Le tailleur de pierre, Camilla Läckberg
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Cela fait un moment que ce polar traînait dans ma PAL, et pour cause : mon cher et tendre m’avait offert ce tome 3 des enquêtes d’Erica Falck alors que je n’avais pas lu le tome 2, Le Prédicateur (qu’il s’est par conséquent senti obligé de m’offrir au Noël suivant, héhé, je m’en sors finalement très bien
!).
Pour être honnête, Erica ne participe aucunement à cette nouvelle enquête : elle est accaparée par Maja, son nourrisson de deux mois, qui ne lui laisse pas une minute de répit, vu qu’elle réclame le sein toutes les deux heures et qu’elle ne parvient à s’endormir que collée contre sa mère. Ces scènes sentent le vécu (futures mamans, s’abstenir !) : pas étonnant, l’auteur a écrit ce livre alors qu’elle venait de mettre au monde son deuxième enfant !
C’est le compagnon d’Erica, Patrick Hedström, policier apprécié de la petite ville côtière de Fjällbacka, en Suède, qui est appelé par une froide journée de novembre lorsqu’un pêcheur ramène de ses casiers le corps d’une petite fille de sept ans. Elle est vite identifiée par Patrick : il s’agit de la fille de Charlotte, une nouvelle amie d’Erica, rencontrée lors de ballades de landau. Bien que tout laisse à croire qu’il s’agit d’une noyade accidentelle, les policiers vont interroger famille et voisins. Et lorsque le rapport du médecin légiste arrive, l’enquête prend une nouvelle tournure : l’enfant a été noyée dans une baignoire et a ingéré de force une substance étrange… Patrick va devoir résoudre ce crime sordide, tout en épaulant sa femme épuisée et légèrement déprimée (surtout quand sa belle-mère débarque pour “l’aider”, spéciale dédicace à ma copine qui se reconnaîtra !
).
Parallèlement à cette enquête actuelle s’intercalent des chapitres de la vie d’Agnès, une jeune fille de bonne fille et pleine d’avenir, en cette année 1923. Elle vit avec son père, qu’elle mène par le bout du nez, et aime jouer de son physique avantageux pour faire tourner la tête des hommes. Cet hiver-là, elle décide de séduire un homme viril et fort, tailleur de pierre de son métier. Son destin va en être complètement chamboulé…
J’ai eu grand plaisir à retrouver les habitants de Fjällbacka, qui commencent à m’être familiers. L’histoire est particulièrement prenante parce qu’elle mêle bribes du passé, vie privée de l’enquêteur, et une très forte dose de psychologie (le cerveau humain est sans limite, c’en est parfois effrayant). La petite touche de romantisme n’est pas absente, et le final vous fait crier de frustration : “ah non, ça ne peut pas s’arrêter là !”… Par bonheur, la suite a paru en janvier dernier, il ne me reste plus qu’à trouver un stratagème habile du genre : “Chéri, j’ai adoré le livre que tu m’as offert… Mais là, il s’arrête en plein suspense, c’est affreux… si seulement quelqu’un pouvait mettre fin à mes souffrances en m’offrant L’Oiseau de mauvais augure….” ![]()
Ed. Actes Sud, oct. 2009, 477 p.
