Quand viennent les cyclones, Anita Nair
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Héra, déesse de la mythologie grecque, est la sœur jumelle de Zeus. Celui-ci chasse leur père et a recours à la ruse pour tromper la vigilance de sa sœur, la viole et Héra, humiliée, se résout à l’épouser.
Mîra, indienne de Bangalore, est une épouse comblée. A quarante et quelques années, elle est une maîtresse de maison accomplie, a élevé deux enfants avec son époux Giri, cadre supérieur d’une multinationale. Ils vivent tous dans une maison mauve, au charme ancien, avec la mère de Mîra, Saro, et sa grand-mère, Lily, une ancienne actrice. Mîra se compare souvent à Héra : la reine des déesses, qui affronte avec courage les épreuves que le Destin lui réserve.
Mîra vient de publier un livre de cuisine à la sauce Nadine de Rothschild : Comment recevoir ses invités, qui s’avère être un véritable succès commercial. C’est donc une femme épanouie, qui ne s’attend pas au cyclone qui s’abat un dimanche sur sa vie : son mari disparaît brusquement sans aucune explication. Et lorsqu’il se manifeste enfin, c’est pour lui annoncer qu’il la quitte définitivement parce qu’il ne s’est jamais senti libre auprès d’elle.
Du jour au lendemain, Mîra doit trouver le moyen de subvenir aux besoins de sa famille. de toute urgence. Elle rencontre par hasard un professeur, JAK (ou J.A. Krishnamurty), qui a longtemps vécu aux Etats-Unis mais est revenu dans la région d’Inde où il a grandi pour y recueillir sa fille aînée : cette dernière est dans le coma à la suite d’une agression dont JAK veut découvrir les tenants et aboutissants. JAK doit écrire un article dans son domaine d’expertise – les cyclones – et Mîra se retrouve à travailler à ses côtés en tant qu’assistante. Et puis, elle apprend à le connaître et s’aperçoit que c’est un homme fragile, intelligent, attentionné… en un mot, tout le contraire de Giri, son ex-mari.
Comme dans Compartiments pour dames, Anita Nair, dans un langage soutenu et très imagé - et même épicé – analyse avec finesse la psychologie féminine avec pour trame de fond parallèle l’enquête de JAK sur l’accident de sa fille. Au travers du regard de trois générations d’indiennes, on apprend une multitude de détails sur la condition de ces femmes aujourd’hui, tiraillées entre tradition et modernité. Elles assument des tâches familiales et domestiques, mais sont aussi sujettes aux mêmes préoccupations que les occidentales : comment repousser les effets de l’âge, continuer à séduire, devenir indépendante financièrement… Anita Nair aborde également un sujet douloureux et d’actualité : les avortements douteux auxquels recourent les femmes indiennes (souvent sous la pression de leurs maris ou familles) lorsqu’elles apprennent (de façon illégale) qu’elles sont enceintes d’une fille. Toute cette réflexion d’une auteure pleine d’empathie pour ses personnages mijote dans un plat aux mille saveurs plus alléchantes les unes que les autres et qui transportent le lecteur dans une bulle d’exotisme.
Ed. Albin Michel, mai 2010, 400 p.

Grand déferlement de littérature indienne en ce moment. A chaque fois, les livres sont tentants et permettent de mieux connaître cette culture. Ton billet donne très envie de lire ce livre d’Anita Nair
13 mai 2010 | #
J’avais adoré « compartiment pour dames »! Ton article me donne envie d’essayer celui-là!
13 mai 2010 | #
je garde un bon souvenir de Compartiment pour dames, donc j’essayerai bien de lire celui-là
13 mai 2010 | #
@Gwenaëlle : je connais très mal la culture indienne (si riche !), je n’ai lu que trois ou quatre livres concernant ce pays ces dernières années (je te recommande vivement Tigre blanc si tu ne l’as pas lu). Mais c’est vrai qu’on apprend plein de choses à travers des romans comme celui-ci !
@Alise : je te prête le mien dès qu’on se voit, miss !
@Fleur : il y a des points communs entre les deux, mais l’histoire est bien sûr totalement différente, n’hésite pas !
13 mai 2010 | #
tout comme alyse et fleur, celui est tentant quand on a lu « compartiment pour dames »
14 mai 2010 | #
@Amanda : oui, c’est celui-ci que je conseillerais… d’autant que je n’ai pas lu les autres !
14 mai 2010 | #
Anita Nair est une auteure que je veux découvrir depuis bientôt deux ans et Compartiment pour dames est toujours sur ma LAL. Celui-ci va venir s’y ajouter !
15 mai 2010 | #
C’est vrai que l’Inde est très présente ces temps-ci… Il y en a plusieurs qui m’appellent… dont celui-ci…
15 mai 2010 | #
c’est évidemment un des prochains livres que je vais lire (avec Läckberg, Swarup et… je ne sais plus quoi d’autre!) L’autre titre indien qui marche très bien en ce moment : « une bonne épouse indienne »…
16 mai 2010 | #
J’ai lu ce livre et j’en ai apprécié la lecture. Mais lisant beaucoup de littérature indienne, je trouve que ce roman vise clairement un public occidental (et les Indiens anglophones, donc l’élite) et qu’il n’est pas le meilleur représentant de cette littérature. Donc un roman agréable, parfait pour les vacances. (http://notesdelecture.canalblog.com/archives/2010/05/16/17909529.html)
17 mai 2010 | #
@Shana : allez, mam’zelle, il faut s’y mettre !!
@Cath : oui, la vague indienne & Bollywood a encore de beaux jours devant elle !
@Emeraude : j’ai aussi Läckberg dans ma PAL… et je n’ai pas entendu parler de « la bonne épouse indienne », merci pour l’info !
@Ajia : ton point de vue m’interroge, je ne sais pas si cela s’avère vérifié dans les faits. De manière générale, peut-être que les indiens plus aisés lisent davantage que les pauvres, ce qui est vrai pour toute la littérature et pas seulement les romans d’Anita Nair, non ?
17 mai 2010 | #
Ce n’est pas la littérature que je connais le mieux! C’est alléchant en tout cas!
17 mai 2010 | #
La couv aurait tendance à me faire fuir mais les histoire de femmes, j’aime beaucoup.
18 mai 2010 | #
@Chiff : moi non plus, je ne connais qu’à travers 4 ou 5 romans, mais c’est vraiment dépaysant !
@Theoma : ah, tiens ? Je ne la trouve pas si mal, cette couverture ! Les trucs rouges à gauche sont en relief brillant, c’est peut-être pour ça (tout ce qui brille…
). L’intérieur, en revanche, devrait te plaire, si tu aimes les romans où la psychologie féminine occupe une grande place.
24 mai 2010 | #
Je connais très très peu la littérature indienne mais je suis bien tentée!!! Je n’ai jamais trouvé de livre de cette auteure ici, par contre!
26 mai 2010 | #
Je réponds un peu tardivement : Ce que je voulais dire en parlant de livre pour public occidental, c’est que l’histoire racontée pourrait choquer le lectorat local. Les comportements décrits ne correspondent pas à la norme. La majorité de la littérature indienne traduite en français l’est à partir de livres écrits en anglais. Ces romans sont rarement traduits en hindi ou autres langues indiennes car le contenu ne correspond pas à l’attente du lectorat local. Il y a en Inde une production éditoriale en langues locales, pour adultes et pour enfants, avec la volonté de toucher le plus de monde possible. Il existe des associations pour promouvoir la lecture.
2 juin 2010 | #
ce livre est-il ecrit en francais ou traduit ?
17 août 2010 | #