L’homme idéal (en mieux), Angéla Morelli 7


©HQN

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Emilie est une jolie prof trentenaire et frisottante dont la vie est complètement sens dessus dessous. Et sans même qu’elle s’en aperçoive, après sa rencontre avec un parent d’élève, sa vie va prendre un tout autre sens… sans dessous. 

Emilie n’est pas du genre à se laisser démonter. D’abord, parce qu’elle est mère célibataire depuis que son ténébreux de mari, le beau Diego, l’a quittée pour une autre, et qu’elle doit faire face à une petite Elizabeth dont les réparties fusent. Ensuite, parce qu’elle oublie plus qu’à son tour de faire les courses (après sa séparation, elle a emménagé chez son amie de fac Clara), et enfin, parce qu’elle est capable de vivre dans le noir pendant 15 jours lorsqu’une ampoule grille dans une pièce. Elle sait donc faire face à des situations d’urgence.

Mais lorsqu’elle rencontre Samuel – le père d’un ancien élève – dans la librairie de Clara, son cerveau se ramollit, ses jambes flageolent, bref, elle retourne au stade de l’adolescence en moins de temps qu’il n’en faut pour l’é… Et naturellement, dans ces cas-là, on peut toujours compter sur les copines (Clara, Louise et Maria) pour venir vous aider/encourager/secouer/enguirlander/soutenir/donner leur avis, et cela, au milieu de cocktails et de fous rires (est-il besoin de le préciser ? I don’t think so).

Eh, ce n’est pas parce qu’on a 35 ans qu’on sait comment s’y prendre avec les hommes, surtout s’ils nous plaisent vraiment ! Et quand on est un type comme Samuel, veuf longtemps inconsolable réfugié dans son métier de traducteur, on n’a pas forcément le mode d’emploi d’une femme aussi imprévisible et spontanée qu’Emilie.

Loin du cliché de la romance (à l’eau de rose) au style désuet ou aux constructions grammaticales douteuses, L’homme idéal (en mieux) réconciliera toutes celles (et ceux) qui aiment les bons romans avec ce genre parfois moqué.

Parce qu’il est très bien écrit (l’auteur est certes professeur de lettres et traductrice, mais cela n’enlève rien à son talent, qu’elle avait déjà démontré dans la nouvelle Sous le gui), parce qu’il dose avec justesse sentiments, scènes émoustillantes, moments attendrissants et galères de la vie quotidienne, parce qu’il montre la vie telle qu’elle est : compliquée et pleine de contraintes d’organisation (surtout quand on a une horloge calée sur un autre fuseau horaire que le sien), parce que Ryan Gosling est cité dès le chapitre 2 (et rien que cette raison suffirait), parce qu’il y a mille et une autres références réjouissantes (de Star Wars à Robert Downey Jr. en passant par Ross Macdonald, L’Agence tous risques et Victor Hugo, ne cherchez pas à faire des liens, tout n’est que kulture !), parce qu’on arpente Paris jusqu’à l’aimer autant qu’Emilie, parce qu’on apprend des tas de choses sur les cheveux frisés, parce qu’on aime discuter avec les copines sur Facebook, parce qu’il y a des répliques tordantes, parce que Samuel est tout à fait le genre de type qu’on ne laisserait pas dormir dans la baignoire, parce que ça se passe pendant la période de Noël, et donc, parce qu’il le vaut bien, il faut lire L’Homme idéal (en mieux). 

Et j’en profite pour dédicacer ce billet à la personne qui m’a fait découvrir Angélique, marquise des Anges. Que ta carrière d’écrivain soit aussi longue que celles de Serge et Anne Golon, Angela !

D’autres avis sont répertoriés sur le blog de l’auteur. Au cas où le mien serait trop subjectif (« qui fait une part exagérée aux opinions personnelles », dit Larousse). En même temps, comment pourrait-il en être autrement sur un blog ? 🙂

L’Homme idéal (en mieux), éd. HQN, déc. 2013, 3.104 p. (en version iPad, haha ! soit 207 pages en livre de poche… quand l’éditeur se décidera à l’envoyer chez l’imprimeur). 3, 99 €.


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