Fume et tue, Antoine Laurain
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Evidemment, mon billet passe après ceux de nombreuses autres lectrices, subjuguées depuis deux ans par le charismatique Fabrice Valantine (ou par le bel Antoine Laurain ?
. Je vais donc m’en tenir à un résumé succinct de l’intrigue pour m’attarder sur mes impressions personnelles.
Fabrice Valantine est chasseur de têtes dans un cabinet géré "à l’ancienne" par son PDG fondateur. Il est marié (et heureux !), a une fille étudiante, et gagne bien sa vie. Une seule ombre entache sa vie (et probablement ses dents !) : c’est un fumeur invétéré. Sur l’insistance de son épouse, il va voir un hypnotiseur qui l’aide facilement à se débarrasser de cette sale manie. Cependant, alors qu’un triste accident se produit (le PDG de sa boîte meurt d’une crise cardiaque), il ressent le besoin de fumer. Malheur : cette cigarette post-hypnose ne lui procure aucun plaisir, ni aucune des suivantes ! Il découvrira accidentellement que seul le fait de tuer rendra à la cigarette son goût d’antan, constat qui va lancer sa carrière de meurtrier.
Cette idée originale a été bien exploitée par son auteur. Fabrice Valantine est le narrateur d’un récit au présent, créant ainsi dès le départ un sentiment de rapprochement avec le lecteur. Il nous devient même assez inexplicablement sympathique, alors qu’il n’a rien du héros beau, fort et sexy. La première partie est plutôt longue (d’autant que le titre laisse immédiatement deviner l’intrigue !) mais permet de mettre en place tous les éléments – à la fois environnementaux et psychologiques – qui serviront judicieusement la suite de l’histoire (je pense notamment au hobby de Fabrice) en s’imbriquant parfaitement.
La seconde partie est ma préférée : plus d’action et de suspense ! A ce propos, je comprends parfaitement le choix du titre pour son jeu de mots, mais il ne correspond pas aux faits décrits dans le roman, qui seraient plutôt : Tue et Fume… (évidemment, le jeu de mots tombe à l’eau…). A ce propos, le style de l’auteur est agréable et adroitement saupoudré d’humour (si on lui pardonne le titre du roman, ce que je fais bien volontiers tant il m’a divertie).
Je termine par une confidence : bien que je sois non-fumeuse et la première à râler lorsque je me retrouve enfumée à "l’insu de mon plein gré", la volupté et les effets complaisamment décrits (au long de 279 pages !) d’une bouffée de fumée de cigarette m’ont presque donné envie d’en griller une !!!
Merci à Brize pour le prêt, c’est un livre voyageur qui est maintenant chez Chiffonnette !
Les avis d’Anne, Cathulu, Cuné, Fashion, Joëlle, Katell, Lily, Lou, Michel, Papillon
Ed. Le Passage, jan. 2008, 279 p.
