Hypothermie, Arnaldur Indridason
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Revanche. Dans La Rivière noire, le dernier roman d’Indridason que j’ai lu, Elinborg et Sigurdur Oli avaient la vedette, puisque leur chef était parti sur les traces de son passé. Cette fois, le commissaire Erlendur est de retour, et c’est lui, et lui seul, qui mène la barque.
De barque, il est question, justement, dans une affaire qui remonte à plusieurs dizaines d’années. Alors qu’elle était petite fille, Maria a vu son père se noyer presque sous ses yeux : il est tombé de son embarcation dans le lac glacé, qui l’a rapidement englouti. Depuis la rive, la fillette et sa mère ont assisté, impuissantes, au drame. Trente ans plus tard, et deux ans après le décès de sa mère – dont elle était très proche – Maria se pend. Erlendur décide d’enquêter sur cette affaire, même si la thèse du suicide paraît plausible compte tenu du profil dépressif de la malheureuse.
Disparitions anciennes. Dans ce nouvel opus des aventures du policier islandais, il est beaucoup question de fantômes. Erlendur s’intéresse, parfois fortuitement, à plusieurs personnes disparues depuis longtemps. L’une d’entre elles n’est autre que son jeune frère, emporté par une tempête de neige alors qu’il avait dix ans. Le commissaire avait lui-même frôlé la mort ce jour-là. Il ne cesse de penser à son cadet et va même jusqu’à lire le récit dédié par Dagbjartur Audunsson, Tragédie sur la lande d’Eskifjardarheidi (ouf !), à sa fille Eva Lind. Elle aussi cherche à reconstruire son passé : elle tient absolument à ce que son père rencontre sa mère, même s’ils ne se sont pas parlé depuis vingt ans.
Bonhomme de chemin. Erlendur démêle patiemment l’écheveau d’indices et de vieux témoignages dont il dispose. Il n’a aucune pression sur les épaules puisqu’il mène une enquête officieuse sans que son chef ou ses collaborateurs ne soient au courant de ses activités. Médium, morts ressuscités, fausses pistes et vrais mensonges, la route est longue avant d’arriver à la conclusion d’Hypothermie, qui devrait dégeler les cœurs les plus durs.
Ed. Points, mai 2011, 319 p.
