La solitude des nombres premiers, Paolo Giordano
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Lorsqu’elle était petite, son père obligeait Alice à prendre des leçons de ski. Elle détestait ça. Un jour, elle s’est carrément fait dessus et, voulant cacher cet accident honteux, s’est perdue et sérieusement blessée à la jambe. On l’a retrouvée enfouie dans la neige, en vie, mais elle boitera toute sa vie.
Mattia, lui, avait une sœur jumelle, Michela. Elle était un peu attardée, et les enfants se moquaient d’elle. Alors, pour une fois qu’un copain invitait Mattia à son anniversaire, il n’a pas voulu y emmener sa sœur, comme sa mère le lui avait demandé, et il la laissa dans un parc, pensant venir la récupérer une ou deux heures plus tard. Mais Michela demeura introuvable et Mattia grandit seul.
Les destins d’Alice et de Mattia se croisent lorsque ce dernier, élève surdoué, rejoint le lycée d’Alice. Ces deux solitaires parviennent à s’apprivoiser. Tous deux gardent des séquelles de leur enfance : Alice boîte mais elle est surtout anorexique, Mattia, lui, se punit depuis des années en se scarifiant les mains. Ensemble, ils affronteront l’adolescence et ses questionnements existentiels.
La solitude des nombres premiers met en scène ces deux âmes traumatisées, qui ont vécu leur jeunesse entourée d’un fort sentiment de culpabilité : des parents d’Alice à son égard, et de Mattia vis-à-vis de ses parents. Leur amitié les aidera-t-elle à passer à autre chose ? Sont-ils fait l’un pour l’autre ? Comment vivre avec les blessures indélébiles du passé ? Ce sont quelques uns des thèmes abordés dans ce roman qui se déroule sur plus de vingt ans. Une lecture qui aurait pu me plaire davantage si j’avais réussi à m’attacher à ces deux jeunes gens, mais je crains d’avoir manqué d’empathie. Il faut dire que l’auteur instaure une certaine distance avec le lecteur en ne le laissant pas pénétrer dans les pensées de ses personnages. Malgré tout, ce premier roman, qui a révélé Paolo Giordano en Italie, parvient à nous faire ressentir les affres de l’adolescence et ne tombe pas dans la facilité d’une romance à deux sous.
Les avis de : Aifelle, Cathulu, Cuné, Yueyin.
Ed. Seuil, mars 2009, 328 p.
