tamaculture

Totally Killer, Greg Olear

29 mars 2011

couv yaak éxé New York, 1991. Une année charnière, selon Todd Lander. Economiquement difficile (les jeunes diplômés peinent à trouver du boulot, et je ne parle meme pas d’un boulot intéressant), politiquement incompréhensible (seul George Bush sait pourquoi il faut intervenir en Irak), et musicalement révolutionnaire (le grunge ayant mis fin à des années de disco/pop au synthé dont on avait fini par se lasser, surtout visuellement parlant).

Lorsque sa petite amie le quitte, Todd doit vite retrouver un colocataire pour continuer à payer le loyer de son petit appartement de l’East Side. Un collègue avec qui il s’envoie parfois quelques bières lui présente Taylor Schmidt, fraîchement débarquée du Missouri, son diplôme universitaire en poche. Taylor est ce type de fille jolie sans être parfaite, mais qui dégage un sex appeal incroyable. Todd en tombe immédiatement amoureux, tout en optant pour la stratégie "tu ne me fais aucun effet", espérant ainsi attirer l’attention de sa nouvelle coloc’ (qui à l’âge de vingt-trois ans, compte déjà 74 amants sur sa liste).

Durant cet été caniculaire dans la Big Apple, Taylor se met à chercher du boulot. Internet étant loin d’être ce qu’il est aujourd’hui, elle fait la tournée des agences de recrutement, qui lui font passer les mêmes tests dénués d’intérêt avant de la renvoyer sans plus de cérémonie. Puis, Taylor tombe sur une publicité dans sa boîte aux lettres pour "Quid Pro Quo". Cette agence est totalement différente des autres : elle promet que vous obtiendrez le job de vos rêves, en échange d’un remboursement un peu particulier. Il suffit à Taylor d’une réunion d’information présentée par Asher Krug pour a) être convaincue de tenter sa chance et b) d’être inexorablement attirée par le charisme, la beauté et l’assurance d’Asher Krug. C’est ce qui créera sa perte, comme nous l’apprenons dans ce récit, dont le narrateur n’est autre que Todd.

Ce roman est une sorte de thriller à rebours, rédigé dix-huit ans après les faits. Todd nous apprend dès la première page que Taylor ne fêtera jamais son vingt-quatrième anniversaire, et qu’il est à peu près le seul à savoir ce qu’il s’est passé en 1991. Mais en lisant son récit, on est plongé dans l’ambiance de l’époque grâce à de nombreuses références culturelles (dont la majorité, très new yorkaises, ne m’étaient pas familières, mais cela ne m’a guère gênée à la lecture) et on croise la route de toutes sortes de personnages excentriques, dont plusieurs seront victimes de ce qu’on peut appeler la fameuse hécatombe de personnages secondaires…

Ce qui m’a plu, outre l’originalité du récit, c’est le style de l’auteur, qui use d’un ton à la fois familier et d’un humour noir auxquels je suis sensible (à certains moments, il m’a fait penser à Stephen King). Oui, Greg Olear sait raconter une histoire – et l’on se fiche qu’elle soit invraisemblable ou que certains points secondaires restent sans réponse (on ne saura jamais, par exemple, d’où provient cette haine d’Asher Krug pour les baby-boomers) – et ce premier roman, qui dormait depuis longtemps dans ses tiroirs, est à découvrir !

Par ailleurs, l’auteur est fort sympathique et je suis ravie d’avoir pu le rencontrer (merci aux éditions Gallmeister). Maintenant, je n’ai plus qu’à attendre que son second roman, Fathermucker, soit traduit (il s’agit de l’histoire d’un père au foyer fort traumatisé d’apprendre que sa femme le trompe lors de ses voyages "d’affaires"… je me demande bien comment l’esprit tortueux de Greg Olear aura traité ce sujet… avec humour, sans doute !).

Les avis de : Stephie ; Emeraude ; Amanda

Ed. Gallmeister, fév. 2011, 300 p.

Jeu concours “Tous les soleils”

26 mars 2011

tirage Voici les résultats du jeu concours lancé jeudi 24 mars. A la question “Quel est le titre du précédent long métrage de Philippe Claudel ?”, il fallait répondre “Il y a longtemps que je t’aime”, un très beau film dramatique.

D’abord, je tiens à remercier tous les participants d’avoir tenté leur chance, d’autant que tout le monde avait la bonne réponse (en partie grâce à la délicieuse Perrette qui a donné la réponse dans les commentaires au lieu de jouer par email Open-mouthed mais on lui pardonne, parce que c’est Perrette !).

Et j’ai la joie d’annoncer le nom des heureuses gagnantes tirées au sort (il y avait pourtant une participation masculine !) :

Amanda

Mo

Nanou

Saxaoul

Stephie

Bravo, les filles ! Vous recevrez prochainement une invitation pour 2 personnes valables dans tous les cinémas de métropole pour aller voir “Tous les soleils”, le nouveau film de Philippe Claudel. Envoyez-moi vite votre adresse par email !

BON WEEK-END A TOUS !

Tous les soleils, Philippe Claudel

24 mars 2011

Tous les soleils Comme tout le monde l’aura remarqué, le Printemps nouveau est arrivé… et avec lui, le nouveau Claudel,  sous sa casquette de scénariste-dialoguiste-réalisateur.

Dans Tous les soleils, on trouve dans le désordre : deux frères italiens (avec l’accent, s’il vous plaît) , de la musique (baroque, la musique), un appartement strasbourgeois (désordonné, l’appart), des livres (en tous genres, les livres ! Il se pourrait bien qu’un “Passion intense” se soit glissé dans le scénario…), des amours naissantes (adolescentes, mais pas seulement), du vin (si vous n’aimez pas ça, merci d’aller voir ailleurs si on y est), des lumières douces… et du soleil, bien sûr.

Tout ça fleure bon le printemps, un vent léger souffle sur notre visage lorsqu’Alessandro, le papa, dévale les rues de Strasbourg sur son Solex pour rejoindre la fac où il enseigne l’histoire de la musique baroque. On sent la bonne odeur de la cuisine italienne de Luigi, son frère, qui squatte chez lui depuis que Berlusconi a été élu en Italie, et qui refuse de parler italien tant qu’il n’aura pas quitté le pouvoir. Dans cet univers masculin, Irina, la fille d’Alessandro, étouffe un peu… Il faut dire qu’à quinze ans, il est temps qu’elle s’émancipe un peu de ce papa gâteau qui la surprotège depuis la disparition de sa mère, alors qu’elle n’avait que quelques mois.

Et puis, on se cultive à travers la littérature, les chants, la peinture, la musique…

Si le scénario aborde des sujets graves tels que l’absence, le deuil, la fin de vie, Tous les soleils n’en est pas moins une comédie familiale tantôt légère, très souvent drôle, aux dialogues percutants, saupoudrée d’un brin de folie et de moments de grâce… dont on ressort plein d’émotion (comme pour son premier film… à se demander si le second prénom de Philippe Claudel ne serait pas Kleenex (oups, pardon “mouchoir en papier”) !).

Les deux acteurs italiens, très connus dans la Botte, sont formidables (Stefano Accorsi joue Alessandro ; Neri Marcoré joue Luigi), la jeune Lisa Cipriani (Irina) est parfaitement crédible dans son rôle d’adolescente, et c’est avec plaisir que l’on retrouve les comédiennes Clotilde Courau et Anouk Aimée, rares sur les écrans ces derniers temps. Et j’attribue une mention spéciale à la factrice, qui m’a beaucoup plu !

Un film à voir, si, si, ça vous fera du bien… et d’ailleurs, ça tombe extrêmement bien, je vous propose un petit :

JEU CONCOURS en partenariat avec UGC et Ogilvy PR

Pour gagner une invitation pour deux personnes pour Tous les soleils (qui sortira le 30 mars), valable dans tous les cinémas de la métropole, répondez à la question suivante en m’envoyant un email à natamara.007[ at ]gmail.com avant le vendredi 25 mars 2011 à 20h :

Quel est le titre du précédent long métrage de Philippe Claudel ?” (pour vous aider, la réponse s’est glissée subrepticement sous la forme d’un lien caché dans ce billet).

Les cinq gagnants seront tirés au sort par une main innocente et les résultats proclamés samedi 26 mars dans ce salon.

Merci de votre participation et que les plus chanceux gagnent ! Good luck

Ah, et sinon, Philippe Claudel, qui était présent à la fin de la projection de l’avant-première, est toujours aussi… captivant ? chou ? généreux ? charmant ? merveilleux ? euh oui, bon, enfin, un peut tout ça, quoi ! En tant que réalisateur, il veut découvrir chaque “grammaire cinématographique”, et donc, après le drame et la comédie, son troisième film sera encore d’un autre genre (je croise les doigts pour qu’il fasse un polar… miam)… J’ai hâte !

Special thanks : à Samantha, pour cette chouette rencontre !

Tous les soleils, réalisé par Philippe Claudel, sortie le 30 mars 2011, durée : 1h30.

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