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Le bouquiniste Mendel, Stefan Zweig

30 avril 2010

Logo Stefan Zweig Oups, j’ai failli oublier mon challenge Zweig mensuel organisé par Caro[line] et Karine ! Mais le dernier jour du mois est tout aussi bon qu’un autre, alors voici la nouvelle (est-il besoin de préciser que je l’ai choisie courte ?) dont je vais vous parler : Le bouquiniste Mendel.

Par un procédé que les fans de Zweig vont qualifier en chœur – avant même que j’ai le temps de l’écrire – d’enchâssé, l’auteur met en scène un petit café viennois (le lieu, pas la boisson, petits gourmands !) au sein duquel s’est réfugié pendant près de trente ans un étrange personnage. Le narrateur, étudiant à l’époque, s’en souvient brusquement : “Il trônait là, immuable, ses yeux cerclés de lunettes fixés hypnotiquement sur un livre. Tout en lisant, il grommelait et balançait de temps en temps son buste et son crâne chauve graisseux et mal rasé, habitude qu’il avait prise au cheder, l’école des petits enfants juifs, dans l’Est.” Son nom était Jakob Mendel, il était russe et arrivé clandestinement en Autriche bien des années plus tôt. Il ne vivait que pour les livres, qu’il achetait et vendait, mais surtout examinait et lisait avec le plus grand soin. Sa mémoire était prodigieuse : il connaissait les livres rares, leur lieu et date d’édition, leur prix… Du matin au soir, il restait dans l’arrière-salle du café, indifférent aux conversations des clients et aux allées et venues. Plongé dans son univers littéraire, il était heureux. C’est pourquoi il n’a pas compris pourquoi, un jour de 1915, la police Secrète vient l’arrêter…

C’est bien plus que l’histoire d’un pauvre ère que nous conte ici Stefan Zweig : c’est d’abord son amour immodéré des livres qu’il met en avant à travers ce personnage insolite. Et puis, ce café Gluck dans lequel le bouquiniste se réfugie est l’archétype du café que les Autrichiens affectionnent particulièrement : propre et confortable, avec des banquettes en velours, une caisse en aluminium et des “petites gens qui faisaient une plus grande consommation de journaux que de pâtisseries”. Comme Le Joueur d’Echecs, le personnage principal a une passion et ne vit que pour elle et à travers elle, quitte à ce que sa vie en soit ruinée.

Evidemment, l’écriture riche, ciselée et imagée de Zweig m’embarque toujours aussi facilement dans son récit ; qui plus est, le sujet des livres traité dans cette nouvelle est très attirant. Cependant, ce n’est pas le récit que je conseillerais en priorité à un lecteur qui veut découvrir l’auteur, peut-être parce que le récit est un peu court pour bien apprécier son génie, aussi parce qu’elle est empreinte de tristesse.

Nouvelle extraite de l’édition Le livre de poche, coll. La Pochothèque, 2001.

Idylles, mensonges et compagnie, Agnès Niedercorn

28 avril 2010

Idylles mensonges et compagnie Le Prix Nouveau Talent de la Fondation Bouygues Telecom / Metro / Calmann-Lévy récompense chaque année un premier roman qui intègre le langage SMS et celui des messageries instantanées.

Cette année, c’est Agnès Niedercorn qui a reçu ce prix pour son roman Idylles, mensonges et compagnie. Elle met en scène le lycée parisien Alexandre Dumas, qui est dirigé pour cette rentrée scolaire par un nouveau proviseur. Les élèves de première ES sont inquiets, pour diverses raisons. Bohémond débarque d’une petite ville de Bourgogne et ne sait pas comment les Parisiens vont l’accueillir. La jolie Chloé espère que son Medhi l’aime toujours après l’éloignement des grandes vacances, Joséphine la pétillante rouquine espère poursuivre son beau parcours scolaire pour décrocher plus tard un concours de grande école, Noam a un secret à préserver et la mystérieuse Silia aura bientôt l’air très préoccupé…

Ces histoires d’adolescents qui s’entrecroisent au fil des mois (et des chapitres) sont clairement destinées à un public plus jeune que moi (j’ai deux fois leur âge !) mais j’avoue avoir laissé libre cours à mon côté fleur bleue / midinette et je ne me suis nullement forcée à aller jusqu’au bout de ce roman, cela s’est fait tout seul ! Bien sûr, les intrigues ne sont pas révolutionnaires, les histoires d’amour arrivent avec leurs gros sabots, les adolescents se créent des problèmes là où il n’y en a pas, mais ce qui fait la force de ce roman, ce sont ses personnages vraiment attachants, avec leurs interrogations, leurs défauts, leur maladresse, mais aussi leur humour (“Je vais me suicider avec ma règle” dit par exemple Bohémond) et leur manière de raisonner, toujours dans les extrêmes, me rappelle des souvenirs ! J’ai un faible pour le professeur de français, Jacques Tanel, qui semble aimer profondément son métier, ses élèves et se sort habilement des situations les plus délicates (ah tiens, on dirait que j’ai réussi à trouver un intérêt de mon âge dans ce roman de djeunz ! ;-) ).

Comme l’exige la participation au Prix, part belle est faite aux sms et autres échanges msn, sans toutefois que cela ait l’air forcé ou incongru. Ce langage coule de source lorsqu’il s’agit d’échanges entre cette jeune génération (pour ma part, j’écris des sms à l’ancienne, avec des mots complets. Les abréviations comme Slt, GHT du P1 me hérissent ! On ne se refait pas… oups, j’ai l’air d’une vraie croulante, là !).

J’ai donc aimé passer quelques heures dans ce lycée, retrouver des préoccupations d’adolescente, et apprendre quelques subtilités du langage msn ! Un livre qui plaira sans nul doute aux collégiennes et lycéennes et que pourront leur chiper leurs mamans !

Ed. Calmann-Lévy, avril 2010, 270 p.

MIKA en concert à Bercy

27 avril 2010

MIKAAlors là, j'ai été soufflée. D'accord, je savais que le gars MIKA n'est pas un chanteur ordinaire. Justement, la norme, il s'en balance comme de sa première paire de Conv*rse. Eh bien, sans dévoiler les surprises que réservent son concert, je peux vous dire que l'entrée en scène est incroyable ! C'est à la limite d'une pièce de théâtre, avec mise en scène, jeu d'acteurs, effets spéciaux… WAOUH !

Et puis, MIKA a un attachement particulier à Bercy, il nous l'a dit (je dis "nous" parce que je n'étais pas seule au concert. J'étais avec mes 18 hérissons C*moi et 17.000 autres personnes qui n'avaient rien trouvé de mieux à faire hier soir que de venir piétiner ma piste de danse) : quand il était plus jeune, MIKA venait à Bercy voir ses idoles. Et là, il doit grave kiffer à être de l'autre côté avec la salle remplie à craquer (j'étais perchée au 6ème balcon à gauche, pour tout vous dire).

Ah, au fait, il parle tellement bien français que j'étais limite déçue : j'aime bien l'English accent… Heureusement, il a le culot d'inviter sur scène une chanteuse d'opéra qui nous a fait profiter de la belle langue allemande, histoire de pimenter un spectacle fort animé. Parce que le bougre saute dans tous les sens, court partout, danse sur son piano, s'habille, se change, se fait poursuivre par un dragon sur scène… On est loin de mes séances de gym de mémère (c'était il y a longtemps, je vous rassure) ! Ce n'est pas un concert, c'est un SHOW MULTICOLORE !

Bon, je dois maintenant avouer ce sur quoi j'ai flashé. MIKA a d'adorables baskets à paillettes argentées, style boule à facettes. Dès qu'il fait un pas, ça brille de mille feux. JE VEUX LES MÊMES !!! (en plus, il a un parapluie assorti, c'est trop la classe, pas vrai, Caro ?)

Et le son, me direz-vous ? Eh bien, on me dit dans l'oreillette qu'il était vraiment très bon (et c'est loin d'être toujours le cas à Bercy !), limpide et savamment dosé. MIKA a chanté ses nouveaux tubes mais aussi d'anciennes chansons (dont une écrite lorsqu'il avait 15 ans, très jolie balade qu'il a jouée au piano. Ses copains de l'époque étaient quelque part dans la salle (attention, je n'ai pas vérifié cette information par manque de moyens)). Ce garçon a vraiment une voix particulière, qu'il met en valeur aussi bien dans les chansons calmes que dans ses compositions endiablées qui nous font onduler gracieusement notre corps dans les soirées (je parle pour moi, hein, je ne vous ai jamais vu danser, en fait !).

 

Vous l'aurez compris, j'ai passé une très bonne soirée avec MIKA qui achève son concert dans une pluie de cotillons, ballons et paillettes si bien qu'on se croirait en train de fêter le Nouvel An avec des potes tous habillés en arc-en-ciel : je vous conseille d'en faire autant à la prochaine occasion ! HAPPY NEW YEAR !

 

NB : tiens, voici le come back de ma rubrique Musique que j'avais bien négligée ces derniers temps !

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