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Chroniques de Mudfog, Charles Dickens

30 décembre 2009

Chroniques de Mudfog C'est à une véritable pantomime de la vie quotidienne de la petite ville de Mudfog que nous convie Dickens, dans un ouvrage où le grotesque des situations le dispute au comique le plus ébouriffant : des avatars de la destinée de M. Tulrumble qui, d'humble charpentier devenu maire, se prend pour le nombril de l'univers ; des préparatifs de la réunion de Mudfog pour l'avancement du monde à son ordre du jour : faut-il créer des maternelles pour les puces laborieuses ? Ne devrait-on pas remplacer les membres de la force publique et les magistrats par des automates ?… (présentation de l’éditeur)

Ce que j’en dis : la passion de Cuné pour le grand Charles, soutenue par l’amour ancien que lui porte Fashion, a réveillé en moi l’envie de lire d’autres romans du fameux écrivain britannique que Le Petit Chose (veuillez excuser l'effet des bulles de champagne !) David Copperfield lu au collège et dont je garde un vague souvenir de noirceur et de tristesse, et évidemment Le drôle de Noël de Scrooge que j’ai lu il y a quelques années remis au goût du jour par la sortie du film de Disney.

Je suis tombée par hasard chez Gibert sur Les Chroniques de Mudfog qui ont une couverture rigolote et l’avantage d’être peu épaisses ! (J’ai parfois de drôles de critères pour choisir des livres). Ces quelques chroniques m’ont permis de retrouver l’humour si savoureux de Dickens, mais quelques redondances dans les récits m’ont quelques peu gâché mon plaisir (je recommande donc de ne pas lire ces histoires d’une traite) et les “Quelques commentaires relatifs à un lion” m’ont laissée dubitative. Cela dit, doté d’une préface de Pierre Gripari fort intéressante, ce petit recueil reste un apéritif agréable avant d’attaquer les plats de romans plus consistants de l’écrivain !

Ed. Privat / Le Rocher, 2006, 193 p.

Petite Anglaise, Catherine Sanderson

28 décembre 2009

Petite Anglaise Lorsqu’elle était jeune fille, Catherine rêvait déjà de vivre en France. Ses études la conduisent à Paris, où elle rencontre Mr. Frog, un jeune Français qui va devenir son mari. Quelques années plus tard, Catherine est prise dans la routine de son boulot de secrétaire, des allers-retours chez la nounou pour récupérer Tadpole (“Têtard”, sa fille de 2 ans) et une vie de couple qui bat de l’aile pour diverses raisons. Un jour, au bureau, elle découvre l’existence des blogs et de façon impulsive, crée le sien. Elle commence à publier des articles sur ce qu’elle voit et petit à petit, sur sa vie. Bientôt, elle rencontre un certain succès qui l’amènera à faire des rencontres, lesquelles bouleverseront sa vie.

J’avoue m’être ennuyée durant les 70 premières pages, pour une simple raison : la vie de cette jeune femme me rappelait la mienne (métro-nounou-boulot-et inversement) et comme par-dessus le marché, je vis à Paris et que j’ai un blog, aucun élément ne me paraissait bien exotique dans cette histoire ! Au cours du roman, lorsque Catherine analyse sa passion pour l’univers des blogs et sa culpabilité (légère) à parler d’elle à des inconnus (qui le sont de moins en moins), cela devient un peu plus intéressant. Et puis, lors d’une rencontre de bloggeurs, elle est charmée par un certain Jim de Rennes…

Au final, j’ai été agacée par des répétitions (et notamment le Petite Anglaise* apparaissant dix fois par page en italique avec son astérisque) et le style est vraiment celui d’un journal intime, sans recherche et parfois parlé. Je n’ai donc pas été entièrement convaincue par cet ouvrage, mi-roman, mi-témoignage, et conseille de le réserver aux personnes pour lesquelles l’univers des blogs est inconnu, cela leur permettra de s’initier facilement à ce monde de fous ! Oh go on

Ed. Calmann-Lévy, novembre 2009, 356 p.

 

La Mécanique du Coeur, Mathias Malzieu

26 décembre 2009

Mecanique du coeur C’est de saison : voici un joli conte qui commence par la plus froide nuit d’hiver qu’ait jamais connue Edimbourg. On est en avril 1874 et une jeune femme monte sur la colline où vit le Docteur Madeleine, la vieille femme accoucheuse, pour mettre au monde son bébé. Hélas, le cœur du bébé a gelé, et Madeleine, un peu sorcière, lui installe à la place une horloge. Sa mère l’abandonne sur place et le petit Jack grandit donc dans l’orphelinat de la vieille dame. Celle-ci le met en garde lorsqu’il atteint l’âge de dix ans : pour que son cœur-horloge fonctionne correctement, il ne doit ni se mettre en colère, ni surtout, tomber amoureux.

Evidemment, Jack aperçoit un jour en ville une jolie petite danseuse andalouse à l’air maladroit dont il tombe éperdument amoureux… Les années passant, il n’aura de cesse de la retrouver, au risque de casser l’engrenage qui lui sert d’organe vital…

J’ai beaucoup aimé cette histoire, à la fois dure et poétique, écrite par Mathias Malzieu (du groupe de rock français Dionysos).

Quelques notes extraordinaires, une partition de sentiments parfaitement jouée, une harmonie d’amour et d’amitié et voilà une histoire à lire (dès 13 ans environ) par une froide nuit d’hiver, bien sûr !

Ed. J’ai Lu, mars 2009, 156 p.

Les vies privées de Pippa Lee, Rebecca Miller

16 décembre 2009

Pippa Lee Dur, dur, le mois de décembre ! On court partout, il fait un froid de canard laqué, la nuit – cette traîtresse ! – nous accueille au lever et s’abat sur nous alors qu’on n’est même pas sorti du bureau… Bon, il est temps de trouver des solutions :

a) si vous avez une cheminée : allumez un bon feu, enfouissez-vous dans votre vieux fauteuil avec un plaid et un thé brûlant, et passez au c)

b) si vous n’avez pas de cheminée : remplissez une bouillotte, sautez sous votre couette, calez deux bons gros oreillers et passez au c)

c) dans tous les cas, lisez ce roman :

Pippa Lee est une femme encore d’énergie, la cinquantaine épanouie et une parfaite épouse qui prend soin du foyer et de son époux (leurs deux enfants étant adultes, ils ont quitté le nid). Celui-ci, Herb, a trente ans de plus qu’elle, et il décide qu’il est temps que le couple vende ses actifs mobiliers et immobiliers pour aller s’installer dans un de ces villages ensoleillés pour 4ème âge où l’on trouve tout sur place : centre commercial, coiffeur, et bien sûr, médecins…

Les voilà donc dans leur nouvelle maison de Marigold Village Seniors (sic). Herb n’abandonne pas encore tout à fait son métier d’éditeur (de renom) et se rend chaque jour dans un petit local aménagé en bureau. Pippa s’ennuie et ce nouvel environnement la perturbe plus qu’elle ne veut bien l’avouer : elle fait des crises de somnambulisme plutôt étranges. L’une d’elle l’amène à faire la connaissance du fils paumé de sa plus proche voisine et une certaine attirance les amène à se raconter leur vie. On découvre alors le passé plutôt chaotique et trouble de Pippa, qui sous ses airs de mère et femme parfaite, cache bien des secrets.

Si je vous conseille ce roman, c’est parce qu’il recèle une bonne dose de chaleur humaine tout en évitant un sentimentalisme à l’eau de rose. Au contraire, cette Pippa donne la pêche et son parcours plein d’embûches et de retournements de situations permet d’expliquer ce qu’elle est devenue et sa relation difficile avec sa fille. L’auteur analyse avec une légèreté apparente teintée d’humour certains vices de la société américaine : le culte de la femme parfaite et de la réussite professionnelle, notamment. C’est l’histoire d’une femme très attachante qui permet à bon nombre d’entre nous de vivre pendant quelques heures une autre vie par procuration !

NB : n’ayant pas vu l’adaptation cinématographique de ce roman sortie il y a quelques semaines, je ne m’avancerai pas sur le sujet !

L’avis de : Cathulu

Ed. Seuil, octobre 2009, 290 p.

 

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