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Notre mère la guerre, Maël & Kris

25 septembre 2009

Nàtre mere la guerre Cette Première Complainte nous plonge sans ambages dans l’atrocité de la Première Guerre Mondiale. Août 1914 : les cloches carillonnent et appellent les hommes à la guerre.

Quelques mois plus tard, au cœur de l’hiver, dans un petit village entre Reims, Châlon-sur-Marne et Verdun. Le front n’est qu’à quelques kilomètres, et les soldats sont nombreux à venir s’abreuver (avant ou après le combat) dans les quelques bistrots. Et puis, une femme est retrouvée assassinée avec sur elle, une lettre de son assassin. Un soldat est déclaré coupable et il est fusillé sans plus de cérémonie (il faut “montrer l’exemple”). Mais quelques temps plus tard, une seconde femme, puis une troisième, sont retrouvées mortes avec le même modus operandi dans ce secteur.

C’est à qu’intervient le lieutenant de gendarmerie Vialatte. Il doit retrouver le coupable des meurtres dans un contexte épouvantable : les soldats n’aiment pas voir venir fouiner un porteur d’uniforme qui ne combat pas, sans compter que mener une enquête dans les tranchées dans des conditions climatiques très difficiles est loin d’être une partie de plaisir…

J’avoue de pas être fan des dessins de Maël mais je reconnais qu’’ils rendent justice au récit, les couleurs sombres ou ocres (à l’image de la couverture) rendent parfaitement l’ambiance sordide de l’époque.

A recommander à ceux qui s’intéressent à cette période et aux récits de guerre ou aux fans des auteurs !

Ed. Futuropolis, septembre 2009, 64 p.

Harry Potter et les Reliques de la Mort, J.K. Rowling

23 septembre 2009

Harry Potter 7 Je me souviens de la frénésie qui s’était emparée de millions de lecteurs à travers le monde lors de la sortie de ce septième et dernier volume d’Harry Potter, voilà deux ans. A minuit, le jour de sa sortie, des files d’attente s’allongeaient devant les librairies ouvertes en nocturne pour l’occasion et les jours suivants, dans le métro, au moins trois ou quatre personnes par rame avaient les yeux rivés dans leur exemplaire chèrement acquis (des yeux déjà cernés d’avoir lu une partie de la nuit !).

L’avantage d’attendre deux ans, c’est qu’on est peinard, pas de pression pour connaître avant tout le monde la fin de la saga, et même, là, je ne vais même pas présenter le roman, vu que tout le monde l’a lu !

Mais voici le revers de la médaille : j’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans cet épais volume car ma mémoire n’était pas à la hauteur pour que je me souvienne des tomes précédents ou des innombrables personnages. A part Harry, Ron, Hermione et quelques autres incontournables, les noms voguaient devant mes yeux, arrivaient à mon esprit qui se torturait : “ça me dit quelque chose, mais qui c’est, déjà, celui-là ?!”…

Bref, quelques centaines de pages plus loin, enfin dans le bain, j’ai davantage apprécié les nouvelles aventures des sorciers (et autres dérivés). Plus matures, et par conséquent, avec plus de doutes, les héros de J.K. Rowling décident de mener jusqu’au bout leur combat contre Voldemort.

La fin est plutôt convenue même si elle nous sert quelques sacrifices en évitant ainsi l’”happy end” à l’américaine… J’avoue que j’avais espérée un combat final d’Harry Potter contre Vous-savez-qui plus spectaculaire !

Harry Potter, Tome 7, voilà, ça c’est fait.

Special thanks : à Delphine qui m’a gentiment prêté son exemplaire (que je n’ai pas trimbalé dans le métro !) et bien sûr, une pensée pour Erzébeth qui cale sa table de nuit avec les 7 volumes d’Harry Potter (et du coup, elle est bancale. La table de nuit, pas Erzébeth). Feeling beat upOh go on

Ed. Gallimard Jeunesse, oct. 2007; 809 p.

La planète des alphas, C. Huguenin et O. Dubois

21 septembre 2009

Planete des Alphas Que serions-nous sans la lecture ? Des personnes sans doute bien différentes, et à mon avis, nous ressentirions un gros manque !

Alors, pour les enfants qui rencontrent des difficultés avec l’apprentissage de la lecture, une méthode ludique est proposée dans La planète des Alphas. Le principe est simple : l’enfant écoute l’histoire enregistrée sur le CD et regarde les belles images du livre.

Dans cette histoire, un petit garçon s’ennuie, ses copains sont partis en vacances, la télé est cassée et… il ne sait pas lire. C’est alors qu’arrive Cosmopolux, qui lui propose de l’emmener sur la planète des Alphas. Ces derniers sont de gentils personnages : il y a par exemple la Botte, le Cornichon, la Dame, le Vent, le Wagon… mais hélas, sur la planète d’à côté, la planète des Bêtas, vivent d’affreux zigotos qui passent leur temps à se battre et ils sont menés à la baguette par une horrible sorcière qui a décidé de kidnapper les Alphas pour que plus personne ne puisse lire et qu’elle puisse régner sur la galaxie (rien que ça !).

Et pendant que se déroule l’histoire, l’enfant rencontre Monsieur A, qui rit tout le temps (ha ha ha), Monsieur O, qui aime faire des bulles bien rondes, Madame U, qui se balade toujours à cheval (hue !!!), etc.

L’air de rien, l’enfant joue avec les personnages-mots et associe des sons aux formes des lettres. L’ouvrage présente également des activités à faire avec l’enfant (devinettes et petits jeux), un grand poster avec les personnages des Alphas à découper, et l’histoire est retranscrite à la fin du livre pour les parents qui veulent la lire !

Un mot sur les auteurs : Claude Huguenin est spécialiste dans la remédiation des troubles du langage écrit et Olivier Dubois est un philosophe qui s’intéresse aux recherches effectuées dans le domaine de la psychologie cognitive de la lecture.

Mon fiston est encore trop petit pour apprécier leur livre mais je pense que c’est une approche intéressante de la lecture pour des enfants à partir de 5 ans.

Co-éd. Récréalire / Eveil & Découvertes, 2008, 63 p.

Bien des choses, François Morel

19 septembre 2009

Bien des choses 

Voilà de quoi prolonger les vacances…

Qui n’a jamais, en effet, séché devant la énième carte postale à envoyer à Tatie Renée ou à un collègue de bureau auquel on se passerait bien de penser durant les vacances ?

En s’inspirant de sa pièce de théâtre du même nom, qu’il a interprétée sur scène avec Olivier Saladin, François Morel (oui, l’ex-Deschiens) réunit dans cet ouvrage la crème des cartes postales les plus caricaturales, et bien sûr, c’est drôle à souhait :

 

Tout au long du siècle dernier, le vingtième, l’une des traditions estivales consistait à s’adresser des mots écrits à la main sur des petits bouts de carton. […] Comme dans les romances, l’optimisme était de mise sur les cartes postales : le ciel toujours bleu, la mer toujours belle, les vacances toujours bonnes (quoique trop courtes). On ignorait les insolations, les méduses, les moustiques, les attentes dans les aéroports, les routes surchargées, les retards des trains, les locations décevantes, les grains de sable dans les chaussures et les fourmis dans la salade… Sur les cartes postales, simplement, la vie se rêvait idéale.

lettre-sofia-lorraine- bien-des-choses-françois-morel-futuropolis C’est ainsi que M. et Mme Brochon échangent des cartes postales d’une banalité qui serait affligeante si elle n’était pas amusante (parce qu’on est obligé de se reconnaître un peu dans ces lignes !) avec M. et Mme Rouchon. Mais  au travers de ces cartes postales, c’est une féroce critique de notre société qui transparaît.

Que penser des gens qui voyagent jusqu’ à l’autre bout du monde et se collent devant TV5 pour regarder Questions pour un champion (c’est valable pour Navarro aussi !) ? Quelle attitude faudrait-il avoir devant des enfants qui mendient des piécettes ou des bouteilles d’eau dans les pays les moins développés ? “Si on donne à un, on est obligés de donner à tous. C’est pas facile” dit M. Rouchon en se débarrassant ainsi de sa mauvaise conscience.

lettre-le-retour- bien-des-choses-françois-morel-futuropolis Et qui n’a pas connu un M. Dupuy, l’inénarrable joyeux drille (dit-on le premier jour, avant qu’il ne devienne “le gros lourd”) d’un groupe de vacanciers, lesquels supportent des jeux de mots affligeants tant qu’ils sont trop lâches pour lui dire ses quatre vérités ?

Les textes sont agrémentés de sympathiques dessins de Rabaté (dont j’ai parlé cette semaine), se lisent avec délice et donnent à réfléchir… A bon entendeur…

Ed. Futuropolis, août 2009, 180 p.

Le petit rien tout neuf avec un ventre jaune, Rabaté

17 septembre 2009

Un petit rien tout neuf C’est l’histoire de Patrick, quadragénaire qui tient une boutique de farces et attrapes. Mais à la différence de ses clients, il ne se marre pas du tout. Au contraire. Patrick a tout du type déprimé (et pourtant, il a une couette Bob l’Eponge et un tapis en peau de Casimir au pied de son lit, c’est vous dire s’il aurait des raisons d’être un joyeux-luron…). Mais bon, sa femme l’a quitté, alors il se sent seul et entretient son cafard. Et puis un jour, il rencontre une jolie acrobate de cirque qui va lui faire voir le monde d’une autre manière, bien plus colorée.

Rabaté met son talent au service de cette jolie histoire d’amour par des illustrations simples, épurées, mettant l’accent sur le principal (même si quelques détails sont vraiment drôles, comme le costume de l’homme caoutchouc qu’enfile Patrick pour une soirée). L’humour se mêle malgré tout à cette description d’une petit ville triste de province, même lorsque les personnages rencontrent des moments difficiles (avoir un frère qui triche et se retrouve à poil à Interville devant des millions de téléspectateurs, ce n’est pas franchement réjouissant !).

J’ai vraiment bien aimé cette histoire, petite bouffée d’air dans cette rentrée bien chargée. Et cela m’a donné envie de découvrir d’autres BD de ce dessinateur !

NB : pour ceux qui sont intrigués par le titre… la clé se trouve dans la toute première image de la BD !

Ed. Futuropolis, août 2009, 102 p.

La face cachée de la lune, Martin Suter

13 septembre 2009

Face cachée de la lune J’espérais, en retrouvant cet auteur allemand suisse alémanique (dont La face cachée de la lune était le second roman, il en a écrit bien d’autres depuis) plonger dans cet univers qui lui est propre : à la fois extrêmement proche de la réalité, et en même temps, avec cette part de folie et de singularité qui le caractérisent. Et ouf, je n’ai pas été déçue, c’est encore une fois un roman très fort que nous sert Martin Suter sur un plateau (suisse).

Urs Blank, avocat d'affaires spécialisé dans les fusions d'entreprises, homme mûr et respectable, se cherche de nouveaux horizons. Il croit trouver auprès de Lucille, une jeune hippie, de quoi satisfaire la crise d'identité qu'il traverse. Au cours d'une cérémonie en pleine forêt, la jeune femme l'initie aux champignons hallucinogènes, et soudain tout bascule. Blank ingère un champignon peu connu aux effets redoutables qui va métamorphoser sa vie et celle de son entourage… Comme dans Small World, son précédent roman, Martin Suter mêle ici à une trame policière palpitante, digne des grands romans noirs américains, une étude profonde et subtile de la déviance mentale et signe un hymne d'une beauté inouïe à la forêt et à la violence de la nature. (présentation de l’éditeur)

Le personnage d’Urs Blank est tout à fait détestable à partir du moment où sa personnalité “ordinaire” (pour un avocat d’affaires !) se métamorphose sous l’effet d’un champignon (le conocybe caesia). Sous les yeux du lecteur estomaqué, Urs devient peu à peu insensible à la notion de Bien et de Mal, et cela l’entraîne vers des dérives de plus en plus extrêmes. Ses rares proches ne le reconnaissent plus tandis qu’il s’enfonce dans son état, et le pire est qu’il semble s’y complaire. Lui qui ne fréquentait que les bureaux et hôtels passe de plus en plus de temps dans les bois, jusqu’à se confondre avec la Nature. Tout cela est décrit avec une précision, une véracité confondante. On s’imagine presque à la place de ce personnage (auquel on ne peut pourtant s’attacher), et on assiste avec horreur à sa déchéance la plus totale.

Comme dans Le diable de Milan et Un ami parfait, l’aspect psychologique est très développé et un soupçon de trame policière s’ajoute à l’histoire. Encore un roman profond et éprouvant avec une plume très sensorielle. J’aime !

Extrait p. 121 :

Il avait plu pendant la nuit. Le chemin qui traversait la forêt et menait au tipi était glissant. Ils devaient constamment faire des pauses pour se débarrasser de la semelle argileuse qui collait à leurs chaussures.
Le prairie où se tenait le tipi venait d’être tondue. La tondeuse n’avait laissé que quelques rangées de hautes graminées juste à côté des montants de la tente. La paroi rocheuse se perdait dans les nuages, moins de cinq mètres au-dessus d’eux. La chute d’eau tombait du néant dans le petit bassin. De la fumée montait du tipi et se répandait au-dessus de la clairière comme un couvercle gris-bleu. Il faisait froid.

Ed. Points, fév. 2002, 333 p.

Comme deux gouttes d’eau, Tana French

9 septembre 2009

Tana French

J’ai trouvé ce polar très réussi : pour preuve, j’étais accrochée aux pages et j’aurais bien prolongé mes voyages en métro pour en lire davantage ! Cela s’explique par des personnages troubles au profil psychologique très particulier, notamment quatre étudiants qui vivent dans un vieux manoir de famille qu’ils ont eux-mêmes rénové. Trois jeunes gens et une jeune fille envers lesquels les villageois ressentent une animosité certaine, principalement parce qu’ils ne s’intègrent pas et vivent presque en autarcie sociale. Ils sont à la fois attirants et un peu étranges, voire instables. On sent qu'il y a quelque chose de pas clair dans leur relation sans pouvoir mettre le doigt dessus. 

Et côté policier, la jeune inspectrice, Cassie Maddox, va directement se fourrer dans la gueule du loup, puisque la jeune fille qui a été retrouvée assassinée et qui vivait avec les quatre autres étudiants lui ressemblait… comme deux gouttes d’eau (CQFD en ce qui concerne le titre). Elle prend donc sa place, la police ayant fait croire à tous que la victime n’avait pas succombé à ses blessures et elle va servir d’appât au meurtrier… ou à la meurtrière ! S'ensuit une sorte de huis clos, à l'atmosphère parfois pesante du fait de la tension psychologique entre les protagonistes à l'affaire.

C’est un roman policier prenant, au suspense bien dosé et dont on tourne les pages avec appréhension et plaisir ! J’ai hâte de lire La Mort dans les bois, le premier polar de Tana French.

Les avis de : Cuné, Cathulu, Caro[line], Lily, Eireann

Ed. Michel Lafon, juin 2009, 481 p.

Toujours prêt, Jeeves ? P.G. Wodehouse

7 septembre 2009

J'avais lu une ou deux des aventures de Bertram Wooster dans ma vie "d'avant-blog" et c'est avec joie que je l'ai retrouvé dans cet opus. Pour ceux qui ne le connaissent pas, sachez que ce gentleman anglais est célibataire, qu'il attire systématiquement et malgré lui une certaine intellectuelle quand elle est entre deux amours (et manque de peu de convoler en justes noces), et bien qu'il ne fasse rien de spécial dans la vie à part en profiter et fréquenter des clubs de gentlemen, il lui arrive toutes sortes de mésaventures. Heureusement, Jeeves, son fidèle majordome à la cervelle herculepoirotesque, est là pour le sortir d'affaire…

C'est étrange : les intrigues qui s'entrecroisent sontt plutôt minces (un fiancé jaloux, une tante qui doit absolument vendre son magazine à un vieux raseur…) mais l'exploitation parfaite de l'humour british et la galerie de personnages hauts en couleurs (tout est dans les détails : le fiancé à la tête de citrouille, la tante qui balance des Agatha Christie dès qu'elle s'énerve ou angoisse…) font de cette aventure pseudo-policière une lecture jubilatoire et très divertissante. J'adore l'ambiance très anglaise qu'on y retrouve dès qu'on plonge dedans, et j'aimerais beaucoup goûter au fameux "cocktail spécial" de Jeeves !

A tester d'urgence si vous ne connaissez pas !

Merci à Alinéa de m'avoir offert ce divertissement lors du Lotobook !

Ed. 10-18, 2007, 246 p.

Flambant neuf, Janet Evanovich

5 septembre 2009

Ca faisait longtemps… j'ai profité de cet été pour lire mon dernier (argh !) polar avec Stéphanie Plum traduit en français…

Encore des aventures folles, des méchants bien caricaturaux, les bad boys Ranger et Morelli toujours vaillants et se disputant la fougueuse Stéphanie, des mètres de tissus en strech fluo ou panthère sur Lula, la coéquipière de notre sympathique héroïne, un régime protéiné suivi à la lettre (!!!), un chien au nom rigolo (Bouh), une virée à Las Vegas

En résumé, c'est une série policière dont tous les tomes sont construits de la même façon mais dont on se lasse pas parce que le style de Janet Evanovich est vraiment drôle et rafraîchissant : c'était parfait pour le mois d'août !

Mexicali City Blues, Gabriel Trujillo Munoz

3 septembre 2009

Je lis rarement de la littérature mexicaine, principalement parce qu'elle croise rarement mon chemin. Et lorsque c'est le cas, je ne répugne pas à pimenter un peu ma vie de lectrice ! Ici, une curiosité policière en treize chapitres à la douzaine

Miguel, détective privé, vient en aide à son ancienne petite amie de lycée, Cecilia, dont le mari s'est volatilisé. Ce pilote d'hélicoptère aguerri était en mission dans le désert à la frontière mexicaine pour le compte d'une association écologique lorsque son appareil a mystérieusement disparu.

Miguel mène son enquête en mettant les pieds dans le plat et les mains dans le cambouis, il se fait estourbir et manipuler mais c'est un coriace et il n'abandonnera pas avant d'avoir pu donner une réponse à Cecilia sur son état civil.

Un condensé de polar en 85 pages, à l'écriture nerveuse et dépaysante, aïe gringos, avis aux amateurs !

Ed. Les Allusifs, fév. 2009, 85 p.

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