Firmin : Autobiographie d’un grignoteur de livres, Sam Savage
//php wikiovote(); ?>
Firmin – Autobiographie d'un grignoteur de livres raconte l'histoire d'un rongeur érudit qui a vu le jour clans les sous-sols d'une librairie de Scollay Square, vieux quartier en péril du Boston des années 1960. Plein d'appétit pour les mots, épris de nourritures spirituelles autant que terrestres, Firmin ne peut communiquer tous ses coups de cœur ni exprimer ses détresses, et voit avec révolte se déliter sa race comme son quartier, cernés par l'incompréhension des hommes et par les mécanismes du profit. Mais la rencontre avec un romancier marginal le sauve du pessimisme ambiant. (présentation de l'éditeur)
Comme je ne suis pas du tout à jour dans mes billets de lecture, je ne vais pas m'attarder trop longuement sur ce roman. En effet, je ne peux pas dire avoir été passionnée par le récit de Firmin. Rat malingre et malaimé des siens, il s'éprend des livres (amour facilité par son lieu de naissance : le sous-sol d'un bouquiniste) et successivement de deux humains : Norman, le libraire (et son hébergeur-qui-s'ignore), puis Jerry, un auteur de science-fiction sans le sou. Le quartier dans lequel se déroule l'histoire est programmé pour une réhabilitation qui condamne les vieux immeubles à être détruits et les magasins à fermer l'un après l'autre. Même le vieux cinéma où Firmin a ses habitudes rend les armes. Cela contribue à donner au récit un ton gris et pessimiste sur lequel les tentatives d'humour viennent péniblement échouer.
Malgré le nombre incalculable de livres qu'il a ingurgités, Firmin ne parvient pas à communiquer avec les hommes, ni d'ailleurs à leur faire comprendre qu'il est pourvu d'un don particulier. J'ai trouvé cela dommage : quel est donc l'intérêt du récit ? Nous faire comprendre que tel un rat de bibliothèque, le Lecteur est au final toujours seul face à une histoire ? Les forums de lecteurs et autres blogs littéraires ne démontrent-ils pas le contraire ?
Le style de l'auteur n'est pas déplaisant mais je regrette qu'il ne se passe pas grand-chose (je m'attendais à des aventures rocambolesques) : la narration s'essouffle au bout de quelques chapitres. Ce n'est pas un livre sans qualités mais elles ne m'ont pas frappées, je suis sans doute passé à côté. Que dire de plus ? L'idée de départ était séduisante, le résultat décevant.
Ed. Actes Sud, mai 2009, 201 p.

