Bien des choses, François Morel
//php wikiovote(); ?>Voilà de quoi prolonger les vacances…
Qui n’a jamais, en effet, séché devant la énième carte postale à envoyer à Tatie Renée ou à un collègue de bureau auquel on se passerait bien de penser durant les vacances ?
En s’inspirant de sa pièce de théâtre du même nom, qu’il a interprétée sur scène avec Olivier Saladin, François Morel (oui, l’ex-Deschiens) réunit dans cet ouvrage la crème des cartes postales les plus caricaturales, et bien sûr, c’est drôle à souhait :
Tout au long du siècle dernier, le vingtième, l’une des traditions estivales consistait à s’adresser des mots écrits à la main sur des petits bouts de carton. […] Comme dans les romances, l’optimisme était de mise sur les cartes postales : le ciel toujours bleu, la mer toujours belle, les vacances toujours bonnes (quoique trop courtes). On ignorait les insolations, les méduses, les moustiques, les attentes dans les aéroports, les routes surchargées, les retards des trains, les locations décevantes, les grains de sable dans les chaussures et les fourmis dans la salade… Sur les cartes postales, simplement, la vie se rêvait idéale.
C’est ainsi que M. et Mme Brochon échangent des cartes postales d’une banalité qui serait affligeante si elle n’était pas amusante (parce qu’on est obligé de se reconnaître un peu dans ces lignes !) avec M. et Mme Rouchon. Mais au travers de ces cartes postales, c’est une féroce critique de notre société qui transparaît.
Que penser des gens qui voyagent jusqu’ à l’autre bout du monde et se collent devant TV5 pour regarder Questions pour un champion (c’est valable pour Navarro aussi !) ? Quelle attitude faudrait-il avoir devant des enfants qui mendient des piécettes ou des bouteilles d’eau dans les pays les moins développés ? “Si on donne à un, on est obligés de donner à tous. C’est pas facile†dit M. Rouchon en se débarrassant ainsi de sa mauvaise conscience.
Et qui n’a pas connu un M. Dupuy, l’inénarrable joyeux drille (dit-on le premier jour, avant qu’il ne devienne “le gros lourdâ€) d’un groupe de vacanciers, lesquels supportent des jeux de mots affligeants tant qu’ils sont trop lâches pour lui dire ses quatre vérités ?
Les textes sont agrémentés de sympathiques dessins de Rabaté (dont j’ai parlé cette semaine), se lisent avec délice et donnent à réfléchir… A bon entendeur…
Ed. Futuropolis, août 2009, 180 p.

J’adore les illustrations! Et puis j’ai tellement de mal avec les cartes postales que je me dis que je pourrais bien y trouver l’inspiration!
21 septembre 2009 | #
@Chiff : je te le prêterai volontiers, à l’occasion !
21 septembre 2009 | #
La pièce en question, hilarante, est reprise à Paris cet automne, à la Pépinière Théâtre il me semble, et toujours avec François Morel et Olivier Saladin. Spectacle très divertissant, que je recommande !
21 septembre 2009 | #
@Yohan : merci pour ce complément d’information !
22 septembre 2009 | #