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Cantique de la racaille, opus 2 – Vincent Ravalec

30 septembre 2010

cantique de la racaille Attendez !!! Vous voyez “Opus 2”, vous vous dites : “je n’ai pas lu l’opus 1, je passe mon chemin”… Que nenni, Lecteur ! Je suis comme toi, je n’ai pas lu les premières aventures de Gaston, qui racontaient comment un voyou montait sa société avant de se retrouver en prison pour meurtre. Et bien, on peut parfaitement lire la suite de façon indépendante !

A présent, Gaston est sur le point de sortir de prison, après avoir purgé une peine de quinze ans. L’un de ses codétenus, Hepner, l’a aidé à tenir durant ces années d’enfermement, notamment en lui faisant écouter des cassettes audio “H+” savant mélange de relaxation et d’auto-persuasion, et en lui proposant quelques séances d’hypnose. Hepner décède peu de temps avant la sortie de Gaston, mais il lui a laissé les clés de son appartement parisien, ainsi que quelques bons tuyaux. L’ex-taulard se retrouve rapidement avec un job, celui de paparazzi de stars débauchées.

Il se trouve embarqué malgré lui dans un enchaînement de situations rocambolesques à souhait, jusqu’au yacht d’un cheick milliardaire où il photographie à l’aide de stylos-caméras des stars en train de visiter une exposition très complète de sex toys.

Le succès aidant, il se transforme peu à peu en espion pour le compte d’individus plus ou moins liés au forces secrètes du gouvernement, et, lui qui avait passé quinze ans dans 6 m², se retrouve à écumer les Pays-Bas, la Chine, le Tibet, l’Egypte… et l’intrigue devient politico-économique, fait intervenir une secte et des expérimentations médicales.

Si la première moitié du livre m’a beaucoup plu, je reconnais que l’auteur m’a perdue dans les derniers chapitres. Alors que j’ai aimé découvrir Gaston perdu dans ce monde technologique qui a tellement évolué depuis les années 80 (il s’émerveille devant les téléphones mobiles, s’arrache les cheveux pour connecter sa **** box (ça ne vous rappelle pas des souvenirs ? A moi, si !); découvre avec stupeur les réseaux sociaux), que j’ai souri dans ses aventures de photographe amateur transformé en paparazzi, que je me suis étonnée devant la facilité qu’il a à allonger la liste de ses conquêtes féminines en tous genres (Gaston classe ses rencontres en trois catégories, je vous laisse découvrir lesquelles…), je n’ai pas aimé le virage que prenait la seconde partie du roman. Trop compliquée, trop tirée par les cheveux, bref, parfois, trop d’ingrédients tuent la soupe, si vous voyez ce que je veux dire.

En revanche, le style très brut des dialogues, entre gouaille et franc parler, et le rythme effréné du roman ont emporté mon adhésion. Cela m’a un peu fait penser aux San Antonio que j’ai lu durant mon adolescence. Les rencontres entre adultes consentants sont fréquentes aussi, c’est parfois un peu cru mais l’humour n’est jamais loin et adoucit les mœurs ! Gaston est à la fois naïf et malin, il est à la fois l’instrument de forces supérieures et le héros de ses aventures… C’est un personnage qu’on a tour à tour envie d’encourager ou de baffer. Mais il est avant tout touchant. Par exemple, lorsqu’il s’apprête à quitter sa conquête d’un soir :

“- T’es sur Facebook ? je demande en me rhabillant. Parce que j’ai quasiment pas d’amis, ce serait sympa si on le devenait.” Le pauvre !!!

Et pour finir, j’ai aimé retrouver plein de références à des séries américaines actuelles… Le roman en est truffé ! Et si vous voulez savoir si Vincent Ravalec les as toutes vues, je vous propose de visionner cette interview de l’auteur à laquelle j’ai participé ce mois-ci ! (ce sera ma minute technologique, souhaitez-moi bonne chance… autrement dit, si la video ne fonctionne pas, c’est normal ! :-) Dans ce cas, je mets le lien vers le site où elle est diffusée). J’en profite pour remercier Laetitia, l’équipe de tournage et Lilas l’éditrice pour cette rencontre !

Interview Vincent Ravalec – sept. 2010 – crédit www.myboox.fr

PS : si je vous dis que Vincent a dédicacé ce livre "A [ses] gentils lecteurs”, vous avouerez comme moi qu’on ne peut que le trouver charmant !

Ed. Fayard, août 2010, 432 p.

Sherlock Holmes et le mystère du Haut-Koenigsbourg, Jacques Fortier

28 septembre 2010

Sherlock Holmes HKIl est de notoriété publique que lorsque Conan Doyle tua le personnage de Sherlock Holmes, il reçut une telle quantité de lettres de protestation de la part de ses fans qu’il fut contraint de le ressusciter. Les fans furent de nouveau désolés lorsque Conan Doyle mourut. Mais là, impossible de ressusciter l’auteur ! Alors bien en pris à des amoureux du personnage maniant habilement la plume (enfin, ce n’est pas toujours le cas !) de rendre hommage au maître Doyle en proposant leurs propres aventures de Sherlock Holmes.

Ce roman commence par un retour à l’an 1190 (ça ne nous rajeunit pas…), où l’on assiste (en direct) à la mort du terrible empereur Barberousse. Puis, nous faisons des bonds à travers les siècles (1462, 1633, 1871, 1899) pour parvenir en l’an 1909 durant lequel se déroule les faits (rapportés par le bon vieux Dr Watson bien des années plus tard, cela va de soi). Sherlock Holmes est sollicité par son frère Mycroft pour découvrir un trésor ancien caché dans un château alsacien – le Haut_Koenigsbourg – plusieurs fois détruit et reconstruit récemment par l’empereur germanique Guillaume II.

Holmes étant à la retraite et le trésor ayant une valeur politique ou diplomatique, il doit prétendre s’être pris de passion pour les vieilles pierres et vouloir écrire une monographie sur les vieux châteaux. Naturellement, Watson est de la partie et les voilà embarqués sur les vallons alsaciens (allemands, à l’époque) à la recherche d’un objet inconnu et peut-être disparu depuis des siècles…

C’est la première fois que je lis un pastiche, il m’est donc difficile de juger de la perfection des répliques ou de la crédibilité du ton. En effet, sachant qu’il ne s’agit pas d’un “vrai” Sherlock Holmes, j’ai eu tendance à trouver au début que les dialogues étaient un peu caricaturaux (dans le genre “veut trop bien faire”). Cependant, ce sentiment s’est rapidement dissipé une fois que je me suis laissée happée par le tourbillon de l’histoire, et de l’Histoire… Sur ce point, même si certains passages m’ont un peu ennuyée au début (lorsque l’on ne sait pas où l’auteur nous emmène), je reconnais que l’intrigue tient tout à fait la route (des vins ! Open-mouthed), et que l’apparition d’une certaine femme scientifique rappelle d’autres “authentiques” aventures du détective. Cet hommage ne manque d’ailleurs pas de références aux aventures originales. L’auteur joue brillamment de l’humour anglais et respecte les codes de Sir Arthur Conan Doyle et je ne regrette donc pas du tout d’avoir tenté l’expérience !

Lu dans le cadre de la 9ème édition de Masse Critique : merci Babelio !

 

 

Ed. Le Verger, (collection “Enquêtes rhénanes” !), oct. 2009, 191 p.

La Montagne de minuit, Jean-Marie Blas de Roblès

25 septembre 2010

La montagne de minuit J’avais beaucoup aimé Là où les tigres sont chez eux, paru il y a deux ans. Et c’est cette seule raison qui m’a décidée à découvrir le nouveau roman de Jean-Marie Blas de Roblès. Alors que le premier était un pavé de près de 800 pages, celui-ci n’effleure même pas les 200. Cependant, l’un comme l’autre m’ont fait voyager !

Bastien est un vieux gardien de collège, à la réputation entachée d’un fait trouble. Passionné depuis son enfance par le Tibet, il vit en ascète dans son logement de fonction épuré, et continue de pratiquer, malgré son âge avancé, une gymnastique traditionnelle chinoise (sans doute le qi gong).

Un nouveau directeur arrive dans l’établissement. Il choisit d’emblée de mettre le vieux Bastien à la retraite à la fin de l’année scolaire. Ce dernier  décide qu’il ne vivra pas jusque là… Mais ses sombres desseins sont empêchés par la rencontre de sa nouvelle voisine, Rose, et de son petit garçon, Paul. Ceux-ci découvrent avec émerveillement le mandala du gardien : sorte de tableau fait avec du sable de plusieurs couleurs, il sert à la méditation et a vocation à être détruit lors d’une offrande aux divinités. Peu après Noël, Rose, sur un coup de tête, décide d’offrir à Bastien le voyage de ses rêves, et ils s’embarquent tous les deux pour le Tibet…

Le procédé littéraire utilisé par l’auteur n’entrave en rien la fluidité du récit et lui donne au contraire une certaine dynamique  : au chapitre raconté par Paul (devenu grand) dans son roman, succèdent les commentaires de Rose qui lit la prose de son fils et complète le récit de ses souvenirs. Un voyage dans le temps – à une époque où chacun a dû parlementer avec sa conscience – et dans cette contrée mystérieuse et attirante, peuplée de moines bouddhistes, de bouddhas, d’esprits purifiés… Rose ne parviendra peut-être pas à découvrir complètement le secret de Bastien, mais elle aura côtoyé un homme exceptionnel. Et nous aussi, par la même occasion.

Un bémol à la toute dernière partie, qui succède à l’épilogue : un "Désaveu" constitué de "pièces" récoltées par Rose et "à verser au dossier" m’a ennuyée, trop de détails historiques ont noyé mon intérêt et je n’ai fait que survoler ces explications… A vous de voir si la curiosité sera plus forte, sinon, l’arrêt est possible page 151 ! Ceci dit, je suis un peu restée sur ma faim quant à la longueur du roman, j’aurais bien pris quelques heures de lecture en rab !

L’avis d’Emeraude

Ed. Zulma, mai 2010, 167 p.

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