tamaculture

La peur, Stefan Zweig

22 mars 2010

Stefan Zweig romans et nouvelles Irène est une bourgeoise trentenaire qui semble comblée. Elle vit dans une jolie maison viennoise avec son mari, ses deux enfants, et des domestiques et employés qui s’occupent de tout ce dont vous et moi rêvons de faire disparaître de nos activités du week-end…

Il y a quelques temps, elle a rencontré un pianiste qui est devenu, elle ne sait trop comment, son amant. Cette aventure brise la routine de ses sorties mondaines, tout en lui pesant sur la conscience : elle craint que cela ne se sache… Un jour, alors qu’elle sort, le cœur battant, de l’immeuble de son amant, Irène est abordée par une horrible mégère qui l’accuse de lui voler son bien-aimé. Prise de court et affolée, Irène lui met un billet entre les mains et s’enfuit.

Tremblante de peur, Irène rentre chez elle et peine à faire bonne figure devant la maisonnée. Sa peur ne fait qu’augmenter, quand quelques jours plus tard, la vilaine femme la retrouve et lui extorque de l’argent : l’idée du chantage a fait son chemin.

Irène, acculée, s’angoisse et son esprit ne cesse d’être torturé par la culpabilité. Cependant, elle n’arrive pas à se décider à avouer sa faute à son mari, qui se montre pourtant soucieux de sa nervosité et lui tend des perches pour qu’elle lui confie ce qui la ronge.

J’ai trouvé cette nouvelle très réussie, surtout du fait de la tension dramatique qui s’instaure dès les premières pages. L’inquiétude du lecteur augmente avec celle de l’héroïne, qui, incapable autant d’avouer son aventure que de repousser le maître-chanteur en jupons, ressemble à une biche aveuglée par les phares d’une voiture au milieu de la route. Le rythme et la psychologie féminine sont extrêmement bien vus par l’auteur qui joue avec le lecteur jusqu’au dénouement inattendu.

Logo Stefan Zweig

Ah, ce Stefan, quel talent !

NB : incroyable mais vrai : cette nouvelle ne contient pas de récit enchâssé !

Lu dans le cadre du Challenge Ich liebe Zweig lancé par Caro[line] et Karine.

 

7 commentaires »

  1. Caro[line] says

    J’adore cette nouvelle ! Je trouve que notre chère Stefan décortique et décrit vraiment bien toutes les émotions de l’héroïne. Ma nouvelle préférée après « Lettre d’une inconnue » !!

    22 mars 2010 | #

  2. bladelor says

    Ce mois-ci pour le challenge, je vais lire une nouvelle du même recueil que le tien, mais je ne sais pas encore laquelle…

    22 mars 2010 | #

  3. Tamara says

    @Caro[line] : je suis d’accord avec toi (et avec moi-même ! :wink: ), celle-ci est vraiment une réussite, à lire absolument si on aime Zweig !

    @Bladelor : tu n’as que l’embarras du choix, mais pourquoi pas La Peur ? Succès garanti !

    22 mars 2010 | #

  4. Carine says

    Ahhlalala, il faut que je la lise aussi :)

    22 mars 2010 | #

  5. Nina says

    J’ai moi aussi aimé cette nouvelle, on ressent vraiment la tension montée, l’angoisse qu’Irène se fasse prendre, la peur est remarquablement bien représentée. mais Stefan Zzweig est un grand romancier.

    22 mars 2010 | #

  6. Tamara says

    @Carine : oui, m’dame, c’est la prescription du Docteur ! :wink:

    @Nina : oui, et grand novelliste !

    23 mars 2010 | #

  7. Karine:) says

    Pas de récit enchâssé!!! C’est vrai que c’est étonnant! Elle est sur ma liste… comme pas mal de Zweig!!

    26 mars 2010 | #

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