’art dont il est question ici)))
    Ça c’est dit, enfin écrit, enfin je me comprends.

  • Chi-Chi

    Je devais y aller hier (oui il est bien sorti ici), et j’ai renoncé. Tu ne me fais pas vraiment regretter pour le coup! 😉

  • Tamara Auteur du billet

    @Arthur : mais pourquoi toutes ces parenthèses ? (je ne comprends vraiment pas l’allusion (même en réfléchissant bien), peux-tu m’expliquer ?) 🙂

  • Tamara Auteur du billet

    #Chi-Chi : peut-être que tu peux y aller pour voir si tu aimeras plus que moi… Tout dépend si tu aimes les moustaches, parce que George à moustache, moi, ça ne me plaît pas. 😉

  • Tamara Auteur du billet

    @Angéla : j’ai hésité à parler moustaches dans mon billet, mais j’ai eu peur d’attirer des fétichistes ! 🙂