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Les derniers flamants de Bombay, Siddharth Dhanvant Shanghvi

25 août 2010

derniers flamants de Bombay Ce roman est un drame qui se déroule en trois actes, sur un fond de toile indienne, vers le milieu des années 80.

Premier Acte

Karan, jeune photographe talentueux, a quitté sa province natale pour rejoindre Bombay, ville qui l’attire comme un aimant et qu’il veut photographier sous toutes ses facettes. Il rencontre par hasard une femme au charme un peu mystérieux, Rhea, qui va le guider à travers les vieux quartiers (notamment pour dénicher un fornicateur de Bombay, espèce en voix de disparition…). Karan travaille pour le magazine India Chronicle, et croule sous les commandes. Son chef lui demande d’aller photographier Samar Arora, pianiste précoce au succès international, qui a mis fin à sa carrière voilà trois ans, à l’âge de vingt-cinq ans. Dans la belle demeure de Samar, Karan va faire la connaissance de Zaira, star à la mode du cinéma bollywoodien, et de Leo, auteur et critique américain et amant de Samar. Une alchimie va se créer entre ces personnages, malgré leurs différences, et ils vont se revoir à de nombreuses reprises, s’aimer, rire et s’amuser, jusqu’à cette terrible soirée dans un bar où un fils d’homme politique véreux commet un assassinat.

Deuxième Acte

La mort d’une personne célèbre crée toujours un émoi parmi la population, mais cette réaction est décuplée lorsqu’il s’agit d’une mort violente, comme c’est le cas ici. Et dans une Inde où la corruption est monnaie courante (si j’ose dire), la condamnation d’un meurtrier qui a tué une personne sous les yeux de plusieurs témoins n’est pas évidente, surtout lorsque le coupable a “des relations”. Le procès très médiatisé restera sans suite, et cette injustice va détruire les protagonistes de ce roman, chacun provoquant son autodestruction d’une manière ou d’une autre. Karan abandonne la photographie.

Troisième Acte

Nouveau drame. Cette fois, Karan part pour Londres, où il devient professeur. Il rencontre une gentille fille, mais après quelques années, il ressent l’appel de Bombay, son ancienne maîtresse. On retrouve les survivants de cette histoire. Ils ont vieillis, certains sont malades, et tous ont perdu la foi artistique qui les habitait. Que reste-t-il, alors ? Même les flamants roses ont disparu. Enfin, presque disparu. Et cela fait toute la différence.

Rideau

J’ai apprécié ce premier roman parce que l’auteur a su recréé une ambiance, celle d’une Inde fourmillant de gens, d’activité, de scandales, de cancans, d’odeurs de curry et autres saveurs, d’objets insolites, de lieux magnifiques, de pauvreté et de stars… Bref, un monde coloré et hétéroclite très dépaysant. Par ailleurs, l’auteur a mis en place une galerie de personnages dont il a su extraire la moelle : de leurs pensées et de leurs sentiments, rien ne nous échappe, en grande partie grâce à la fréquence des dialogues.

Ainsi : « Quand le soleil se retirait de l’horizon, laissant la place à la nuit qui se renforçait, la douleur du monde l’envahissait hardiment, prenait d’assaut sa blessure, chassait sa solitude. Cette blessure scintillait dans ses yeux, l’animait pendant un bref instant. » (p. 389)

L’amour et l’art sont les deux sujets principaux du roman, mais la mentalité de l’époque et les mœurs de la société sont également bien retranscrits par la plume précise et limpide de Siddharth Dhanvant Shanghvi (ouh là, et s’il prenait un pseudo ?! ;-) ).

Et pour clôturer le tout, l’humour fait d’inattendues et succulentes apparitions :

« Lorsqu’il était nerveux, le ministre Chander Prasad avait l’habitude de se gratter si sauvagement les bourses que ses morpions en avaient des orgasmes à répétition » (p. 240)

« Le ministre Prasad était peut-être une vieille mauviette velue, mais, s’il était allé loin dans la vie, ce n’était pas pour rien. » (p. 259)

A propos de la littérature indienne (p. 381) : « Leo déplorait que la prose fût à la fois tapageuse et empruntée. « C’est du style atelier d’écriture en surrégime. » Zaira déclara que l’auteur ne faisait qu’exploiter un filon, que cette femme avait réappris l’alphabet dans un cours intensif chez Exotica 101 : A pour « mariage arrangé », B pour « femme battue », C pour « colonisation ». S’excitant tout à coup, Samar fit une grande déclaration à l’emporte-pièce : les romans indiens ne valaient rien. « On les dirait sortis de la quasi-foufoune d’une drag queen autobaptisée Lady Epique. » « 

 

 

Ed. des Deux Terres, août 2010, 469 p.

 

Le prédicateur, Camilla Läckberg

12 août 2010

le predicateur On retrouve dans Le prédicateur l’écrivaine Erica Falck dont on avait fait la connaissance dans La Princesse des glaces.

Elle prend cependant une part beaucoup moins active à l’histoire, pour la bonne et simple raison qu’elle est enceinte jusqu’aux yeux et qu’il n’est pas facile de suivre discrètement la piste d’un tueur lorsqu’on ressemble à une montgolfière (déjà qu’on ne peut plus se vernir les ongles des pieds…).

C’est donc son compagnon, Patrick, inspecteur au poste de Fjällbacka, que l’on va suivre au long de cet été caniculaire. Le corps d’une jeune femme est retrouvé sur les rochers surplombant la falaise. Chose surprenante, son corps recouvre les ossements de deux autres femmes, qui, on l’apprendra vite, ont été tuées vingt ans plus tôt.

Il se passe beaucoup de choses, cet été-là, dans la petite ville balnéaire. Trop au goût des touristes, qui s’en vont voir ailleurs si les crimes sont moins rouges.

C’est donc un deuxième tome assez sympathique, dont l’intrigue basée sur une sombre histoire de famille nous tient en haleine jusqu’au bout, d’autant que l’auteur agrémente ce parcours policier de petites touches plus personnelles sur la vie d’Erica, qui mène ses propres combats : sus à la famille et aux amis qui s’invitent chez vous l’été parce que vous avez une maison en bord de mer et qui ne vous connaissent pas le reste de l’année ! D’autres personnages sont réapparaissent ou sont mis en avant, comme Anna, la sœur d’Erica, et quelques collègues de Patrick que j’espère retrouver dans le volume suivant (Le Tailleur de pierre).

Ed. Actes Sud, mars 2009, 375 p.

Indomptable Angélique, Anne & Serge Golon

3 août 2010

indomptable angelique Ca y est, je suis revenue de vacances ! Nan, c’te blague. C’est juste que j’ai laissé moisir mon blog pendant dix jours parce que j’avais une grosse flemme en voyant partir successivement les collègues en vacances, alors que moi, je dois encore attendre l’ami Hou !

A présent, rembobinez vos souvenirs jusqu’en juin 2007 (ah, je sais, on était jeunes, beaux et innocents, à l’époque !). Fashion lançait alors la Saga de l’été : autrement dit, l’ancêtre des Harlequinades. Le principe : lire une saga de son choix (ô Bloggocratie, où es-tu donc passée ?!) durant l’été. J’avais choisi la série des Angélique, marquise des anges, parce qu’on m’avait soufflé dans l’oreillette que c’était plein d’amour, d’aventures, de moments torrides et de drames épouvantables (voire dramatiques !), et bien sûr, de sexy men.

Et, je dois l’avouer, je me suis prise au jeu et j’en ai lu trois d’affilée. Il a fallu trois ans à mon petit cœur de beurre pour se remettre à palpiter à un rythme normal, et le moment est enfin venu : je viens de finir le tome 4 de la saga : Indomptable Angélique.

Dans cet opus, la belle marquise réussi à échapper à la vigilance de la police parisienne (Louis XIV lui ayant interdit de sortir de la ville, pour des raisons expliquées dans le tome 3 (voyez comme je m’auto-linke impunément !)), et elle parvient à Marseille où elle séduit un homme qui l’embarque sur sa galère, en direction de Candie (ne me demandez pas à quelle île de Méditerranée cela correspond, vous seriez bien aimables), dans l’espoir de retrouver la trace de son premier mari, Joffrey de Peyrac (celui qui a péri sur le bûcher à la fin du tome 1). Pour une galère, c’en fût une, vu qu’elle se fait alpaguer par des pirates, qu’elle échoue sur une île, qu’elle se fait sauver et embarque dans un plus petit bateau, qu’elle atterrit à nouveau chez des esclavagistes qui l’engraissent et surtout, lui lavent les cheveux gâtés par l’eau de mer (spéciale dédicace à Erzébeth).

- Attention, spoilers dans le paragraphe suivant entre crochets (qui ont en fait pour but de me servir de mémoire lorsque je m’attaquerai au tome 5 dans quelques années) –

[Après cela, Angélique passe de mains en mains, le Rescator, cet énigmatique (!) pirate masqué qui sillonne les mers sans faire commerce d’esclaves, mais uniquement de métaux précieux, la rachète pour 35.000 piastres (soit le prix de 2 vaisseaux et leur équipage), mais la sauvage Angélique s’échappe (c’est un peu sa spécialité dans ce tome 4), se retrouve prisonnière dans un harem, où elle s’empiffre de pâtisseries marocaines en attendant d’être présentée à son futur mari, le tyrannique et cruel souverain, Moulay Ismaël. Mais là, un nouveau retournement de situation totalement inattendu se produit (allez, tous en chœur) : Angélique s’… !]

Bref, ce quatrième roman de la saga tient largement ses promesses : de l’aventure, en veux-tu, en voilà, des sexy men (je pose cependant un bémol : ils sont pour la plupart sales, puants, grossiers et bourrés de cicatrices, mais bon, finalement, il y n’y a guère de différence avec Louis XIV !) qu’Angélique manipule à sa guise (mais parce qu’elle est en quête de son Grand Amour !), des évasions plus ou moins réussies, d’horribles massacres, des tortures, des sentiments et des loukoums.

De quoi faire palpiter de nouveau mon cœur de midinette jusqu’à l’été prochain ! Et pour finir, ce que vous attendez toutes (ne niez pas, Mesdames !) :

La minute Harlequin (extrait p. 95)

“A cet amant de passage, Angélique sut dispenser toute sa science. Elle s’était juré de se l’attacher et le gentilhomme, viveur blasé, n’était pas de ceux qu’une étreinte passive eût contenté. Tour à tour câline, rieuse et soudain comme inquiète, un peu farouche, elle s’abandonnait, puis devant une exigence nouvelle, se dérobait, et il devait la supplier tout bas, la convaincre, mourant d’impatience.
- Est-ce sage ? disait-elle.
- Pourquoi serions-nous sages ?
- Je ne sais pas… Nous ne nous connaissions pas hier… à peine.”

Quelle coquinette, cette Angélique, tout de même !

Special thanks : à Caro[line], qui m’a prêté son exemplaire de Prisunic à 34,20 Frs (un exemplaire historique !).

Ed. J’ai Lu, sept. 1976 (nombreuses rééditions), 718 p.

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