Cantique de la racaille, opus 2 – Vincent Ravalec
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Attendez !!! Vous voyez “Opus 2”, vous vous dites : “je n’ai pas lu l’opus 1, je passe mon chemin”… Que nenni, Lecteur ! Je suis comme toi, je n’ai pas lu les premières aventures de Gaston, qui racontaient comment un voyou montait sa société avant de se retrouver en prison pour meurtre. Et bien, on peut parfaitement lire la suite de façon indépendante !
A présent, Gaston est sur le point de sortir de prison, après avoir purgé une peine de quinze ans. L’un de ses codétenus, Hepner, l’a aidé à tenir durant ces années d’enfermement, notamment en lui faisant écouter des cassettes audio “H+” savant mélange de relaxation et d’auto-persuasion, et en lui proposant quelques séances d’hypnose. Hepner décède peu de temps avant la sortie de Gaston, mais il lui a laissé les clés de son appartement parisien, ainsi que quelques bons tuyaux. L’ex-taulard se retrouve rapidement avec un job, celui de paparazzi de stars débauchées.
Il se trouve embarqué malgré lui dans un enchaînement de situations rocambolesques à souhait, jusqu’au yacht d’un cheick milliardaire où il photographie à l’aide de stylos-caméras des stars en train de visiter une exposition très complète de sex toys.
Le succès aidant, il se transforme peu à peu en espion pour le compte d’individus plus ou moins liés au forces secrètes du gouvernement, et, lui qui avait passé quinze ans dans 6 m², se retrouve à écumer les Pays-Bas, la Chine, le Tibet, l’Egypte… et l’intrigue devient politico-économique, fait intervenir une secte et des expérimentations médicales.
Si la première moitié du livre m’a beaucoup plu, je reconnais que l’auteur m’a perdue dans les derniers chapitres. Alors que j’ai aimé découvrir Gaston perdu dans ce monde technologique qui a tellement évolué depuis les années 80 (il s’émerveille devant les téléphones mobiles, s’arrache les cheveux pour connecter sa **** box (ça ne vous rappelle pas des souvenirs ? A moi, si !); découvre avec stupeur les réseaux sociaux), que j’ai souri dans ses aventures de photographe amateur transformé en paparazzi, que je me suis étonnée devant la facilité qu’il a à allonger la liste de ses conquêtes féminines en tous genres (Gaston classe ses rencontres en trois catégories, je vous laisse découvrir lesquelles…), je n’ai pas aimé le virage que prenait la seconde partie du roman. Trop compliquée, trop tirée par les cheveux, bref, parfois, trop d’ingrédients tuent la soupe, si vous voyez ce que je veux dire.
En revanche, le style très brut des dialogues, entre gouaille et franc parler, et le rythme effréné du roman ont emporté mon adhésion. Cela m’a un peu fait penser aux San Antonio que j’ai lu durant mon adolescence. Les rencontres entre adultes consentants sont fréquentes aussi, c’est parfois un peu cru mais l’humour n’est jamais loin et adoucit les mœurs ! Gaston est à la fois naïf et malin, il est à la fois l’instrument de forces supérieures et le héros de ses aventures… C’est un personnage qu’on a tour à tour envie d’encourager ou de baffer. Mais il est avant tout touchant. Par exemple, lorsqu’il s’apprête à quitter sa conquête d’un soir :
“- T’es sur Facebook ? je demande en me rhabillant. Parce que j’ai quasiment pas d’amis, ce serait sympa si on le devenait.” Le pauvre !!!
Et pour finir, j’ai aimé retrouver plein de références à des séries américaines actuelles… Le roman en est truffé ! Et si vous voulez savoir si Vincent Ravalec les as toutes vues, je vous propose de visionner cette interview de l’auteur à laquelle j’ai participé ce mois-ci ! (ce sera ma minute technologique, souhaitez-moi bonne chance… autrement dit, si la video ne fonctionne pas, c’est normal !
Dans ce cas, je mets le lien vers le site où elle est diffusée). J’en profite pour remercier Laetitia, l’équipe de tournage et Lilas l’éditrice pour cette rencontre !
Interview Vincent Ravalec – sept. 2010 – crédit www.myboox.fr
PS : si je vous dis que Vincent a dédicacé ce livre "A [ses] gentils lecteurs”, vous avouerez comme moi qu’on ne peut que le trouver charmant !
Ed. Fayard, août 2010, 432 p.
