tamaculture

Chasseur d’infox : un nouveau métier

25 septembre 2011

Billy La rumeur est peut-être passée par vos oreilles : IKEA arrêterait de produire sa célèbre bibliothèque Billy, malgré son succès non démenti depuis 1979. Votre sang de lecteur compulsif anonyme (LCA) n’aura fait qu’un tour ! Comment ?! Mais où diable vais-je caser, dans mon deux-pièces-une-fenêtre-pas-de-cheminée, mes piles de bouquins, à l’avenir ? Sans compter le petit pincement au cœur dû à la nostalgie : “Ah ! Ma première Billy… j’étais étudiant(e) à X et il me fallait une bibliothèque qui tienne dans le placard à balai que je louais avec ma BFF (best friend forever – tiens, je me demande ce qu’elle est devenue, d’ailleurs)”…

Ce pavé dans mare avait été lancé par The Economist le 10 septembre, et largement repris dans la presse internationale. En effet, l’e-book connaît une croissance telle aux Etats-Unis que le magazine prédisait la mort du livre imprimé au bénéfice de son héritier électronique. Par conséquent, les bibliothèques traditionnelles seraient amenées à disparaître au profit de meubles plus profonds, destinés à accueillir des “beaux livres” ou autres encyclopédies au format encombrant. CQFD.

Or une semaine plus tard, IKEA démentait la rumeur par la bouche de son directeur des relations publiques, Marty Marston : We are not removing the original Billy.” Billy restera une bibliothèque “à livres” et non “à bibelots” comme l’imaginait The Economist. “Its number one purpose is to hold books. It is a bookcase and that’s how we describe it.”, confirme Marston.

Ouf ! Nous voilà soulagés d’un poids proportionnel à notre amour des livres de poche. Mais quel pouvoir, tout de même, que celui de la rumeur ! Elle en a toujours eu (vous aussi, vous avez longtemps cru que “les heures de sommeil avant minuit comptent double”, non ? Haha, allez donc voir tatoufaux), mais plus les technologies de l’information sont performantes, plus la rumeur enfle vite, se répand comme la gangrène avant même que son ou ses auteur(s) n’aient eu le temps de vérifier leurs dires…

factcheckingtechcrunch

FactCheckersUnit C’est justement là qu’est le problème : la vérification de l’information. Et pour pallier cette insuffisance, les médias commencent à réagir, dix ans après que des informaticiens  ont créé le premier site du genre, Hoaxbuster.com, en 2000. Libération, Le Monde ou Le Journal du Dimanche ont créé leur rubrique de “désintox”.

Une nouvelle spécialité du journalisme est même en train de naître : le “fact-checking” : une personne de la rédaction est spécifiquement chargée d’observer les rumeurs sur le Net, d’aller vérifier leur véracité (en remontant jusqu’à la source) et de dénoncer les intox.

Alors, chers LCA, si vous voulez évitez d’autres coups de sang à la Billy, vous savez ce qu’il vous reste à faire… à vos CV , prêts, partez !

NB : le port de l’uniforme n’est pas garanti à 100 %.

Sources : Le Monde du 23.09.11, latribune.fr, economist.com, Les inRocKuptibles n° 825 du 21.09.11

Concours de critiques littéraires

24 septembre 2011

Le site d’actualité littéraire
myboox.fr propose un concours de critiques : si notre plume (électronique) plaît aux internautes, on peut gagner « un an de lecture ».

Tout étant relatif, je suis allée vérifier dans le règlement du concours : un an de lecture correspond à la formulation « jusqu’à 48 livres »… autant dire que cela serait avalé en trois mois pour certains d’entre vous, si les envois n’étaient pas espacés ! ;-) ).

Si vous voulez avoir plus d’informations ou vous inscrire, je vous invite à cliquer ci-dessous.

Bonne chance !

Critique littéraire - le concours MyBOOX 2011

Et rester vivant, Jean-Philippe Blondel

18 septembre 2011

Blondel « Ça n’arrive jamais, ce genre de choses. Même dans les romans. Il y a une limite à l’indécence, quand même. Le romancier plonge son héros dans une tragédie, il ne va pas en rajouter une couche. Il est sur le point de rajouter un troisième décès, et puis il se reprend : « Ah non, honnêtement, c’est impossible, il faut que je trouve autre chose. »"

Jean-Philippe Blondel n’a pas le choix, lui. Alors, à vingt-deux ans, le narrateur de Et rester vivant se retrouve bel et bien orphelin. Il a perdu sa mère et son frère dans un accident de voiture, quand il avait dix-huit ans. C’est son père qui conduisait. Lui avait préféré prendre le train. Et là, alors qu’il était sur le point de se faire opérer des dents de sagesse, sa petite amie Laure et son meilleur ami Samuel débarquent à l’hôpital au milieu de la nuit pour lui annoncer la mort de son père. Ils ne se parlaient plus guère depuis le tragique accident, mais ça fait un choc, tout de même.

Il n’a plus d’attache, la vie devant lui. Il décide de partir à Morro Bay, Californie. Un endroit dont il ne connaît le nom qu’au travers de la chanson Rich de Lloyd Cole and the Commotions, qu’il écoute en boucle. Bien sûr, Laure, avec qui il sort depuis ses quinze ans, et Samuel, qu’il a rencontré au lycée, sont du voyage.

Au cours d’un road trip de plusieurs semaines, le jeune homme va avoir le temps de réfléchir à sa situation. Ses perspectives d’avenir ne sont pas réjouissantes, il se sent pris de lassitude. Mais un voyage est aussi fait de rencontres : Diana Blackley, à l’agence de location de voitures, et Rose qui tient le motel à l’entrée de Mojave, feront partie des personnes que l’on oublie pas.

C’est un périple intérieur autant qu’un voyage du bout du monde, que nous propose là Jean-Philippe Blondel. Récit aux phrases courtes, simples, comme pour ne pas compliquer davantage les choses. Comme dans Juke box, la musique accompagne ce roman intimiste et pourtant pudique. J’ai aimé le juste équilibre que l’auteur a su trouver, l’émotion qu’il m’a procurée sans pourtant déclencher la pitié. J’ai aimé retrouver le petit ours Michka. Et rester vivant est comme l’histoire de Michka : triste, mais belle… J’ai aimé, tout simplement.


Ed. Buchet Chastel, sept. 2011, 246 p.

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