Instructions pour sauver le monde, Rosa Montero
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Dans certains livres, l’ambiance est glauque, les personnages antipathiques et le lecteur, plombé, n’a qu’une envie : fuir.
Ici, l’univers est loin d’être joyeux : on est dans la banlieue d’une grande ville espagnole, et on traîne souvent dans un bar d’habitués situé en face d’un club de prostitution. Alternativement, on suit la vie de deux personnages principaux, l’un, Matias, chauffeur de taxi, est dévasté et immensément seul, après le décès de sa femme, et l’autre, Daniel, est malheureux en ménage et son boulot de médecin urgentiste le laisse aigri et désabusé, il s’évade en se créant un avatar dans Second Life, un monde virtuel.
Eh bien, malgré tout, ce roman est formidable ! Cela tient d’abord au ton qui colle véritablement à la peau des personnages et à l’écriture, qui m’a tout de suite plu. Ensuite, l’approche psychologique des deux hommes présentés ci-dessus est particulièrement fouillée : on éprouve d’emblée de l’empathie envers Matias, l’envie de l’aider à sortir de sa dépression, alors que Daniel ne provoque que du dégoût tellement il est pathétique. Les destins de ces deux êtres malheureux vont se croiser autour de celui de deux femmes : Fatma, une belle et jeune prostituée à l’enfance tragique, qui a un lézard pour gri-gri, et Cerveau, une vieille femme alcoolique, ancienne professeur, qui traîne dans le bar où se réfugie Matias lors de ses nuits de travail. Ce personnage m’a d’ailleurs particulièrement touchée.
J’ai aimé le fait que des fils s’entrecroisent et constituent le riche écheveau de ce récit, j’ai aimé que l’auteur dévoile négligemment l’avenir de personnages très secondaires (le lecteur aime tout savoir !), j’ai aimé la façon dont Rosa Montero raconte une histoire : avec intelligence, souci du détail et de la symétrie, compassion pour des laissés pour compte, et un goût pour éparpiller de lueurs d’espoir ici et là. Un roman plein d’â€humanitude†que je recommande chaudement !
Un grand merci à Keisha pour le prêt de ce livre voyageur, j’ai bien envie de lire les précédents romans de Rosa Montero, maintenant, c’est malin ! ![]()
Ed. Métailié, jan. 2010, 269 p.

Et une tentation supplémentaire, une !
D’autant plus que j’aime bien cette maison d’édition !
12 février 2010 | #
J’ai déjà été tentée par les autres billets mais les avis sont unanimes (ou alors, j’ai occulté les rares négatifs ! mdr !)
12 février 2010 | #
@Aliénor : oui, mais là, il faut que tu succombes !
@Joelle : je crois que ceux qui l’ont lu ont aimé, comment faire autrement ? (hé hé, j’en rajoute une couche !). C’est vraiment une chouette histoire, sans fin à la guimauve ni pathos, une sensiblerie juste… à lire, donc !
12 février 2010 | #
J’ai déjà lu quelque chose sur ce bouquin et il est depuis dans ma LAL! Tout le monde en dit du bien!…
12 février 2010 | #
J’ai lu peu d’avis, mais tous positifs!
Oui, on a envie de découvrir ses autres titres!
12 février 2010 | #
@La plume et la page : oui, alors, tu sais ce qu’il te reste à faire… !
@Keisha : j’irai voir à ma médiathèque s’ils en ont ! Merci encore de me l’avoir prêté !
15 février 2010 | #
Chouette ! Il va venir chez moi !!
19 février 2010 | #
J’ai de plus en plus envie de découvrir cet auteur! Avec ce titre et avec son précédent qui a l’air passionnant aussi!
2 mars 2010 | #
En parfait alchimiste de la narration, Rosa Montero a construit l’anarchie parfaite. 4 personnages qui s’attirent et se rejettent dans des champs magnétiques invraisemblables, un bouquet de coïncidences qui s’enchaînent à l’image d’une longue traîne de robe de mariée. La toile d’araignée de la vie les attrape pour ne les laisser plus. Car la vie n’est autre chose qu’une longue collection d’histoires de tous les jours…
http://www.hautecoolture.fr/2010/07/instructions-pour-sauver-le-monde/
29 juillet 2010 | #