Aujourd’hui est un jour spécial pour les vampires
: c’est la sortie mondiale, pas moins, de la suite officielle de Dracula (comprenez : autorisée par les descendants) , co-écrite par le petit-neveu de Bram Stoker (l’auteur du roman original) et par un spécialiste du personnage de Dracula : Ian Holt.
Et pour moi aussi, c’est un jour spécial : me voilà contrainte de reconnaître que j’ai dévoré ce roman alors que :
a) je n’aime pas les vampires (pour preuve, je n’ai lu aucun roman de Stephenie Meyer)
b) je n’ai jamais vu Entretien avec un Vampire ni aucun film contenant le moindre suceur de sang et
c) je n’ai carrément jamais lu Dracula tout court ! 
En réalité, de nombreux atouts jalonnent ce roman :
Voilà le premier : ça se lit comme un polar. Il y a des meurtres, un inspecteur de Scotland Yard, Cotford, des “détectives†amateurs : le groupe des héros du premier Dracula, qui réapparaissent 25 ans plus tard lorsque des indices leur laissent penser que leur pire ennemi, qu’ils étaient persuadés d’avoir vaincu dans son château de Transylvanie, n’est en réalité pas mort.
Autant dire que j’ai vite été dans mon élément : j’adore les romans policiers.
Mais ce n’est pas uniquement cela qui m’a plu. Bien que n’ayant pas lu le roman de Bram Stoker, je n’ai absolument pas été perdue dans le dédale des personnages et des lieux. Tout commence à Paris, où Quincey, le fils de Mina et Jonathan Harker (deux des pourfendeurs du comte Dracula) étudie. Il délaisse cependant la Sorbonne pour faire du théâtre de rue et admire les grands acteurs contemporains comme Basarab, qu’il va être amené à rencontrer. La suite du roman se déroule à Londres, à Exeter (où demeurent Mina et Jonathan) et à l’abbaye de Carfax à Whitby.
Pour ne pas dévoiler trop d’éléments, je ne vais pas m’étaler davantage dans l’intrigue, que j’ai trouvée très bien construite, avec un suspense haletant, mêlant éléments du passé et explications afin de permettre à tous les lecteurs (qu’ils aient lus ou non Dracula) d’avoir toutes les clés en main… et de frissonner à maintes reprises devant d’atroces scènes !
Il faut à présent que j’avoue découvrir que les vampires ne sont pas forcément ces immondes créatures buveuses de sang que j’imaginais.
Ils ont des pouvoirs surnaturels fort pratiques, à commencer par l’immortalité. Mais ils peuvent également se déplacer extrêmement vite, dans les airs, possèdent une force surhumaine, se métamorphoser en diverses créatures, et ils possèdent de surcroît des facultés de télépathie. Enfin, ils peuvent avoir un certain charme, voire provoquer une attirance folle pour certaines… (là, je dois avoir l’air naïve car tout le monde était sûrement déjà au courant, pardonnez mon innocence !
)
Rassurez-vous, je ne suis pas tombée amoureuse d’un vampire. Car ce roman nous présente un spécimen de la pire espèce (que l’on découvre dans les premiers chapitres) : la comtesse Báthory. Son plaisir est simple : elle sélectionne de jeunes et jolies femmes, les torture, boit et se baigne dans leur sang. Tout cela avec une cruauté inimaginable. Et elle va être un adversaire bien plus redoutable que Dracula pour les héros vieillissants du précédent volume !
Enfin, et ce n’est pas rien, j’ai trouvé ce roman bien écrit, jonglant avec talent entre les lieux, les personnages, les époques et même avec la réalité, puisque des événements se sont réellement produits en 1912, lorsque se déroule cette histoire (c’est ainsi que Bram Stoker lui-même est un personnage important de ce roman !). Par ailleurs, la fin de l’ouvrage contient des explications historiques, notamment sur les véritables Prince Vlad Dracula et Elizabeth Báthory, mais aussi des notes de Bram Stoker qui laissaient à penser qu’il envisageait une suite à son roman. Son petit-neveu et Ian Holt racontent également à la fin du livre leur rencontre et leurs choix pour l’écriture de cette suite. Ils ont tout fait pour respecter l’esprit et les personnages de l’original (par exemple, le policier Cotford était un personnage imaginé par Bram Stoker mais non utilisé à l’époque dans Dracula). J’ai donc appris une foule de choses intéressantes sur le sujet, j’en suis fort aise !
Evidemment, je meurs d’envie de me plonger dans Dracula maintenant… affaire à suivre.
Pour les fans : sachez que Dacre Stoker et Ian Holt seront demain, vendredi 16 octobre à partir de 18h30 au Virgin des Champs-Elysées pour parler de leur travail et bien sûr, saigner des dédicaces !
Ed. Michel Lafon, oct. 2009, 510 p.