La Pierre de Lune, Wilkie Collins
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Cela faisait longtemps que je me promettais de lire ce livre qui est considéré comme le premier roman policier anglais (il fut publié en 1868), même si à l’époque, on appelait ce genre “roman à sensationâ€.
Ce n’est pas tant l’intrigue qui est intéressante que la manière dont le récit est mené. Il s’agit d’une sorte de roman épistolaire à plusieurs voix : différents personnages prenant part aux événements vont raconter, chacun dans une longue lettre, le déroulement des scènes qu’ils ont vécues. Le premier à prendre longuement la plume est Betteredge, le vieux serviteur de la famille Verinder, qui possède un domaine dans la campagne anglaise. On apprend ainsi comment un oncle de la famille, qui, lors d’un assaut militaire dans une petite ville des Indes (alors colonies britanniques), déroba dans un musée diamant jaune extraordinaire par sa taille et par les pouvoirs divins que lui conféraient les brahmanes (indiens appartenant à une caste supérieure qui interprétaient les pensées des dieux). A la mort de ce parent, c’est l’unique jeune fille de la maisonnée, Rachel, qui doit en hériter à l’occasion de son anniversaire. Evidemment, la Pierre de Lune, comme est surnommé le diamant, disparaît dans des circonstances inexplicables, et le Sergent Cuff, éminence grise de Scotland Yard, vient mener l’enquête au milieu de la famille et des serviteurs, bousculant ainsi toute la maisonnée.
Les personnages sortent de l’ordinaire : le vieux Betteredge est pris d’une fièvre policière et seconde hardiment le sergent Cuff. Il ne se sépare jamais de sa vieille édition de Robinson Crusoë, véritable bible qui répond à ses interrogations en toutes circonstances. Le sergent souffre d’une passion pour les roses qui l’amène à des discussions animées avec le jardinier. Miss Clarck, vague nièce de Milady, est une vieille fille dévote qui ne désespère jamais de convertir son prochain… On y découvre également un médecin ayant recourt à l’opium : les effets secondaires de cette drogue sont d’autant mieux décrit que l’auteur souffrait lui–même de cette addiction.
Tout cela est assez jubilatoire pour le lecteur, d’autant que l’écriture victorienne de ce roman, riche et surannée, est un délice pour l’esprit. Wilkie Collins était d’ailleurs un contemporain et ami de Charles Dickens avec lequel il collaborait, notamment pour la publication de feuilletons à suspense dans des magazines.
C’est par conséquent avec conviction et enthousiasme que je recommande la lecture de La Pierre de Lune à tout amateur de roman policier mais aussi de littérature victorienne : c’est un récit qui prend le temps de camper les personnages et les petits événements de la vie quotidienne avec un humour typiquement british !
PS : petit grognement : mon exemplaire acheté chez Gibert m’a réservé une mauvaise surprise : à trois reprises, une page avait été arrachée du livre et j’ai donc peut-être manqué des indices capitaux ! Sans blague, c’est hyper désagréable d’être ainsi privée d’une partie (même minime) d’un livre ! Voilà un risque inhérent aux occasions…
Ed. du Masque, 2003, 570 p.

J’achète de temps en temps des livres chez Gibert mais je ne fais pas attention aux pages… Il faudra que je me méfie, surtout quand je choisis des livres d’occasion.
24 janvier 2010 | #
Quelle idée d’arracher des pages !
Je n’ai jamais eu de mauvaise surprise avec les livres d’occasion. Pourvu que ça dure !
24 janvier 2010 | #
@La plume et la page : malheureusement, il est difficile de détecter 3 pages manquantes à différents endroits sur près de 600 pages !
@Naina : je n’en achète pas beaucoup d’occasion, mais c’est la première fois que ça m’arrive, cela reste probablement un événement marginal !
24 janvier 2010 | #
J’avais beaucoup aimé « la dame blanche » (si c’est bien comme ça que ça s’appelle, j’ai un trou tout à coup!!) mais c’était il y a longtemps. Tu me donnes très envie mais comme je sais que je ne suis pas forcément une fan de l’époque victorienne (quoique en VO, peut être…)
24 janvier 2010 | #
Mais quelle horreur!! Des pages arrachées! On en a pendu pour moins que ça!
Bon, ça n’empêche pas que j’ai bien envie de retrouver Wilkie Collins maintenant!
25 janvier 2010 | #
Je n’ai toujours pas terminé la lecture de « La dame en blanc » commencée il y a plus d’un an … et pourtant, j’ai beaucoup aimé ce que j’avais lu !!! Mais il y avait trop de choses à m’arriver en même temps à l’époque !
25 janvier 2010 | #
@Emeraude : oui, c’est bien la Dame en Blanc… Je pense le lire un jour également ! Et bien sûr, essaie la VO, toi !
@Chiff : tu me fais rire !
@Joelle : les priorités ne sont pas toujours les livres, dans la vie !
25 janvier 2010 | #
Tu peux donc corriger le nombre de pages : 570 p. – 3 = 567 p.
25 janvier 2010 | #
@Jonx : you’re right, man !!
25 janvier 2010 | #
j’ai beaucoup apprecié cette lecture aussi.
2 février 2010 | #
Ah, je sais tout le dénouement de celui-ci après ma lecture de Drood (Dan Simmons)… mais je vais quand même découvrir Collins!!!
3 février 2010 | #
Mercredi chez Galignani, je me suis demandée d’où me venait l’idée d’acheter ce roman… Je viens de retrouver la source
(Parfois le matin je survole rapidement mes blogs préférés,et il faut croire que certaines choses s’inscrivent dans l’inconscient avant d’être inscrites sur la LAL!) Je l’ai commencé hier soir, et pour le moment ça me plaît beaucoup
5 février 2010 | #
je viens de le commencer, j’ai pris l’édition phebus libretto, c’est la seule traduction complète de l’original. Elle était d’occas aussi, j’espère qu’il ne manquera pas de pages!
19 février 2010 | #