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Les imperfectionnistes, Tom Rachman

29 juin 2011

Les imperfectionnistes Han ! Je n’aurais pas dû lire la quatrième de couverture. Non qu’elle révèle tout le contenu du roman ou qu’elle soit trop vague pour qu’on en pense quoi que ce soit… Au contraire, cette quatrième est excellente (j’en félicite l’auteur au passage). Et je viens de la lire, après avoir fini le roman.

Et là, je ne sais plus quoi dire sans plagier ou avoir l’air “plate”, comme diraient Ceux-qui-habitaient-de-l’autre-côté-de-l’Atlantique-mais-au-Nord.

Alors je vous propose une option, selon votre profil :

1 /  “Une 4ème de couv bien faite ? Miam, voyons voir ce que ça donne !” (vous avez une majorité de Red heart : vous êtes un lecteur confiant et enthousiaste) :

Ils sont pathétiques, ils sont incompétents, ils sont harcelés par le destin – bref, ils sont irrésistibles. Ces éternels abonnés à l’infortune ont tous en commun de graviter autour d’un anonyme et farfelu journal international basé à Rome.
Sous la houlette du très incapable directeur de la publication Oliver Ott, petit-fils de l’énigmatique fondateur du quotidien, il y a entre autres Lloyd Burko, vieux correspondant à Paris, au bout du rouleau et prêt à tout pour vendre un article ; Arthur Gopal, le préposé aux nécrologies et aux mots croisés, frappé par une tragédie familiale qui va donner un ironique coup d’accélérateur à sa carrière ; Winston Cheung, pigiste débutant au Caire, vampirisé par un reporter sans foi ni loi ; Ruby Zaga, la vieille fille persuadée (à raison) d’être la paria de la rédaction ; ou encore Ornella de Monterrecchi, lectrice un peu trop scrupuleuse à qui sa fidélité exhaustive a coûté vingt ans de retard sur l’actualité…
Roman choral magistralement orchestré, Les Imperfectionnistes raconte, en onze histoires croisées, les mésaventures hilarantes de ces « chiens écrasés » de l’existence, dressant au passage, avec une acuité redoutable, la fresque d’un demi-siècle dans les coulisses de l’univers médiatique, de son âge d’or à son crépuscule
.”

2 / “Non mais elle se fiche de nous, là ? Si elle croit que je vais me taper une 4ème de couv alors que je déteste les lire… Et puis, elle pourrait un peu se fouler, cette Tamara… C’est pas comme si elle nous pondait un article quotidien !” (vous avez une majorité de Vampire Bat, vous êtes un lecteur exigeant et [râleur] perspicace (et je vous aime quand même)) :

Les Imperfectionnistes est une fresque de la presse écrite dépeinte au travers d’un quotidien italien tourné vers l’international. Admirablement construit, le roman alterne les débuts du journal, dans les années 1950, à son déclin, cinquante ans plus tard. Trois générations ont suffi pour lancer un titre – qui a tiré à 25.000 exemplaires les années fastes – et pour le détruire à petit feu. A travers les portraits de onze protagonistes, directeur de la publication, rédacteur en chef, journaliste, secrétaire de rédaction, pigiste, lectrice même…), c’est toute une époque qui est mise en scène. Pas de happy end, donc, mais des gens véritables, avec les imperfections de chacun et les mesquineries dont ils sont capables, les rancœurs, les regrets, mais aussi les moments de fierté et de réussite.

Cela pourrait être déprimant, c’est touchant, voire drôle. De sa plume magique, l’Américain Tom Rachman a doté ses personnages de la dose parfaite d’humanité, qui les fait vivre dans le cœur du lecteur comme s’ils avaient existé. Si en plus, comme moi, le monde de la presse vous attire ou vous intrigue, inutile d’hésiter davantage !

Les avis de : Amanda, Cuné  (je ne sais plus qui remercier pour le prêt, alors je fais un remerciement collectif qui comprend Fashion et Caro[line] dont je n’ai pas trouvé de billet bien qu’elles ont lu ce roman : thanx, girls ! Open-mouthed )

Ed. Grasset, fév. 2011, 400 p.

Palimpseste, Charles Stross

28 juin 2011

Palimpseste Palimpseste (nom masc.) : manuscrit ancien dont on a gratté l’écriture pour écrire à nouveau sur le parchemin.

Palimpseste : roman de Charles Stross dans lequel l’humanité court à sa perte. Une organisation, la Stase, a été créée pour réécrire certains points de l’Histoire. En voyageant dans le temps grâce à des portails spatiaux-temporels, une poignée d’hommes s’efforce de modifier certains événements du passé qui ont conduit à la destruction de leur monde, dans le but de prolonger l’histoire des Hommes.

Mais lorsque l’agent Pierce est un jour victime d’un palimpseste – ce fameux point d’histoire réécrit avec plusieurs intentions différentes – il réalise que la Stase, comme beaucoup d’organisations, s’est focalisée sur sa propre existence, ce qui l’a conduit à des dysfonctionnements et à des luttes intestines.

Exploitant un thème classique, celui des voyages temporels, Palimpseste n’est pas sans rappeler L’effet papillon. Mais alors que dans ce dernier, les conséquences d’une occurrence portaient sur un individu, Charles Stross ajoute dans son roman la touche organisationnelle, dont les effets sont démultipliés, un peu à la Brazil de Terry Gilliam.

Palimpseste oscille entre longue nouvelle et roman court, ce qui est plutôt agréable pour un roman de science-fiction : ça se lit vite ! La contrepartie, évidemment, est qu’on reste un peu sur sa faim. L’auteur pose un système, définit efficacement ses personnages, arrose le tout d’un peu d’action, mais certains moments sont trop abscons et cinquante pages de plus pour clarifier certains points un peu flous ou rendre la trame plus forte auraient été bien accueillies.

Le style de Stross est agréable et fluide, même s’il se complaît dans des néologismes qui ne servent pas forcement l’histoire – contrairement à la Horde du contrevent (Alain Damasio), dans lequel le vocabulaire très particulier dessert vraiment le récit.

Un moment savoureux : lorsque la bibliothèque de l’Histoire de l’humanité et des non-histoires s’avère en fait être une planète…

Special thanks : à Mister T., mon lecteur surprise, qui a raconté ce roman à travers mes mots !

Ed. J’ai Lu (Nouveaux Millénaires), juin 2011, 158 p.

Dieu merci, je suis amoureuse, Rosita Celentano

22 juin 2011

dieu merci je suis amoureuse HA, HA, HA. Cela faisait longtemps que je n’avais pas autant ri. Qu’une femme, trompée par un homme, veuille exorciser la douleur en racontant son histoire dans un livre, c’est tout à fait respectable. Qu’elle aligne clichés (“La souffrance épouvante (p. 81)) et idées préconçues, passe encore. Qu’elle mêle Dieu à tout ça (le pauvre, il n’en demandait pas tant), je peux le comprendre : elle est italienne et fortement imprégnée de catholicisme. Mais que son introspection la conduise à conclure que si un homme trompe sa femme (ou assimilée), c’est de la faute de toutes ces sal**es qui l’ont allumé, lui, pauvre victime de ses hormones, c’est le Lion d’or du ridicule !

Et quel style, chers amis, quel style !Jouer au dur donne l’impression d’être dur. Et pis encore, de faire voir au monde entier qu’on est intransigeant et dur. Montrer qu’on est capable de punir pour se faire respecter… mais c’est quoi, cette attitude à la con ? Ca mène où en réalité ?”) (p. 32)

Je ne sais pas si le message vous paraît clair : nous, notre vie de couple, nos relations sentimentales, sommes exactement ce que n’Etait PAS le fer à repasser de notre grand-mère… nous sommes précaires et provisoires !” (p. 42)

(Si, si, Rosita, tu es très claire, nous sommes des fers à repasser jetables ! Mais pourquoi ce E majuscule suivi d’un PAS ? Tes mystères sont impénétrables…)

Moi, à quarante-quatre ans, j’ai déjà vu passer deux fers à repasser […] et c’est un phénomène dont je souffre. Moi aussi, je veux arriver jusqu’aux noces d’or… il faudra vivre plus longtemps, mais si je trouve l’homme qu’il me faut, on pourra essayer !”

(et toi, Chère Lectrice, combien de fers à repasser as-tu vus passer ? (attention, le fer de Barbie ne compte pas))

Et comme je sais que vous en redemandez, quelques morceaux choisis (je ne m’en lasse pas !), en espérant que vous me pardonnerez ce billet qui ressemble à un mauvais commentaire de texte (que voulez-vous, c’est de saison !) :

D’ailleurs, si nous sommes, nous les femmes, hystériques avant notre cycle, les hommes perdent les pédales s’ils ne peuvent pas “évacuer”… Donc, on peut dire qu’eux aussi ont leur “cycle”. (p. 24)

(n’est-ce pas merveilleux, chères bloggeuses, d’apprendre grâce à Rosita Celentano que nous sommes régulièrement hystériques ? Personnellement, je ne m’en étais jamais aperçue ! Grognon ou migraineuse, oui, mais hystérique ! voilà qui m’ouvre de nouvelles perspectives !)

La vérité, c’est que les hommes se “consument” à force de coucher à tort et à travers, et malheureusement, de nos jours, beaucoup de femmes en font autant. En ce qui me concerne, ce ne sont pas des femmes, mais plutôt des “femelles”…” (p. 25)

(si c’est la vérité, alors… Résumons : les femmes qui ont des aventures fréquentes sont donc des femelles hystériques !)

Les nouvelles femmes sont froides, cyniques, calculatrices, mesurées, dénuées de personnalité et de chaleur maternelle ; elles s’habillent comme les hommes et cette habitude d’être toujours en pantalon me fait l’effet d’une manière de refuser les gestes et les postures qui nous sont propres.” (p. 28)

(AU SECOURS ! Mais, les filles, nous sommes donc des monstres ! Faites un effort, merde, mettez-vous en jupe demain, telles nos ancêtres les Gauloises, acceptez donc les “postures qui nous sont propres” !)

J’ai bien peur que les mères des années 1960 ne soient un peu responsables de cet état de choses” (p. 29)

(OUF ! C’est la faute de nos (grands)-mères !)

Dorénavant, je veux un homme qui me protège du monde, comme je le protégerais”.

(Rosita, il ne faut pas rester dans cet état, je t’envoie de ce pas par mail perso les 06 de Superman, Wolverine et Casimir)

ATTENTION, petit passage philosophique : “Je ne suis presque jamais “contre” quoi ou qui que ce soit, au départ, je suis toujours favorable : je crois dur comme fer qu’il vaut mieux “prévenir” que “guérir” !” (p. 43)

(si quelqu’un a compris le rapport entre les deux parties de la phrase, qu’il développe son analyse dans un commentaire, merci pour le commun des mortels)

Si les cornes surviennent quelques mois après le début d’une relation, il s’agit d’un cas pathologique. Au contraire, si c’est après quelques années de vie commune, peut-être s’agit-il d’une période de tension particulière, pour des raisons professionnelles, ou bien d’un coup de mou dans les relations, dans ce cas ça peut aller”.

(merci, Docteur, je vous dois combien ?)

Je me rappelle qu’à force d’éplucher les petits journaux porno et d’écouter les premiers récits d’expériences sexuelles, j’ai commencé à me faire une idée de plus en plus claire de ce que devait être la femme idéale pour un homme : avant tout, elle devait être FEMME.” (p. 70)

(AH ! Enfin une vraie solution au problème. Si notre homme nous trompe, c’est parce qu’en réalité, on n’est pas une femme. CQFD.)

J’imagine bien que vous pataugez, à présent, pour tenter d’assimiler le concept” (p. 70)

(euh… comment te dire, Rosita ? Ta pensée est trop profonde pour moi, je n’arrive plus à te suivre dans les méandres de ton cerveau de FEMME).

Donc, s’ils gardent toujours ce côté marmot, c’est comme quand leur maman les trouve avec les doigts dans le pot de confiture ; si nous les femmes/mamans, nous ne la cachons pas bien cette foutue confiture, ils sauront toujours la trouver, ils seront incapables de résister et ils succomberont. […] Voilà, vous avez compris que pour les hommes le plumard, c’est la confiture.” (p. 76)

(Femmes, cachons nos lits, sinon l’appel de la couette sera plus fort !)

Et comme j’ai déjà eu l’occasion de l’affirmer, je n’ai aucune estime pour les femmes modernes, faciles à culbuter et superficielles, justement parce qu’elles ont perdu leur sentiment maternel, leur faculté de se maîtriser et leur loyauté”. (p. 77)

(Bienvenue à Clichéland. Et vive le féminisme !).

Toutes les bonnes choses ont une fin, les amis… j’achèverai par conséquent ce billet par une Vérité Vraie de Rosita (peut-être la seule que je lui reconnaisse sans hésiter) : “Maintenant que me voici arrivée au bout de mes quelques pages de gribouillis…” (p. 111).

Voilà, Rosita, tu le dis toi-même : était-il vraiment nécessaire de publier ton journal intime ? De traiter de sal**es les jeunes femmes qui ont des aventures avec des hommes mariés, ces pauvres agneaux innocents ? De fustiger les femmes qui portent des pantalons, peut-être par goût personnel, ou bien parce qu’elles ont des complexes qui trouvent probablement leur origine dans les dictats de la mode (ou parce qu’aucun magasin ne propose des fuc*in jeans en longueur 36) ? (et petite coquine, même si tu as l’air bien sage sur la couverture de ton livre, il suffit de te googleliser pour te voir en string ou en décolleté plongeant… mais bien sûr, rien à voir avec ces vilaines filles qui allument les mecs !).

Personnellement, je ne pense pas. Mais merci de m’avoir fait rire, ça m’a fait le plus grand bien !

Bonus : la couverture de ce même ouvrage publié en Italie, sous le titre Grâce à Dieu, j’ai été cocue !… No comment.

version italienne

Ed. Pascal Galodé, mai 2011, 118 p.

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