Le voyage dans le passé, Stefan Zweig
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Texte inédit (jusqu’en 2008, dans son texte intégral traduit en français) parce que longtemps restée incomplet, avant qu’un éditeur ne retrouve un certain tapuscrit, Le voyage dans le passé est une histoire d’amour qui reste inachevée, elle aussi.
Louis, un jeune professeur de chimie, pauvre mais brillant, travaille auprès du Conseiller, directeur d’une usine à Francfort. Celui-ci se fait vieux et malade, et prie le jeune homme de venir travailler à son domicile en tant que secrétaire particulier, de manière à ce qu’il lui confie ses affaires les plus délicates. Rapidement, le secrétaire gagne toute la confiance de son patron, qui lui demande, au bout d’un certain temps, d’aller régler une transaction difficile au Mexique. La durée de son absence est estimée à deux ans. Oui, mais voilà, entre temps, le jeune homme est tombé amoureux de l’épouse de son patron. C’est une femme intelligente, serviable, aux traits agréables, qui, lorsqu’elle apprend le départ de Louis, se met à trembler d’effroi : les sentiments du jeune homme sont réciproques, et ils n’ont que le temps de s’embrasser dans les recoins avant le jour de la séparation. Or, celle-ci va durer plus longtemps que prévu, en raison de la Grande Guerre qui déchire l’Europe en 1914 et qui empêche le retour de Louis sur le vieux continent. C’est seulement au bout de neuf ans que les retrouvailles vont avoir lieu entre les deux amants, dans un train qui les emmènera peut-être au bout de leur histoire d’amour… à moins que le temps l’ait emportée.
J’ai retrouvé dans ce récit des éléments familiers : le jeune homme amoureux m’a fait penser à celui de La Confusion des sentiments, le voyage en train à celui de l’antiquaire dans La Collection invisible, et l’étude approfondie des caractères et des sentiments des personnages à toutes les nouvelles de Zweig en général. Mais il manque cependant un petit je ne sais quoi pour en faire un texte totalement abouti…
Comme dans tout bon catalogue de France Moisir, il y a ici un livre qui compte pour deux. La preuve : le texte en français est suivi du texte original en allemand (que j’ai lu, natürlich, Ich spreche Deutsch very fluently). Ce qui me permet par conséquent de boucler mon challenge 2010 Ich Liebe Zweig organisé avec enthousiasme par Caro[line] et Karine : merci les filles, grâce à vous, j’ai découvert beaucoup de textes de cet auteur que je chéris !
Pour bien faire, il faudrait que je récapitule les titres lus durant cette année, mais hélas, je dois vous laisser, j’ai une dinde à fourrer.
Permettez-moi à présent, à quelques heures de l’heure H, de vous souhaitez à tous un excellent Réveillon ! * ![]()
* mangez, buvez, courez, sautez, dansez, chavirez, embrassez qui vous voudrez. Message sponsorisé par le Ministère de la Joie.
Ed. Grasset, oct. 2008, 172 p.
