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La Couleur des Sentiments (The Help), Tate Taylor

26 octobre 2011

La couleur des sentiments Nous avons été nombreux à lire le roman éponyme de Kathryn Stockett l’an dernier : plus de 360 000 exemplaires vendus en France, un vrai succès de librairie… Mérité, qui plus est. Aujourd’hui sort l’adaptation cinématographique de cette magnifique histoire, que je résume en quelques mots pour les distraits qui seraient passés à côté (sinon, sautez le prochain paragraphe).

Jackson est une petite ville du Mississipi où les lois raciales sont appliquées à la lettre, au début des années 1960. Les femmes blanches ont des bonnes “de couleur”, comme on les appelle à l’époque, qui sont des afro-américaines. Ces employées sont non seulement chargées du ménage et de la cuisine, mais aussi d’élever les enfants, leurs patronnes ayant mieux à faire… Jouer au bridge, par exemple. A la demande pressante d’une jeune journaliste blanche prénommée Skeeter, et dans le plus grand secret pour ne pas risquer de fortes représailles de leurs patronnes, les bonnes vont raconter leurs histoires : la façon dont elles sont traitées, les enfants qu’elles ont élevés, les anecdotes – bonnes ou mauvaises – qui les ont marquées… Naturellement, lorsque le livre Les Bonnes (The Help) paraît, cela fait beaucoup de bruit à Jackson.

Condenser un roman aussi foisonnant que La Couleur des sentiments dans un film, le défi était de taille ! Même s’il manque des détails, le résultat est plutôt fidèle. Il faut dire que le réalisateur Tate Taylor est un ami d’enfance de Kathryn Stockett, il avait donc plutôt intérêt à ce qu’elle soit satisfaite du résultat ! Il a d’ailleurs tenu à tourner dans une petite ville du Mississipi, et les décors sont fidèles à ce qu’ils ont connu tous deux dans leur enfance. Un gros travail a été fait aussi sur les costumes (on se voit mal s’habiller ainsi aujourd’hui) et même les recettes de cuisine (nombreuses, mangez avant la séance) que l’on voit étaient des plats typiques de l’époque dans cette région.

Tout cela étant campé, passons aux personnages. Pour ma part, j’ai trouvé Octavia Spencer en Minny absolument parfaite. Cette femme a vraiment un caractère bien trempé et on aimerait l’avoir comme copine, prête à sortir ses griffes en toutes circonstances ! Justement, sa meilleure amie, Aibileen, est jouée par Viola Davis, une actrice toute en retenue, et qui réussit pourtant à nous faire sourire et pleurer (bah oui, j’avoue, j’y suis allée de ma petite larme… mais je n’étais pas la seule, ça reniflait discrètement dans la salle !). Enfin, pour ne parler que des principales, Emma Stone est une très agréable Skeeter, fraîche, jolie et intelligente… A se demander pourquoi elle ne trouve pas de mari, comme dit sa pauvre mère ! Et naturellement, tout le monde a un bel accent du Sud (des Etats-Unis, s’entend !).

Je suis sortie émue du cinéma avec l’impression d’avoir retrouvé des personnages quittés à regret l’an dernier dans le livre… que j’ai maintenant envie de relire, pour retrouver les passages qui n’ont pas pu être intégrés au film ! Filez donc au cinéma, pendant ce temps, et n’oubliez pas :

“You is kind, you is smart, you is important !”

Bonus : recettes de cocktails à choisir selon votre tempérament :

Le “Minny” : fort, un vrai coup de fouet
1. Mélanger dans un shaker glacé pendant 10 secondes : 60 ml de vodka à la vanille, 30 ml de Cointreau, 2 traits de jus de citron, 1 trait de sirop simple.
2. Recouvrir de glace pilée.

Le “Aibileen” : subtil, onctueux et fort
1. Verser dans un shaker avec de la glace : 15 ml d’amaretto, 45 ml de Kahlua et 15 ml de crème.
2. Bien secouer.
3. Filtrer et verser dans un verre tumbler rempli de glace.

Ces recettes ainsi que leur version sans alcool, et ceux des autres personnages sont sur le site AllRecipes.com (il y a aussi celles de la tarte aux noix de pécan, du gâteau à l’ananas et de la tarte aux myrtilles et au fromage frais, que je n’ai pas la place de retranscrire ici).

PS : l’abus d’alcool est dangereux pour la santé, comme vous le savez déjà !

La Couleurs des sentiments, film de Tate  Taylor, sortie le 26 octobre 2011. Durée : 2h20

Dans les pas d’Ariane, Françoise Bourdin

17 octobre 2011

Dans les pas d Ariane Il y a quelques mois de cela, je vous parlais du Testament d’Ariane. La seconde partie de ce récit vient de paraître. Dans les pas d’Ariane, nous retrouvons Anne Nogaro affairée à remettre en état la vieille demeure landaise dont elle a hérité de sa feue tante Ariane. Son plus jeune frère, Jérôme, le “mauvais garçon” de la fratrie, l’aide pour les plus gros travaux. Ils ont pour projet de transformer la bâtisse en chambres d’hôtes, sous l’œil réprobateur du reste de la famille.

Il faut dire qu’ils ne sont guère rigolos, les Nogaro. Le père d’Anne subit à la fois sa retraite de fonctionnaire et sa femme, une ancienne institutrice qui n’a pas l’air de porter sa fille cadette dans son cœur. Lily, la sœur aînée, meuble ses journées de femme au foyer de virées shopping et met un peu de piment dans sa vie désœuvrée en s’accordant quelques aventures extra-conjugales de-ci de-là. Seuls Valère, photographe de profession, et sa femme japonaise Suki, qui tient une boutique de fleurs, montrent leur affection à Anne l’encouragent dans ses projets. Cette dernière est très affairée, entre la maison à retaper, son activité de comptable (qu’elle conserve pour faire rentrer un peu d’argent) et ses préoccupations personnelles. Paul, son mari, l’a quittée, les résultats scolaires de leur fils Léo sont en baisse, et le journal intime de sa défunte tante Ariane contiennent des secrets de famille qui la bouleversent… Heureusement qu’Anne peut compter sur le soutien de Julien, le meilleur ami de son mari, qui se retrouve avec la clinique vétérinaire qu’ils dirigeaient ensemble sur les bras, puisque Paul a quitté les Landes du jour au lendemain.

A ce stade, vous vous demandez sans doute si cette suite tient ses promesses. Dans l’ensemble, je suis plutôt affirmative. L’histoire tient la route, on a notre content de petits événements, de tensions et de romance. On retrouve avec plaisir tous les personnages du Testament d’Ariane (à l’exception de l’agent immobilier dragueur), même si je trouve que Léo est beaucoup moins présent et qu’on ne sait pas à quel degré la séparation de ses parents l’affecte.

Quant aux défauts de ce récit, ils sont redondants avec ceux du premier tome. Trop de redites à mon goût, ou d’analyse de sentiments que le lecteur avait déjà compris. Quelques détails ne sont pas crédibles, à mon sens, comme le fait qu’Anne ne lise le journal de sa tante qu’à raison d’une page toute les quatre semaines (j’exagère à peine), sous prétexte qu’elle veut le faire durer et digérer les révélations qu’elle y trouve… Au contraire, si je tombais sur un journal intime contenant des secrets de famille, je suis certaine que je lirais tout d’une traite, qui à faire une nuit blanche !

De même, certains dialogues sonnent faux à mes oreilles, en raison de l’utilisation d’un vocabulaire démodé, pour ne pas dire périmé… Par exemple, quand Anne dit à son frère Jérôme, en parlant de Léo : “Pourquoi l’asticotes-tu ?” (expression qui me semble peu naturelle dans la bouche d’une trentenaire, surtout sous cette forme interrogative) ou que le petit ami de Jérôme parle de ses parents : “Quand les miens ont compris que j’étais gay, ils m’ont flanqué dehors” (j’aurais mis “fichu” ou “foutu”… “flanqué” est vraiment trop désuet pour être employé).

Hormis es quelques réserves, Dans les pas d’Ariane se lit facilement et satisfera le petit côté fleur bleue qui couve en chaque lectrice (si, si, même toi, là, cherche bien !).

Ed. Belfond, oct. 2011, 325 p.

Drive, Nicolas Winding Refn

16 octobre 2011

Le blouson qui rend jaloux Je ne vais point m’appesantir sur le sujet. J’ai beaucoup aimé Drive, film d’action du réalisateur danois Nicolas Winding Refn, qui a reçu le prix de la mise en scène au dernier Festival de Cannes. Qu’est-ce qui m’a séduite ? De l’action et de l’hémoglobine, oui, mais surtout des sentiments suggérés, des jeux de regards et des silences qui en disent long. Bon, et, il faut bien l’avouer, l’acteur canadien 100 % bogossitude Ryan (Thomas) Gosling, qui a pour seul principal d’être né en 1980 (ce qui me fait prendre un coup de vieux, mais je m’en remettrai, surtout si Ryan vient me consoler).

Christina Hendricks, la belle rousse flamboyante de la série Mad Men (je suis plongée dans la saison 2, hips !), fait également partie du casting.

Moi aussi je veux un câlin Chritina Hendricks

Enfin, la bande originale est très réussie. Elle a un petit côté années 80 qui me parle ! J’aime Nightcall de Kavinsky, qui lance le film, Tick of the Clock de Chromatics, et plusieurs autres titres composés sur mesure par Cliff Martinez (un ancien batteur du groupe Red Hot Chili Peppers). Quelques extraits ci-dessous :

Et en bonus, juste pour le plaisir, quelques photos de Ryan Gosling, plutôt taiseux dans Drive, mais qu’on retrouvera bientôt dans le film de George Clooney (Les Marches du pouvoir). Brun, chevelu, chapeauté, menaçant, nu, tatoué ou en train de faire des choses bizarres, quel homme ! Red heart

Brun Chapeauté

Chevelu Fait des choses bizarres

Menaçant Tatoué

Nu Console moi

Canon

Drive, sorti le 5 oct. 2011, durée : 1h40.

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