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Swap Holmes, sweet holmes !

27 mai 2010

Il y a quelques mois, Emma et Fashion ont lancé un swap en hommage au célèbre habitant du 221B Baker Street. J’ai eu l’immense plaisir de recevoir un colis rempli de paquets… violets ! (voilà une swappeuse qui connaît mes goûts !)

Swap Holmes - colis fermé

Et hop, le voici vite déballé :

Swap Holmes - colis ouvert

Et si on examinait tout cela à la loupe ?

Voici un bel échantillon de livres : deux romans du canon, un roman mettant en scène LA femme qui a attiré Sherlock Holmes, Irene Adler, et enfin un pastiche… J’ai hâte de relire les premiers et de découvrir les autres !

Swap Holmes - Livres 2

Puis, un DVD avec Basil Rathbone : génial, je vais enfin découvrir cet acteur dans ce rôle qui pour moi colle parfaitement à la peau de Jeremy Brett ! Et notez les beaux marque-page spécial Holmes…

Swap Holmes - DVD

A cela s’ajoute “l’équipement de l’enquêteur parfait : un carnet de notes pour noter les indices, une arme pour arrêter les criminels et une pipe pour aider à la réflexion”, dixit ma swappeuse ! (je me demande si je vais être crédible auprès des criminels, avec cette arme ?!)

Swap Holmes - Objets

Et vous le constatez : il y a aussi un paquet de thé… Mais c’était un thé Mystère : il fallait que je mène l’enquête pour en découvrir les ingrédients ! J’ai trouvé les mûres et framboises, mais il y a aussi des fraises et du thym… Un vrai délice, ce thé vert ! (je ne suis pas sûre qu’Holmes et Watson soient de mon avis, ils sont trop anglais pour apprécier ce genre d’exotisme dans leur breuvage national ! Open-mouthed )

J’ai aussi un adorable Sherlock Holmes pour mettre dans mon prochain sapin de Noël (y a plus d’saison, ma bonne dame !). N’est-il pas trop chou ?!

Et enfin, voilà de très jolies cartes postales que ma swappeuse a dénichées à Edimbourg (ville natale de Conan Doyle) :

Swap Holmes - Cartes postales

Je comprends pourquoi son swap est si parfait !

Un énorme MERCI à toi, chère ISIL !!! Je suis enchantée de ce colis qui colle tant au thème et à mes goûts ! Peace Sign

NB : ma swappée était Nanne et je suis bien contente d’avoir découvert son blog grâce à Sherlock !

Le bleu est une couleur chaude, Julie Maroh

21 mai 2010

Le bleu est une couleur chaude Ce n’est pas moi qui contredirait l’auteur : j’adore le bleu. Julie Maroh en joue admirablement bien dans cette bande dessinée qui vous prend aux tripes du début à la fin. Pour preuve, les premiers mots sont issus d’une lettre qui dit : “Mon amour, quand tu liras ces mots j’aurai quitté ce monde.” et le livre s’achève sur la mer en pleine page, dans toutes ses nuances de gris, de bleu, de brun.

Entre les deux, l’histoire d’une jeune fille. Clémentine est au collège et elle s’interroge sur sa sexualité : elle ne comprend pas pourquoi elle reste insensible au charme des garçons devant lesquels ses copines bavent. Et puis, quelques temps plus tard, elle croise le chemin d’Emma, une fille plus âgée qu’elle à l’étrange chevelure bleue.

Vous l’aurez deviné, cette BD traite d’un sujet encore tabou dans de nombreuses familles (comme celle de Clémentine) : l’homosexualité féminine. L’auteur a traité ce thème avec une infinie délicatesse, abordant les faits comme ils se présentent sans doute dans la réalité, sans l’enjoliver ni la noircir. On suit le personnage de Clémentine depuis son adolescence jusqu’à sa vie d’adulte et l’on voit précisément comment sa psychologie évolue, comment elle passe du doute à la certitude, comment elle laisse libre cours à son désir et fini par s’accepter telle qu’elle est, malgré la rupture que cela a provoqué avec sa famille. Cela semble parfaitement injuste de devoir choisir entre ses parents et son amour, sous prétexte que celui-ci ne convient pas aux premiers (et ce qui est montré ici avec l’homosexualité est vrai aussi pour d’autres critères telles que la couleur de peau, la classe sociale, l’orientation politique…).

En plus d’avoir maîtrisé son sujet et d’avoir incité le lecteur a tant d’empathie qu’il fini par verser une larme en tournant les dernières pages, Julie Maroh a effectué un travail incroyable sur la couleur et le graphisme. Les pages correspondant au temps présent sont en couleurs, mais toute la partie qui retrace le passé de Clémentine est en dégradé de gris… sauf, la couleur bleue, qui apparaît à travers la chevelure d’Emma, et à travers des objets, parfois. Cette mise en valeur d’une couleur en particulier souligne l’importance d’un personnage : Emma, le centre du monde aux yeux de Clémentine. Les dessins servent aussi bien l’histoire : les émotions, les postures, les plans choisis font passer les émotions au lecteur.

Un vrai talent se cache ici : Les cœurs exacerbés (c’est le blog de l’auteur), et pour ma part, je vais guetter la sortie de son prochain album !

Special thanks : à Emeraude, qui m’a offert cette superbe BD pour mon anniversaire. Une trouvaille de libraire, bravo, miss !

Ed. Glénat, mars 2010, 156 p.

 

Dugly ! Chienne de vie, Stivo

17 mai 2010

pub-dugly Pour bien commencer la semaine, voici une BD rigolote et fort bien pensée : sous la forme de gags, on partage la vie d’un jeune couple qui décide d’adopter un chien, après avoir mûrement réfléchi aux inconvénients que cela pourrait entraîner dans leur quotidien… Choix de la race, du nom, achat de matériel spécialisé, premières soirées passées avec leur petit animal si mignon… toutes ces scènes sont croquées avec humour et justesse.

Bien sûr, la petite Dugly, puisque tel est son nom (une contraction de Dog et Ugly… autrement dit, Chien Moche), n’a pas que des grands yeux craquants. Elle a la fâcheuse habitude de chiper toutes les chaussettes et envoie des boulets gazeux puants à longueur de journée !

Cette bande dessinée au format pratique et très colorée vous fera assurément sourire : n’hésitez pas à jeter un œil au blog de l’auteur, Stivo, pour avoir un aperçu de son talent !

NB : j’ai acheté directement mon exemplaire lors du Salon du Livre de Paris de mars dernier et ma dédicace porte le n° 10, je conserve donc précieusement ce collector qui va certainement prendre de la valeur quand l’auteur sera riche et célèbre ! ;-) )

Ed. Paquet, mai 2010, une petite centaine de pages, à vue de truffe.

Quand viennent les cyclones, Anita Nair

13 mai 2010

Quand viennent les cyclones Héra, déesse de la mythologie grecque, est la sœur jumelle de Zeus. Celui-ci chasse leur père et a recours à la ruse pour tromper la vigilance de sa sœur, la viole et Héra, humiliée, se résout à l’épouser.

Mîra, indienne de Bangalore, est une épouse comblée. A quarante et quelques années, elle est une maîtresse de maison accomplie, a élevé deux enfants avec son époux Giri, cadre supérieur d’une multinationale. Ils vivent tous dans une maison mauve, au charme ancien, avec la mère de Mîra, Saro, et sa grand-mère, Lily, une ancienne actrice. Mîra se compare souvent à Héra : la reine des déesses, qui affronte avec courage les épreuves que le Destin lui réserve.

Mîra vient de publier un livre de cuisine à la sauce Nadine de Rothschild : Comment recevoir ses invités, qui s’avère être un véritable succès commercial. C’est donc une femme épanouie, qui ne s’attend pas au cyclone qui s’abat un dimanche sur sa vie : son mari disparaît brusquement sans aucune explication. Et lorsqu’il se manifeste enfin, c’est pour lui annoncer qu’il la quitte définitivement parce qu’il ne s’est jamais senti libre auprès d’elle.

Du jour au lendemain, Mîra doit trouver le moyen de subvenir aux besoins de sa famille. de toute urgence. Elle rencontre par hasard un professeur, JAK (ou J.A. Krishnamurty), qui a longtemps vécu aux Etats-Unis mais est revenu dans la région d’Inde où il a grandi pour y recueillir sa fille aînée : cette dernière est dans le coma à la suite d’une agression dont JAK veut découvrir les tenants et aboutissants. JAK doit écrire un article dans son domaine d’expertise – les cyclones – et Mîra se retrouve à travailler à ses côtés en tant qu’assistante. Et puis, elle apprend à le connaître et s’aperçoit que c’est un homme fragile, intelligent, attentionné… en un mot, tout le contraire de Giri, son ex-mari.

Comme dans Compartiments pour dames, Anita Nair, dans un langage soutenu et très imagé - et même épicé – analyse avec finesse la psychologie féminine avec pour trame de fond parallèle l’enquête de JAK sur l’accident de sa fille. Au travers du regard de trois générations d’indiennes, on apprend une multitude de détails sur la condition de ces femmes aujourd’hui, tiraillées entre tradition et modernité. Elles assument des tâches familiales et domestiques, mais sont aussi sujettes aux mêmes préoccupations que les occidentales : comment repousser les effets de l’âge, continuer à séduire, devenir indépendante financièrement… Anita Nair aborde également un sujet douloureux et d’actualité : les avortements douteux auxquels recourent les femmes indiennes (souvent sous la pression de leurs maris ou familles) lorsqu’elles apprennent (de façon illégale) qu’elles sont enceintes d’une fille. Toute cette réflexion d’une auteure pleine d’empathie pour ses personnages mijote dans un plat aux mille saveurs plus alléchantes les unes que les autres et qui transportent le lecteur dans une bulle d’exotisme.

Ed. Albin Michel, mai 2010, 400 p.

Juliet, Naked, Nick Hornby

7 mai 2010

juliet naked Dans une petite ville côtière au nord de l’Angleterre, du nom de Gooleness (ne dirait-on pas un nom de bière ?), Annie se morfond. Cela fait quinze ans qu’elle est en ménage avec Duncan, un type plutôt banal qui ne se différencie des autres que par sa folle passion pour un chanteur américain des années 80, Tucker Crowe. Sa passion est telle que non seulement il possède tous ses enregistrements, mais en plus il occupe ses vacances à voyager sur les traces de son idole disparue. En effet, cela fait plus de vingt ans que Tucker Crowe a brusquement disparu de la scène musicale et ses fans vieillissants n’ont de cesse d’élaborer, via des forums et blogs, des théories abracadabrantes sur ce qu’est devenu le chanteur, où il se cache, et pourquoi il a arrêté la musique.

Annie, qui travaille dans le petit musée de la ville, a d’autres préoccupations : elle doit monter une exposition sur l’année 1964 et elle est tiraillée par un désir d’enfant qu’elle sait peu probable de se réaliser un jour. Et puis, un matin, elle ouvre le courrier de Duncan (parce que lui le néglige) : incroyable mais vrai, une enveloppe contient une version inédite d’un album de Tucker Crowe : Juliet, Naked. C’est le début d’une dispute irréversible avec Duncan (jaloux qu’Annie ait écouté l’album avant lui) qui conduira Annie a entrer secrètement en contact avec le véritable Tucker Crowe.

J’ai sincèrement beaucoup aimé ce récit riche en idées originales (voire loufoques) et plein d’un humour pince-sans-rire qui caractérise si bien nos amis d’outre-manche. Les personnages sont ciselés à la perfection : un fanatique presque asocial aveuglé par son unique passion, une quadragénaire perdue qui se demande si elle n’a pas gâché sa jeunesse, un ex-chanteur paresseux qui accumule les ex et les enfants… L’analyse de Nick Hornby est parfaitement pertinente, tant en ce qui concerne la “fan attitude” et tous les excès qu’elle comporte que les relations de solidarité que l’on peut nouer à travers le magique outil qu’est Internet. Tous ces ingrédients font de ce roman un excellent divertissement, plein d’émotions, d’un brin de suspense et de nombreux sourires.

Un extrait m’a particulièrement plu : Annie va rendre visite à une personne hospitalisée qu’elle ne connaît quasiment pas mais qu’elle apprécie et doit lui choisir des livres… un vrai casse-tête :

”… elle avait été incapable de fermer l’œil parce qu’elle dressait mentalement une liste de lectures. A deux heures du matin, elle avait décidé que dix livres suffiraient à couvrir les besoins de l’un et l’enthousiasme de l’autre, mais au réveil elle vit bien que débarquer avec une pile branlante de livres de poche fournirait à [X] toutes les preuves nécessaires pour se convaincre qu’elle était déséquilibrée et obsédée. Deux suffiraient largement, trois à  la rigueur, si vraiment elle n’arrivait pas à se décider. Elle finit par en acheter quatre, avec l’intention d’en éliminer deux sur le chemin de l’hôpital. Elle ignorait entièrement s’ils lui plairaient, et ce surtout parce qu’elle ne savait rien de lui, rien d’autre que sa passion pour Dickens.” (p.216-217)

A consommer sans modération.

L’avis tout aussi enthousiaste de : Fashion

Ed. 10/18, 294 p., mai 2010.

 

L’homme qui partit en fumée, M. Sjöwall & P. Wahlöö

6 mai 2010

L'homme qui partit en fumée Couple incontournable de la littérature policière suédoise, Maj Sjöwall (reporter criminel) et P. Wahlöö (éditrice) ont écrit à quatre mains entre 1965 et 1975 une dizaine de romans qui ont été traduits dans le monde entier dans les décennies suivantes.

Leur succès tient tout autant dans la maîtrise du genre et la personnalité de l’inspecteur Martin Beck que dans l’analyse socio-politico-économique de la Suède des années d’après-guerre, à contre-courant de l’image prospère et rassurante que ce pays donnait à l’époque.

Dans L’homme qui partit en fumée, l’inspecteur Beck est sur le point de rejoindre femme et enfants sur l’île où ils passent leurs vacances d’été, lorsqu’il est appelé sur une affaire de disparition. Renonçant à son repos, il se penche sur le cas de ce journaliste spécialiste de politique européenne (on est en pleine “guerre froide”) qui s’est rendu en Hongrie et n’a plus donné de nouvelles à son journal. Poussé par le Ministère des Affaires Etrangères suédois, Martin Beck s’envole à son tour pour la Hongrie (si vous saviez le nombre d’escales et le temps que cela prenait, à l’époque !) afin de résoudre l’énigme de cette disparition dans la plus grande discrétion.

Ce n’est pas tant l’enquête en elle-même qui m’a intéressée (elle est somme toute classique, plutôt dans le style “doucement mais sûrement, à la suédoise, quoi !), que le contexte dans lequel se déroule l’histoire. L’analyse des relations entre les différents services de police et politiques, les tensions internationales, l’importance de la diplomatie entre des pays faisant partie de “blocs” opposés sont autant d’éléments qui m’ont fait voyager à une autre époque. Cet effet est d’ailleurs renforcé par la langue, qui regorge d’expressions surannées que j’ai savourées avec délice : ainsi, Martin Beck “opina du bonnet”, “son déjeuner était passé à l’as”, et malgré tout, vêtu de son “maillot de corps à filet”, de son “cardigan” et de ses “souliers en daim jaune”, on peut dire que “ça baigne dans l’huile” !

Le tout est agrémenté de scènes parfois insolites et cocasses, comme ces séances aux bains douches au cours desquelles des policiers s’échangent des informations confidentielles…

Je comprends pourquoi ces deux auteurs ont laissé leur marque dans la littérature policière : avec un classicisme technique et le respect des règles, ils ont su utiliser le genre pour faire partager leur vision politique de leur pays et de la situation socio-économique qui les préoccupait.

Ed. Rivages, 2008, 269 p. (édité en Suède en 1966)

Simon’s cat, Simon Tofield

2 mai 2010

Simon's cat Vous connaissez peut-être les vidéos de Simon’s cat, qui fleurissent depuis quelques temps sur la Toile… Simon’s cat est un gros chat facétieux qui n’a qu’une idée en tête : se remplir l’estomac ! Alors de page en page, on le voit en train de se faire passer pour une maisonnette d’oiseaux, histoire d’en avaler un, sur un malentendu… Mais comme c’est un chat très inventif, il passe aussi ses journées à faire des tas de bêtises, qui vous rappelleront certainement votre compagnon à quatre pattes… Et franchement, un chat qui a pour meilleur ami un nain de jardin, ça vaut le détour !

L’auteur, Simon Tofield , s’est inspiré de ses propres chats (Hugh, Jess et Maisie), et ça se voit : les situations sonnent juste et sont comiques à souhait !

Vous passerez sans doute comme moi un bon moment de détente avec ces dessins sans paroles (la principale différence avec ce cher Garfield, qui a aussi l’honneur d’être colorié et qui passe moins de temps dans le jardin que Simon’s cat. En fait, Simon’s cat joue toujours sur le comique de situation alors que dans Garfield, le rire vient aussi des bons mots). N’hésitez pas à découvrir le chat de Simon (voici son site officiel : http://www.simonscat.com/)!

Une vidéo pour vous faire une idée :

Special thanks : à Jonx pour ce cadeau !

Ed. Fleuve Noir, nov. 2009, un certain nombre de pages non numérotées !

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