Les derniers jours de Stefan Zweig, Laurent Seksik 8


derniers jours de sz Cet ouvrage présente une double facette : c’est à la fois un roman et un morceau choisi de la biographie de Stefan Zweig, qui se concentre sur les six derniers mois de la vie de l’auteur.

Pour une fois, je peux raconter la fin ! Stefan Zweig se donne la mort avec sa seconde épouse, Lotte, par un beau dimanche de la fin février 1942. Ils s’étaient rencontrés en Angleterre, tous deux ayant fui le régime nazi. Zweig était alors marié depuis de longues années à Friderike et Lotte était sa secrétaire (bah, on ne peut pas être tout le temps original !). Devenant indésirables à Londres, le couple s’enfuit pour New-York, mais l’air ne convenait pas à l’asthmatique jeune femme. Ils mirent alors cap sur le Brésil, avec le faible espoir qu’ils pourraient démarrer une autre vie, là-bas, loin de la guerre.

Ce roman inspiré de faits réels propose un récit des derniers mois du grand auteur autrichien, torturé par l’actualité et plus encore par son impuissance et sa “lâcheté”. Je me suis sentie proche de cet auteur dont j’admire la plume mais dont je connais mal la vie personnelle. Cela m’a amusée d’apprendre que cela l’agaçait de ne pas parvenir à se débarrasser des fameux récits enchâssés qui truffent ses écrits ! (En)Chassez le naturel…

Quel sentiment cette lecture m’a-t-elle inspirée, me direz-vous ? “Quel dommage qu’un homme de si grand talent, intelligent et cultivé, n’ait pas trouvé la force de surmonter ses démons et la culpabilité de son impuissance qui le torturait !” vous répondrai-je. Mais c’était un homme si profondément attaché à son pays, l’Autriche, qui avait vécu tant de bons moments à Vienne, qu’il ne pouvait être que désespéré en la quittant, en la voyant sous l’emprise nazie, en apprenant tour à tour la mort de tel ou tel de ses amis écrivains…

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Laurent Seksik a entièrement mis sa plume au service de son sujet, favorisant ainsi le rapprochement du lecteur à Zweig – l’homme, plus que l’écrivain. Ce récit imagé, documenté et vivant est réellement intéressant, tant pour la petite histoire que pour la grande.

Livre lu dans le cadre du Challenge Ich Liebe Zweig organisé par Caro[line] et Karine. NB : c’est ma lecture de mai, je suis un peu en retard !

Ed. Flammarion, jan. 2010, 187 p.


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