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Tout sur tout… et son contraire

26 novembre 2010

Affiche Tout sur tout Vous vous souvenez peut-être de L’Anticyclopédie Universelle, un livre drôle et décalé d’Emmanuel Vincenot et Emmanuel Prelle paru il y a trois ans ? Eh bien, elle a été adaptée et mise en scène avec succès au théâtre par Franck Duarte : la pièce est fidèle à l’esprit du livre, on y retrouve le même humour qui fait mouche. C’est ainsi que vous pénétrez dans une salle chaleureuse (entendez très intime) et chatoyante (traduction : aux rideaux rouges) pour assister à une conférence unique en son genre.

Le Docteur Constant, à la fois pédagogue et provocateur, assisté de son… assistante (bravo aux deux lecteurs qui suivent !), Mademoiselle Eglantine, à l’allure de bourgeoise coincée et au cœur fondant (devant le beau Dr. Constant), nous présentent leur vision de l’histoire, de la géographie, des sciences, de la spiritualité… Toutes ces matières, qui vous paraissaient peut-être indigestes à l’école, vont prendre là une allure beaucoup plus rocambolesque et ludique (les accessoires utilisés – non conformes aux décrets de l’Education Nationale – y sont sans doute pour quelque chose !).

Une mise en scène énergique (j’ai aimé les intervalles “inter-chapitres”, où nos deux protagonistes sont pris d’une frénésie dansante surprenante sur une musique entraînante), des révélations personnelles, des prises à partie du public, contribuent à vous faire passer une heure instructive et surtout fort distrayante… avant que la fin du monde ne vienne mettre… fin (il n’y a plus que toi qui suit, on dirait ?) à cette belle aventure scientifique.

Dr Constant Mlle Eglantine Un bon point aux acteurs (Thomas Zaghedoud et Alix Valroff), parfaitement crédibles dans leurs rôles loufoques, et qui savent garder leur sérieux dans les situations les plus déconcertantes (une pensée émue pour le défenseur de l’Europe Open-mouthed). Fait étrange, Mlle Eglantine est le portrait craché d’une personne de mon travail. Et aussi celui d’une collègue d’une amie qui a vu la pièce avec moi. Méfiez-vous, il semblerait que le clonage humain ne soit plus de la science-fiction !

crédit photo : Compagnie Glou – 2010

Special thanks: à toutes les personnes citées pour m’avoir fait passer un si bon moment !

Du 17 nov. au 31 déc. 2010 à la Comédie des 3 Bornes (32, rue des Trois-Bornes – 75011 Paris), du merc. au sam. à 20h15.  Place : 16 € (plein tarif), 10 € (tarif réduit).

La théorie de la contorsion, Margaux Motin

21 novembre 2010

Théorie contorsion Margaux Motin n’aime pas être étiquetée, telle une chemise blanche basique Zara de la collection automne-hiver.

C’est un personnage complexe, lunatique et qui évolue sans cesse. Elle n’est pas illustratrice. Elle n’est pas mère. Elle n’est pas épouse. Elle n’est pas fille. Elle n’est pas copine. Elle est toutes ces femmes à la fois, et c’est ce qu’elle démontre à travers les quelques cent cinquante planches de ce second tome de ses aventures (je n’ai pas lu le premier, J’aurais adoré être ethnologue).

Les scénettes sentent le vécu et font mouche : c’est plutôt drôle, et elle pousse le bouchon plus loin que ce que j’aurais imaginé. Evidemment, ça parlera plus aux fashionistas, parce que la dame est quand même bien accro aux tendances de la mode, surtout aux chaussures. Mais ça touchera aussi les mères, les filles, les copines… Bref, un public féminin assez large, somme toute !

L’auteur occupe l’espace avec originalité, opérant en noir et blanc ou par touches de couleurs, allant jusqu’à incruster des photos dans ses dessins.

Sans révolutionner le genre, cela reste un album distrayant, agréable à feuilleter et qui donne le sourire !

NB : il semble que les fans qui suivent le blog de l’auteur aient été déçus : peu de nouveautés dans cet album par rapport à ce qui a déjà paru en ligne.

Ed. Marabulles, sept. 2010, 176 p.

 

Expositions à Paris (3/3) : Monet

20 novembre 2010

Monet - Le bassin aux Nymphéas Monet, Monet, Monet… (ABBA forever)

C’est elle ! C’est l’exposition qui me tenait à cœur et que je voulais absolument voir cette année, parce que j’adore les impressionnistes, et Monet en particulier. Hélas, je ne suis pas la seule dans ce cas, et lorsque je me suis présentée un vendredi matin, il y avait pas moins de 6h de queue pour les pauvres “Sans Billet”, et 1h de queue pour les “Coupe-File”. C’est comme ça que je me suis retrouvée à l’expo d’à côté, pauvre de moi. Mais mon air désespéré en sortant de ce piètre lot de consolation a servi : un fort gentil membre du personnel m’a conseillé de revenir voir Monet à partir de 20h30. Et en effet, là, seulement 10 min d’attente à la caisse pour acheter son billet ! J’ai même pris un audio-guide, pour profiter durant l’heure qu’il me restait (fermeture des salles à 21h45) des 172 œuvres exposées (provenant de 16 pays !). NB : les reproductions ici ne sont affreuses à côté de leur beauté véritable, c’est juste pour vous remémorer le style Monet.

Monet - Les coquelicots à Argenteuil 

L’expo retrace logiquement l’évolution de Claude Monet (1840-1926) depuis ses débuts, avec ses premiers paysages de bord de mer en Normandie, peints sous les conseils de ses maîtres (dont Eugène Boudin, ha ha, je ris bêtement comme une collégienne quand je lis son nom), jusqu’à sa série de nymphéas, dont plusieurs étaient destinés à l’Etat, comme cadeau après la victoire de 1918.

Monet - Gare St LazareLes différentes périodes de la vie du peintre sont mises en valeur, selon ses thèmes de prédilection, l’évolution de sa technique, et les lieux où il a vécu. Outre ses œuvres les plus célèbres, que j’ai pris grand plaisir à admirer (Les coquelicots à Argenteuil ;deux des trois panneaux du Déjeuner sur l’herbe, les levers de soleil sur la Tamise, Le bassin aux Nymphéas – ce dernier est en fait décliné en plusieurs teintes : rouge, verte, car il s’agit d’une série déclinée du même thème, l’étang de sa propriété à Giverny), j’ai découvert d’autres tableaux qui m’étaient inconnus : plusieurs scènes de la gare Saint Lazare (de la courte période parisienne de Monet), des vues de la cathédrale de Rouen, quelques portraits de ses proches, des natures mortes, des scènes de neige et d’autres de ses voyages en Italie ou dans le sud de la France.

Grâce à l’audio-guide, j’ai appris des détails intéressants sur la vie de Monet, des difficultés de ses débuts, sa dépendance à son maître qui lui fournissait du matériel pour qu’il puisse faire manger sa famille, jusqu’à ses premières expositions et à son succès (de son vivant, pour une fois). Monet et Renoir peignaient régulièrement ensemble, notamment sur les falaises de Normandie. Saviez-vous qu’Emile Zola avait repéré son talent, de bonne heure, et avait prédit que dix ans plus tard, ce jeune Monet serait côté et exposé avec succès ?

Monet - Promenade sur la Falaise De tous ses tableaux se dégagent une intensité lumineuse incroyable et des nuances infinies de couleurs. D’ailleurs, Monet ne cherchait pas simplement à peindre un paysage, mais plus fondamentalement à retranscrire les jeux de lumière qu’il voyait dans celui-ci, à faire ressentir le mouvement du vent ou des vagues. La technique de “petites touches de peinture” utilisée par les impressionnistes transforme ces photos de paysages en images légèrement floutées, comme si on les voyait à travers un rêve. C’est effarant, de regarder de près de telles toiles : on voit le nombre impressionnant de coups de pinceaux qu’il a fallu, la réflexion sur les mélanges de couleurs que cela a nécessité, le génie, en fait, pour que de la pâte colorée puisse se métamorphoser en chef-d’œuvres.

Une exposition magnifique (tout m’a plu !), que je conseille vivement à tous les amoureux de la peinture impressionniste (et rappelez-vous : tentez la visite nocturne !), à tous ceux qui aiment être impressionnés, et enfin à ceux qui aiment relever les défis comme celui de la plus longue file d’attente du Grand Palais…

Détails pratiques :

Du 22 sept. 2010 au 24 jan. 2011, aux Galeries Nationales du Grand Palais (avenue Winston Churchill, 75008), ouvert de 10h à 22h (sauf mardis jusqu’à 14h et jeudis jusqu’à 20h). Entrée : 12 € (plein tarif), 8 € (tarif réduit). Audio-guides : 5 €.

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