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Arles… euh, qu’un !

31 juillet 2009

Comme beaucoup, j'ai succombé au challenge de l'été concoctés par Fashion et Chiffonnette : les Harlequinades 2009 (logo signé In Cold Blog).

Après une course à travers Paris dans pas moins de 3 Monop' (certains manquent franchement de culture), j'ai enfin pu découvrir l'étonnante gamme XXL d'Harlequin qui s'offrait à moi.

Ne sachant quelle couverture était la plus affreuse, j'ai fini par choisir celle qui me paraissait la plus cliché, dans la collection Audace, vu qu'il en faut une sacrée dose pour se lancer dans une pareille aventure littéraire.

 

A moi l'immense privilège (même s'il y a une coquille dès la première demi-page) de présenter ici : Nuits complices.

Où l'on apprend que la nuit Harlequin coûte 2,40 €

Je préfère vous le dire tout de suite, le "s" de nuits se justifie par l'évocation de deux nuits, pas une de plus (pour 4,80 €, faut pas non plus abuser de la générosité de l'auteur). Mais commençons par faire la connaissance de trois copines : Dana, Amy et Kelly (remarquez au passage la consonnance très "Beverley Hills 90210" des prénoms). Toutes trois ont débarqué de leur provinces natales respectives à New-York il y a quelques années, rêvant de faire partie du "show business" (ce terme me replonge directement dans les années 80, pas vous ? O-ô ). Par malchance (what else ?), nos trois gourdes héroines ont toutes échoué : Amy et Kelly travaillent à la Réception d'un hôtel de luxe, tandis que Dana est coatch sportive et a des clients dans ce même hôtel, ce qui permet aux trois copines de prendre des cafés matinaux en échangeant des potins.

Où l'on découvre la différence de taille parfaite pour s'embrasser

Ce matin, Dana, vingt-sept ans, 1,75 m, longue crinière blonde – et pardonnez-moi, j'ai oublié la couleur de ses yeux, mais ils sont magnifiques et un peu mystérieux, cela va de soi – une jeune femme aux longues jambes de gazelle mais qui ne se doute pas une seconde de l'effet qu'elle fait aux hommes (toute ressemblance avec un autre Harlequin est forfuite), Dana, donc, a rendez-vous avec un nouveau client. Il s'appelle Chase Culver (prononcez "Tchéze Keulveur" sinon ça fait "chat-ze cul vert" et l'effet sexy tombe complètement à l'eau), il a l'air d'un beau et riche Texan et il est brun, 1,82 m (je n'avais pas mesuré l'importance du nombre de centimètres de chaque personne jusqu'à ce que Dana me fasse remarquer que Chase et elle avait la différence de taille idéale pour s'embrasser… AH BON !!!). Bref, Dana et Chase courent dans Central Park, et elle bien qu'elle ait pour principe de ne jamais sortir avec ses clients, Dana accepte l'invitation à dîner de Chase (parce que vraiment, il est trop beau et elle se sent fondre comme du chocolat et trembler comme de la gelée anglaise en sa présence).

Où des révélations fracassantes étourdissent la lectrice

Mais en réalité, Chase n'est pas ce que l'on croit. Il s'agit en fait d'un policier qui a reçu une balle (pas bien cicatrisé, nous en sauront plus au prochain paragraphe) et dont l'IGS étudie le cas, alors il a accepté une mission privée : découvrir qui est l'auteur des nombreux vols qui ont lieu dans l'hôtel de luxe susmentionné depuis deux mois. Dana est sur sa liste de suspects, mais il tombe à la fois dans son propre piège et amoureux d'elle, il a donc des scrupules à lui mentir, d'autant qu'il lui fait croire qu'il est producteur et que cela fait renaître l'espoir de carrière artistique à la belle échaudée.

Où l'on spoile sur les nuits complices (interdit au – de 16 ans)

La première fois que Dana et Chase se font un gros câlin (oui, j'ai repéré quelques jeunes yeux qui n'ont pas tenu compte de l'avertissement ci-dessus) dans la chambre d'hôtel de Chase, Dana ne veut pas qu'il lui fasse un poutou intime réservé au moins au dixième ou quinzième rendez-vous. Mais lors de la deuxième rencontre charnelle qui se déroule dans la baignoire-jaccuzi attenante, elle accepte, ce qui les rend tous les deux fous de joie, à se demander s'ils n'ont pas inondé le sol et fait déborder la baignoire sans penser à la technicienne de surface qui va se taper le sale boulot le lendemain matin.

NB : pas si godiche que ça, Dana s'aperçoit que son mâle texan a une vilaine cicatrice boursoufflée ("on dirait une blessure par balle ?" devant et encore une autre derrière ("on dirait un coup de couteau ?"). Heureusement, elle est assez naïve pour croire les explications douteuses fournies par ledit beau mâle. (OK, elle est godiche.)

Où l'on se demande si la collection Audace mérite son slogan "Sexy.Impertinent.Osé."

Sexy ? D'accord, les personnages sont beaux et attirants. Cependant, les dialogues sont ponctués de "Seigneur !", de "Bon sang !" et de "se morigéna-t-elle" qui enlèvent la dernière once de glamour et de crédibilité qu'il aurait pu y avoir dans les échanges entre les différents protagonistes de cette histoire !

Osé ? Je vous laisse juger sur pièce, pour ma part, je suis plutôt morte de rire : "Un coin de sa bouche se releva, et il inclina la tête vers la baignoire-jaccuzi. – Ce serait une honte d'ignorer cette baignoire. – Rigolo, je pensais la même chose. – Ah oui ? dit-il en passant les doigts sous l'élastique de son string. – Tu peux me croire, cow-boy, repartit-elle avec un sourire. Il fut si rapide qu'elle ne comprit même pas qu'il avait fait glisser le tissu le long de ses jambes, mais elle se retrouva avec le slip autour des chevilles. Elle donna un coup de pied, il atterrit sous le lavabo, et ils se remirent à rire. Tout cela était dingue." (extrait p. 167)

Impertinent ? Là encore, le style incroyable de Debbi Rawlins me laisse pantoise, tout comme les pensées intérieures de haute volée de nos héros :

(Dana) "L'idée que Kelly s'en aille lui faisait horreur. Bêtement, elle n'avait jamais pensé que leur trio puisse un jour se séparer, le concept était dur à avaler." (p. 32)

(Chase)  "D'accord, elle avait des jambes qui devaient s'enrouler joliment autour de la taille d'un homme et un petit derrière ravissant, mais elle était toujours sur la liste des suspects. Tout comme les autres personnes qui y figuraient. Il ferait donc mieux de penser à garder sa braguette fermée." (p. 35)

En résumé, c'est un faux polar (on saura tout de même qui a perpétré les vols, car Chase a eu le temps entre deux activités sportives de s'occuper de son enquête) avec Ken et Barbie qui tombent amoureux, s'exilent en province, trouvent des postes stables et rassurants et avec une fin ouverte au suspense implacable : "Si jamais elle était enceinte, cela ne la dérangerait pas du tout."

Mais finalement, ma déception est logique : d'après ce test Harlequin, je suis une Aventurière, et c'est dans la collection Black & Rose qui est faite pour moi ! Ca tombe bien, j'en avais choisi un pour le mois d'aôut, précisément dans cette collection : il saura sûrement me rendre pleinement heureuse.

A noter, pour ces Messieurs qui ne trouveraient pas la force de plonger dans un Harlequin : 

le Challenge Chick Litt for Men court toujours chez Calepin !

 

 

La traversée de l’été, Truman Capote

23 juillet 2009

La saison se prête parfaitement à la lecture de ce court roman de jeunesse de Truman Capote, jamais publié de son vivant et retrouvé miraculeusement grâce à un concierge conservateur (ou calculateur), paraît-il.

Présentation de l'éditeur

Grady McNeil a dix-sept ans et l'âme passionnée. Alors que ses riches parents vont passer l'été en Europe, elle se retrouve seule dans un New York vibrant sous la canicule. Délaissant le luxe de la Cinquième Avenue, elle tombe amoureuse de Clyde, gardien de parking à Broadway. Ils s'aiment, mais de façon différente. La fierté provocante de Grady et la nonchalance de Clyde vont peu à peu les entraîner vers de dangereux précipices. Cette saison sera toute leur vie.

Je ne sais pas pourquoi l'auteur n'a pas trouvé son roman "abouti" et a même déclaré l'avoir brûlé. Si j'avais écrit cela à vingt ans et quelques, je l'aurais trouvé fort publiable, ma foi !!! J'ai particulièrement apprécié la psychologie des trois personnages principaux : Grady, la jeune fille, et ses deux soupirants : Clyde, le "bad boy" réservé, et Peter, son meilleur ami qui va découvrir que son intérêt pour son amie est autre chose qu'une bonne camaraderie. Déjà, l'humour parfois cynique de Capote se retrouve dans les aventures estivales des New-Yorkais décrits dans ce récit. C'est vivant, piquant, et hélas, il est vrai, un peu trop court à mon goût ! A noter qu'une préface résumant la vie de Truman Streckfus Persons (alias Capote) et une postface de son avocat racontant les circonstances de la découverte de ce manuscrit complètent agréablement cet ouvrage.

Une phrase (p. 41) : "Il y a une sorte de magie à observer l'être aimé sans qu'il en ait conscience, comme si sans le toucher on lui prenait la main et que l'on lise dans son coeur."

Ed. Le Livre de Poche, fév. 2008, 152 p.

Extrêmement fort et incroyablement près, Jonathan Safran Foer

21 juillet 2009

Dommage que je ne me souvienne jamais du nom de cet auteur ni de ses titres alambiqués, parce que, franchement, il vaut le détour !

Dans Extrêmement fort et incroyablement près, on fait la connaissance d'Oskar, un petit New-Yorkais de neuf ans qui n'a pas la langue dans sa poche. Particulièrement intelligent mais surtout extrêmement sensible, il découvre par hasard dans le placard de son papa, décédé peu de temps auparavant, une petite clé dans une enveloppe qui porte l'inscription : Black. Muni de ce seul indice, Oskar va tenter de découvrir quel mystère son père dissimulait ainsi dans sa penderie. Le voilà parti en pérégrinations à travers la Big Apple, tâche d'autant plus ardue pour un enfant de son âge qu'Oskar fuit tout ce qui peut ressembler à un métro, un bus ou même un pont…

D'une incroyable sensibilité, ce récit au petit air "policier" nous entraîne dans l'univers déformé et plein de secrets d'un enfant très attachant, à l'imagination fertile qui lui permet d'inventer mille objets farfelus très drôles. Parallèlement s'immiscent des chapitres sur la rencontre en Allemagne de sa grand-mère et de son grand-père, lequel ne parlait pas mais communiquait en écrivant de courtes phrases dans un cahier. Petit à petit, on découvre l'histoire pas banale de cette famille. Je ne souhaite pas en dire plus sur les circonstances de la disparition du papa, laissant au lecteur le soin de découvrir quel événement l'auteur aborde dans ce livre…

Le ton est assez particulier puisque qu'il s'agit soit de pensées et paroles d'enfant, soit des bizarreries d'un homme sans parole, mais dans tous les cas, c'est un langage très vivant auquel on s'habitue vite. Quand à la forme, elle n'en est pas moins originale : de drôles de photos illustrent le récit (pages du cahier du grand-père, chat qui tombe par la fenêtre, trou de serrure…).

J'ai vraiment apprécié l'originalité de Jonathan Safran Foer : j'ajoute donc à ma LAL le célèbre Tout est illuminé.

Ed. Seuil, Points, 2006, 462 p.

La vie devant ses yeux, Laura Kasischke

15 juillet 2009

Diana a la quarantaine et vit dans la banlieue résidentielle proprette d'une petite ville américaine. Belle et dans tout l'épanouissement de son âge, elle vit parfaitement heureuse entourée de son mari professeur et de leur petite fille Emma. Une seule ombre au tableau : alors qu'elle était au lycée, un drame s'est noué : un étudiant armé a fait feu sur ses camarades. Vingt-cinq ans après, les séquelles sont toujours présentes dans la tête de Diana…

Comme d'habitude, avec Laura Kasischke, il ne faut pas s'attendre à ce que les choses prennent la direction qu'elles sont supposées suivre. Des scènes "d'autrefois", avec Diana en lycéenne, alternent avec sa vie "présente"… L'auteur nous mène par le bout du nez avec un savoir-faire impressionnant et sa plume, simple et soucieuse de détails, captive le lecteur, jusqu'à ce qu'il réalise qu'un petit caillou s'est glissé dans l'histoire et est venu enrayer la machine. Tout s'emballe, on est perdu, on s'est encore fait avoir comme un bleu. Epatant.

Bien sûr, on n'a pas forcément toutes les réponses aux interrogations que le texte soulève mais si l'on aime être un peu bousculé par un livre, il ne faut pas hésiter plus longtemps !

Ce roman a été publié aux USA en 1996 : c'est le premier roman de Laura Kashischke, paru avant Un oiseau blanc dans le blizzard et A moi pour toujours qui m'ont également beaucoup marquée.

Ed. Points, août 2007, 348 p.

Une parfaite chambre de malade, Yoko Ogawa

12 juillet 2009

Ce recueil est composé de deux nouvelles.

Dans la première – qui donne son titre au livre – une jeune femme, mariée et sans enfant, voit arriver dans l'hôpital où elle exerce son métier d'infirmière un homme qu'elle reconnaît, hélas : il s'agit de son jeune frère, attaqué par un cancer. Mis à l'abri dans une chambre épurée, blanche comme la neige et dépourvue d'objets personnels inutiles, le jeune homme reçoit la visite régulière et souvent silencieuse de sa soeur. Cette dernière apprécie tout particulièrement l'ambiance de cette chambre d'hôpital, tranchant radicalement avec l'appartement où vivait leur mère : à moitié folle, elle vivait parmi les détritus et les ordures en décomposition…

Certes, le sujet n'est pas gai. Cependant, le personnage de la jeune femme est intéressant. Elle est complètement obnibulée par la recherche de la propreté, de l'immaculé. Son mari n'est qu'une façade presque factice, et elle recherche plutôt le soutien d'un médecin de l'hôpital, qui la réconforte comme il peut. Elle essaie de retenir son frère à la vie grâce à des grains de raisin. Mais qu'adviendra-t-il d'elle lorsqu'il aura disparu ? Retournera-t-elle à son fade quotidien ? Chacun peut donner libre cours à son imagination.

La désagrégation du papillon, seconde nouvelle du recueil, est une métaphore qui désigne le recroquevillement du corps et l'anéantissement de l'esprit d'une vieille dame. Sa petite-fille, qui a toujours vécu avec elle, doit se résoudre à l'emmener dans une maison spécialisée, et cela l'amène à divaguer se poser beaucoup de questions.

Disons-le clairement : je n'ai pas du tout aimé ce second texte, non qu'il soit mal écrit, mais sa construction n'est pas aussi réussie que d'habitude et son intérêt n'est pas flagrant…

J'ai été globalement déçue par ce recueil car Yoko Ogawa m'a habituée à mieux… et c'est après coup que je me suis aperçue que ces nouvelles avaient presque vingt ans ! Elles sont donc antérieures aux autres récits que j'ai lu d'elle et qui m'ont davantage emballée : La petite pièce hexagonale ; Le réfectoire sous la pluie… et L'annulaire.

Ed. Actes Sud (Babel), sept. 2005, 153 p.

Jour de fête à l’hospice, John Updike

9 juillet 2009

Dans un hospice situé aux confins du New Jersey et de la Pennsylvanie, le calme de l'existence est rompu, comme chaque été, par une fête, qui est aussi l'occasion d'une traditionnelle vente de charité (et donc d'un contact avec le monde extérieur). Dès le matin les vieillards s'affairent à leurs préparatifs, malgré la menace d'un gros orage, qui finalement éclate. (extrait de la présentation de l'éditeur)

Quand on est (très) vieux et coincé entre les quatre murs d'un hospice de campagne, même s'il y a une cour ou un jardin, la routine et l'ennui sont des compagnons indésirables qui ne vous lâchent pas d'une semelle. Les pensionnaires sont donc sollicités pour participer à l'organisation d'une fête annuelle à laquelle sont conviés les "gens de l'extérieur". Chacun met la main à la pâte : les uns installent les tables dehors, les autres font des patchworks ou des gâteaux pour les vendre aux visiteurs.

C'est cette journée particulière qui nous est racontée à travers les yeux de quelques personnages au caractère bien trempé. Hook, le doyen de 94 ans, ancien instituteur, n'a pas la langue dans sa poche. Il "surveille" les effronteries du jeune Gregg (70 ans) et essaie de calmer les ardeurs malveillantes de celui-ci. De leur côté, Conner, le nouveau directeur de l'établissement, et son adjoint Buddy essaient tant bien que mal de mettre un peu d'ambiance et d'entrain à cette fête gâtée par le mauvais temps et de nombreux petits tracas (une perruche envolée, un livreur démolisseur, un orchestre incomplet, et surtout, des vieux râleurs qui n'en finissent plus de le critiquer malgré sa bonne volonté…).

Petite précision : on est dans les années cinquante ! Jour de fête à l'hospice est en effet le premier roman de John Updike (1932 – 2009), qui a connu ensuite le succès et les récompenses littéraires avec ses séries Bech et Rabbit (pas lues).

Un roman intéressant par sa mise en lumière d'un lieu et d'une époque, certes révolue mais j'ai comme un doute sur le fait que les choses soient totalement différentes dans les maisons de retraite aujourd'hui… Une bonne dose de psychologie et une plume acérée donnent un coup de jeune à ce récit !

Ed. Robert Laffont, 273 p., juin 2009 (1958 pour la première édition américaine)

Le coeur cousu, Carole Martinez

3 juillet 2009

Dans un village du sud de l'Espagne, une lignée de femmes se transmet depuis la nuit des temps une boîte mystérieuse… Frasquita y découvre des fils et des aiguilles et s'initie à la couture. Elle sublime les chiffons, coud les êtres ensemble, reprise les hommes effilochés. Mais ce talent lui donne vite une réputation de magicienne, ou de sorcière. Jouée et perdue par son mari lors d'un combat de coqs, elle est condamnée à l'errance à travers une Andalousie que les révoltes paysannes mettent à feu et à sang. Elle traîne avec elle sa caravane d'enfants, eux aussi pourvus – ou accablés – de dons surnaturels. Carole Martinez construit son roman en forme de conte: les scènes, cruelles ou cocasses, témoignent du bonheur d'imaginer. Le merveilleux ici n'est jamais forcé: il s'inscrit naturellement dans le cycle de la vie.  (présentation de l'éditeur)

Ce roman est sans conteste une réussite. Les avis sont unanimes et dithyrambiques. Et pourtant, je me suis arrêtée après en avoir lu très exactement la moitié. Pourquoi ? Difficile à dire. L'écriture est vibrante, l'histoire intéressante et originale, les pages hautes en couleurs. Seulement, j'ai eu du mal à me sentir à l'aise dans cet univers aride, dans ce village où les hommes sont rustres et les femmes cancanières (à une ou deux exeptions près). Par ailleurs, les fils de magie qui tissent ce roman m'ont dérangée : j'aime lorsque les règles du jeu sont bien définies (autrement dit, je préfère choisir de lire un Stephen King ou Harry Potter). Ici, il s'agit davantage de "dons" que de "pouvoirs" mais bon, je n'ai pas été convaincue par les codes empruntés aux contes et mêlés à une rude réalité. Je crois que ce qui m'a achevée, ce sont ces fichus combats de coqs : quelle horreur ! Comment des hommes peuvent-ils s'amuser à parier leurs biens et même leur femme sur ces combats bestiaux et cruels ?

Bref, j'ai laissé Frasquita et ses enfants prendre la route vers l'autre rive et je leur souhaite bon vent, peut-être en votre compagnie… si vous lisez d'autres avis comme ceux de : DdaLeiloona, clarabel, AliAnna, Amanda, Bellesahi, Emeraude (…)

J'espère vivement que Carole Martinez se lancera dans l'écriture d'un second roman dont le sujet m'intéressera davantage car sa plume a vraiment du caractère et son imagination a l'air d'être inépuisable !

Ed. Gallimard (Folio), fév. 2009, 442 p.

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