Chasseur d’infox : un nouveau métier
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La rumeur est peut-être passée par vos oreilles : IKEA arrêterait de produire sa célèbre bibliothèque Billy, malgré son succès non démenti depuis 1979. Votre sang de lecteur compulsif anonyme (LCA) n’aura fait qu’un tour ! Comment ?! Mais où diable vais-je caser, dans mon deux-pièces-une-fenêtre-pas-de-cheminée, mes piles de bouquins, à l’avenir ? Sans compter le petit pincement au cœur dû à la nostalgie : “Ah ! Ma première Billy… j’étais étudiant(e) à X et il me fallait une bibliothèque qui tienne dans le placard à balai que je louais avec ma BFF (best friend forever – tiens, je me demande ce qu’elle est devenue, d’ailleurs)”…
Ce pavé dans mare avait été lancé par The Economist le 10 septembre, et largement repris dans la presse internationale. En effet, l’e-book connaît une croissance telle aux Etats-Unis que le magazine prédisait la mort du livre imprimé au bénéfice de son héritier électronique. Par conséquent, les bibliothèques traditionnelles seraient amenées à disparaître au profit de meubles plus profonds, destinés à accueillir des “beaux livres” ou autres encyclopédies au format encombrant. CQFD.
Or une semaine plus tard, IKEA démentait la rumeur par la bouche de son directeur des relations publiques, Marty Marston : “We are not removing the original Billy.” Billy restera une bibliothèque “à livres” et non “à bibelots” comme l’imaginait The Economist. “Its number one purpose is to hold books. It is a bookcase and that’s how we describe it.”, confirme Marston.
Ouf ! Nous voilà soulagés d’un poids proportionnel à notre amour des livres de poche. Mais quel pouvoir, tout de même, que celui de la rumeur ! Elle en a toujours eu (vous aussi, vous avez longtemps cru que “les heures de sommeil avant minuit comptent double”, non ? Haha, allez donc voir tatoufaux), mais plus les technologies de l’information sont performantes, plus la rumeur enfle vite, se répand comme la gangrène avant même que son ou ses auteur(s) n’aient eu le temps de vérifier leurs dires…
C’est justement là qu’est le problème : la vérification de l’information. Et pour pallier cette insuffisance, les médias commencent à réagir, dix ans après que des informaticiens ont créé le premier site du genre, Hoaxbuster.com, en 2000. Libération, Le Monde ou Le Journal du Dimanche ont créé leur rubrique de “désintox”.
Une nouvelle spécialité du journalisme est même en train de naître : le “fact-checking” : une personne de la rédaction est spécifiquement chargée d’observer les rumeurs sur le Net, d’aller vérifier leur véracité (en remontant jusqu’à la source) et de dénoncer les intox.
Alors, chers LCA, si vous voulez évitez d’autres coups de sang à la Billy, vous savez ce qu’il vous reste à faire… à vos CV , prêts, partez !
NB : le port de l’uniforme n’est pas garanti à 100 %.
Sources : Le Monde du 23.09.11, latribune.fr, economist.com, Les inRocKuptibles n° 825 du 21.09.11

