Exposition à Paris : Diane Arbus
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Plus qu’une photographe, Diane Arbus est une grande artiste américaine des années 1960. Elle a couvert de son regard humaniste les laissés-pour-compte de la société. Avec son Rolleiflex 6×6, elle a trouvé son style, carré et loin des clichés tout sourire. De son vivant, de prestigieux musées et magazines l’ont fait connaître. Aujourd’hui, le Jeu de paume propose une rétrospective de son travail, avec plus de 200 photos, dont certaines inédites.
Dans la première partie de l’exposition, les photographies en noir et blanc, développées par l’artiste elle-même, se succèdent sans ordre chronologique ni thématique. C’est au visiteur de se laisser emporter par la force des images et d’interpréter à sa guise le message qui s’y cache. Les légendes ne l’y aideront guère : Diane Arbus les a choisies pour la plupart purement descriptives, y glissant parfois un trait d’humour (“Cinq membres du fan club des monstres” pour une bande d’enfants masqués).
Peu de paysages, mais beaucoup de personnages, photographiés sous tous les angles, à New York ou dans ses environs. Ils posent, sans presque jamais sourire, ne regardant l’objectif que si bon leur semble. Ils sont troublants. Diane Arbus a pour sujets de prédilection les gens hors normes : transformistes, nains, siamois, triplés, homme squelettique ou femme obèse, handicapés mentaux ou physiques… Et s’il arrive que l’on voie de jeunes mariés, seuls leurs dos nous font face. Cependant, il se dégage une grande douceur des visages, on devine l’humanité et la sincérité de l’artiste à travers chaque cliché.
La seconde partie de l’exposition permet de mieux la connaître. Outre sa biographie découpée en huit périodes allant de 1923 à 1971, on découvre des planches-contacts, des carnets où courent des listes de sujets, des agendas, ses appareils photos, des explications de ses projets. Parmi ces derniers, The Quiet Minorities, réalisé pour la Fondation Ingram Merrill en 1971, peu avant son suicide. Diane Arbus écrit : “Il y a des associations, des groupes, des clubs, des alliances, des milieux pour tout un chacun. Et chaque milieu est un petit monde en soi, une sous-culture avec des règles du jeu légèrement différentes.” Il suffit de s’y intéresser pour apprendre ces règles. Les nombreux ouvrages en consultation dans la dernière salle de l’exposition permettent d’achever tranquillement ce voyage au pays de Diane, dont on ne sort pas indemne.
Diane Arbus, exposition du Jeu de Paume (1, place de la Concorde, Paris VIIIe), du 18 octobre 2011 au 5 février 2012. Fermé le lundi, nocturne le mardi. Plein tarif : 8,50 €.
