L’homme qui partit en fumée, M. Sjöwall & P. Wahlöö
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Couple incontournable de la littérature policière suédoise, Maj Sjöwall (reporter criminel) et P. Wahlöö (éditrice) ont écrit à quatre mains entre 1965 et 1975 une dizaine de romans qui ont été traduits dans le monde entier dans les décennies suivantes.
Leur succès tient tout autant dans la maîtrise du genre et la personnalité de l’inspecteur Martin Beck que dans l’analyse socio-politico-économique de la Suède des années d’après-guerre, à contre-courant de l’image prospère et rassurante que ce pays donnait à l’époque.
Dans L’homme qui partit en fumée, l’inspecteur Beck est sur le point de rejoindre femme et enfants sur l’île où ils passent leurs vacances d’été, lorsqu’il est appelé sur une affaire de disparition. Renonçant à son repos, il se penche sur le cas de ce journaliste spécialiste de politique européenne (on est en pleine “guerre froideâ€) qui s’est rendu en Hongrie et n’a plus donné de nouvelles à son journal. Poussé par le Ministère des Affaires Etrangères suédois, Martin Beck s’envole à son tour pour la Hongrie (si vous saviez le nombre d’escales et le temps que cela prenait, à l’époque !) afin de résoudre l’énigme de cette disparition dans la plus grande discrétion.
Ce n’est pas tant l’enquête en elle-même qui m’a intéressée (elle est somme toute classique, plutôt dans le style “doucement mais sûrement, à la suédoise, quoi !), que le contexte dans lequel se déroule l’histoire. L’analyse des relations entre les différents services de police et politiques, les tensions internationales, l’importance de la diplomatie entre des pays faisant partie de “blocs†opposés sont autant d’éléments qui m’ont fait voyager à une autre époque. Cet effet est d’ailleurs renforcé par la langue, qui regorge d’expressions surannées que j’ai savourées avec délice : ainsi, Martin Beck “opina du bonnetâ€, “son déjeuner était passé à l’asâ€, et malgré tout, vêtu de son “maillot de corps à filetâ€, de son “cardigan†et de ses “souliers en daim jauneâ€, on peut dire que “ça baigne dans l’huile†!
Le tout est agrémenté de scènes parfois insolites et cocasses, comme ces séances aux bains douches au cours desquelles des policiers s’échangent des informations confidentielles…
Je comprends pourquoi ces deux auteurs ont laissé leur marque dans la littérature policière : avec un classicisme technique et le respect des règles, ils ont su utiliser le genre pour faire partager leur vision politique de leur pays et de la situation socio-économique qui les préoccupait.
Ed. Rivages, 2008, 269 p. (édité en Suède en 1966)

Je les ai découverts il y a peu (mais pas par ce titre) et je compte bien les lire encore !
6 mai 2010 | #
« Un maillot de corps » à filet mais c’est trop hot tout ça!:)
6 mai 2010 | #
@Cuné : le premier titre est « Roseanna », c’est peut-être celui qui tu as (logiquement) lu… Mais il n’était pas disponible à la médiathèque alors j’ai pris celui-ci au hasard… bonne pioche, cela dit !
@Cathulu : je suis d’accord avec toi
. Et sa femme doit porter une gaine couleur chair et des bas à couture apparente…
6 mai 2010 | #
Ça me donnes envie de faire connaissance avec Beck.
6 mai 2010 | #
@Yo : c’est le but !
6 mai 2010 | #
Si tu veux lire les autres, je les ai tous ! Je te les prête sans souci. Je n’ai pas encore lu le dernier de la série mais je crois que, honnêtement, je fais une overdose (ce dernier titre s’appelle « les terroristes » et j’ai rêvé au moment de sa sortie qu’une client ne voulait pas l’acheter de peur que les gens dans le métro la prenne elle même pour une terroriste!)
Bref.
Celui que j’ai préféré est sans hésitation « le policier qui rit » mais c’est quand même effectivement mieux de commencer par le début et de continuer par la suite pour finir par la fin
9 mai 2010 | #
Un polar qui se passe dans les pays de l’Est ça me tente bien!
12 mai 2010 | #
@Emeraude : ah oui, tiens, à l’occasion, je te les emprunterais bien (un par un !!!). Merci, copine !
@La plume et la page : ce n’est pas si courant, il est vrai ! Pourquoi ne pas tenter ?!
12 mai 2010 | #
J’ai Meurtre au Savoy dans ma PAL… Ce tandem d’auteurs parait vraiment tentant…
15 mai 2010 | #
mais de rien
16 mai 2010 | #